Astropolis pour les novices

Pour ceux qui auraient loupé la 16e édition du festival Astropolis, un abécédaire d’infos et de conseils pour revenir en 2011, parfaitement équipé.

A comme Astropolis, mais aussi comme Attente.

Les billets d’entrée annonçaient l’ouverture des portes à 20 heures, mais ce n’est que deux heures plus tard que les festivaliers ont eu accès au site. Juste avant que quelques gaillards ne décident pour de bon de « défoncer les barrières »…

B comme 8.6 Bavaria.

Fameux breuvage de houblon, parfois aussi appelé « bière de poch’ » (non, non, pas parce que la canette tient dans votre Levis). Si l’alcool est interdit sur le site du festival (exception faite des bars), le nombre de liqueurs « maison » importées clandestinement de l’extérieur reste conséquent. Une plaie pour les bénévoles qui ont la lourde tâche de nettoyer le bois au lendemain de la fête, ou le plastique a remplacé les festivaliers sur la pelouse.

C comme Capuche.

Ou plutôt sweat à Capuche. Il s’affiche de toutes les couleurs, avec ou sans motif . Pour la forme, on préfèrera qu’il couvre un maximum de surface du corps, pour pouvoir rester au sec le plus possible. Les trous sont toutefois acceptés. Pour les petit malins qui lui auront préféré la veste de treillis, le sweat capuche reste dispo aux boutiques du festival en cas de pluie.

D comme Dormir.

Pas de camping officiel pour Astropolis, le principe de la soirée étant de tenir la cadence toute la nuit. La sieste n’est cependant pas prohibée, et chacun a son truc pour reprendre un max de forces. Néanmoins, la majorité des dormeurs étant « imbibés », la technique la plus courante reste de s’étaler au sol, parfois contre un mur ou une bâche qui sert aussi de pissotière… Certains préfèreront des figures acrobatiques : encastré sur le rebord d’une fenêtre, enroulé dans une bâche publicitaire ou protégé par une couverture de barquettes alimentaires…

E comme Éponge.

Il est aujourd’hui coutume pour un certain nombre de festivaliers de s’offrir un magnifique ballon Bob l’Eponge, et de le laisser s’envoler au milieu des nuages brestois vers les astres… Il faut bien justifier le nom du festival !

F comme Fluo.

Les tenues les plus extravagantes s'observent dans le bois

Des bracelets lumineux aux motifs des tee-shirts, en passant par les chaussures, le fluo est indissociable de l’électro.

G comme Grosse ambiance.

Rares sont les festoches où les gens saoûls, les dragueurs bref les « relous » ne montrent pas le bout de leur nez. Certes, il y avait des bourrés et certainement des beaux parleurs à Keroual, mais aucun d’entre eux n’est venu embêter vos reporters pendant les concerts, pas même quand Sylvain partait faire des photos et que je me retrouvais seule et blonde au milieu de la foule… Jusqu’à 4 heures 30, seule une garde à vue était d’ailleurs à déplorer (info Le Télégramme).

H comme « Hippy freak ».

Difficile de définir l’expression fil rouge de cette seizième édition d’Astropolis. Selon des sources plus ou moins fiables (W…), dans les années 60, le mouvement « freak » se veut opposé à la fois à la morale conservatrice de l’après-guerre mais aussi à la contre-culture hippie, refusant l’opposition bête et méchante « droite contre gauche ». Les non initiés retiendront en tout cas qu’habituellement « hippy », rime avec cheveux longs, pattes d’ef’ et surtout pétard maison. Pour le « freak », gardons en tête que le freak, c’est chic.

I comme Insolite.

Le bois de Keroual, pour la plupart des quidams Brestois, c’est la balade en famille, l’étape obligée pour communier avec la nature et communiquer avec les “darons” le dimanche après-midi. Pour Astropolis, le site devient une forêt enchantée, illuminée de lampions, peuplée de manèges lumineux et de sons qui font vibrer les entrailles. Tout juste si on reconnaît, en retournant à la vie réelle après une nuit de fête, la crêperie Blé Noir au milieu des arbres…

J comme Jarre.

Entendu à un arrêt de bus du centre-ville dans la bouche d’une septuagénaire bavarde : « La musique électronique, c’est comme Jean-Michel Jarre ? J’aime beaucoup Jean-Michel Jarre, ça devait être un beau spectacle. »

K comme Kebab.

Oignons et restes de moutons : un cocktail détonnant pour l’haleine mais que l’on ne se refuse pas après plus de 10 heures de fête intensive… Gaffe tout de même à ne pas se le faire chaparder par un camarade raveur arrivé après épuisement des stocks !

L comme « liche » (autrement dit : « alcool »).

Nous n’irons pas jusqu’à dire que la boisson alcoolisée (à consommer modérément), est l’un des accessoires « indispensables » du festival. Cependant, rares sont ceux qui, samedi soir, n’y avaient pas trempé leur lèvres.

M comme Mekanik.

Le chapiteau qui accueille pour la nuit des groupes “hardcore”, c’est à dire de la musique répétitive, rapide, que l’on pourrait qualifier d’“épileptique”. Sous le chapiteau Hip To Drum, on peut savourer de l’électro qui emprunte des sons au hip-hop, au jazz… Basses et percus ressortent, ainsi que le scratch (accélérer ou ralentir un vinyle à la main). A l’Astrofloor, on privilégie la musique plus dansante, plus proche de celle des clubbers que des raveurs. Enfin, la Cour du manoir de Keroual offre aux raveurs de la techno planante, une invitation au voyage intérieur…

N comme Navette.

Pour venir en toute quiétude jusqu’au bois de Keroual, place forte de la soirée de clôture d’Astropolis, le service de bus de Brest proposait des navettes du début de soirée au petit matin. A l’aller, la motivation se fait sentir. Quelques « Ici c’est Brest ! » percent entre des « popolopopopo » virils. Au retour, les mines sont fatiguées, les cheveux humides et certains arrivent même à s’endormir sur le plancher du bus. Quelques irréductibles ont encore la force de finir leurs dernières bières, parce qu’après tout, « si t’es imbibé, y’a Bibus ! »

O comme Ovni.

Le stand de tartiflette ne désemplissait, à 7h mat bien frappées

Comme le métal ou le rap, l’électro fait encore office d’ovni musical pour encore une bonne partie des humains. Lorsque le profane arrive à Astropolis sans en connaître les ficelles, il se sent vraiment hors du temps, sur une planète bien étrange… Un plan du site à la main, il déambule entre les chapiteaux en tentant de reconnaître l’artiste sur la scène. Fort heureusement, on peut toujours compter sur des habitués pour conseiller aux novices les sets « à ne pas rater » !

P comme Pluie.

Les éléments ont épargné les raveurs de l’ouverture des portes jusqu’au bout de la nuit. Au petit matin, la bruine a fait son entrée sur le site, comme un rideau de fin qui tombe sur les clairières du bois de Keroual. Une manière de déloger les festivaliers de l’endroit, et de le rendre à Mère Nature pour une année entière…

Q comme Quiès.

Deux morceaux de mousse qu’on a beau triturer, entortiller, rouler, enfoncer, lécher (!) etc, ils nous paraissent toujours bancals, près à se barrer dès le premier bâillement… Ce n’est qu’en les retirant qu’on se rend compte du bien qu’ils font !

R comme Rave.

La première édition d’Astropolis, en 1995, n’était en fait qu’une rave party totalement clandestine. Après sa légalisation, l’événement a plusieurs fois migré (Lorient, Concarneau). Depuis 2003, le festival est ancré dans l’agglomération brestoise, de Keroual à la Carène, de la place Guérin au port de commerce.

S comme « sun glasses »,

parce que l’anglais ça fait plus chic. Superflues pour les novices (le festival Astropolis se déroulant principalement la nuit), elles sont pourtant vos meilleures alliées face aux flashs de lumière. Bien sûr, elles restent l’accessoire indispensable pour être « hippy freak » jusqu’au bout des cils.

T comme teushi.

Qui dit musiques électroniques dit rave, et qui dit rave dit drogues. Ce raisonnement syllogistique est bien connu. Une nuit entière au bois de Keroual permet de l’infirmer. Bien sûr, au détour des chapiteaux ont sent bien la consommation de shit, beuh, et autres dérivés de la feuille de cannabis. Seulement, on ne peut pas en dire autant des drogues dites « dures », amphet’, ecxtazy, speed etc. On a quand même pu observer l’effet d’un rail de coke sur un festivalier : plutôt immédiat !

U comme Uriner n’importe où.

Un espace « pipi debout » était réservé à la gent masculine. Un bon nombre de ces messieurs lui auront cependant préféré une bâche ou un mur excentré de la fête… Les filles, elles, devaient se résoudre à attendre dans la file des teuffeuses pressées par leur vessie. Pour les impatientes, reste l’espace « pipi debout », si vous êtes accompagnées par un copain bienveillant (ou pas) qui accepte de vous cacher au regard des curieux.

V comme Verres consignables.

Astropolis n’échappe pas à la règle des verres réutilisables, pour éviter le trop plein de plastique sur le site. Il convient donc de verser 1 € de caution pour son verre griffé au nom du festival, et de le rendre après utilisation. Gare aux rusés qui collectionnent les verres égarés pour se faire un petit pécule appréciable en fin de festival…

W comme WC.

Tout comme les verres, les toilettes aussi sont écolos. Pas de chasse d’eau, seule une poignée de sciures de bois suffit après votre besoin assouvi ! Fini les toilettes qui débordent !

X, Y ou Z comme XYZ.

Lettres de fin d’alphabet qui m’embêtent…

Célia Caradec

Présidente de So Ouest 2010-2011

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