Rétro 2010 : vendredi 6 août
Par les rails, les routes, les mers et les airs, ce sont 60.000 festivaliers qui ont débarqué le deuxième week-end d’août sur la presqu’île de Crozon. Une migration qui porte un nom, celui de festival du Bout du Monde.
Du vendredi 6 au dimanche 8 août 2010, j’ai vécu au cœur du 11e festival du Bout du Monde. Dans la série d’articles que j’y consacre sur So Ouest, vous trouverez le récit chronologique d’un week-end à la pointe de la musique… et de la Bretagne.
Atteindre le Bout du Monde ça se mérite. Le festival se situe sur la presqu’île de Crozon, cette pointe en forme de croix baignée au nord par la rade de Brest, à l’ouest par la mer d’Iroise et au sud par la baie de Douarnenez.
Seules une voie maritime et deux routes départementales permettent de s’y aventurer. Ce qui ne refroidit visiblement pas les 60.000 fanas de musique qui s’y ruent depuis 10 ans, multipliant chaque jour par trois la population crozonaise.
Après des heures de train, de car et une demi-heure de bateau pour bon nombre d’entre nous, une navette nous dépose enfin devant la prairie de Landaouedec. Deux jeunes Costarmoricains rencontrés à Brest avant de prendre les flots me racontent être partis à l’aube de chez eux pour atteindre le camping à temps. Car le débarquement effectué, une autre course commence : celle au meilleur emplacement.

Première mission des festivaliers, obtenir des tickets-boisson.
Huit terrains sont alloués aux campeurs, du plus proche au plus excentré des commodités. La plus savante équation consiste à se trouver proche des toilettes, des douches et de l’entrée du festival à la fois. Mais ce n’est pas tout, et les habitués le savent, d’autres facteurs rentrent en ligne de compte. J’y reviendrai plus tard.
Le camping n’étant point notre dessein, une dernière migration s’opère vers l’espace scénique. La fouille corporelle passée, nous sommes prêts à profiter des lieux.
A cet instant, le site – qui notons-le se trouve en plein Parc naturel d’Armorique – offre son plus beau visage aux festivaliers. Vert et immaculé, ses heures sont comptées.
A peine sortis d’une des files d’attente permettant d’accéder au festival, de nombreux festivaliers forment de nouvelles queues aux quatre coins de la prairie. L’objectif est maintenant d’obtenir des tickets de consommation pour les bars, soit en échangeant les tickets de l’an passé contre de nouveaux, soit en déboursant un euro par bout de papier.
Le gobelet de bière est ici côté à deux tickets, sans compter celui dévolu pour la consigne. Le gobelet consigné est d’ailleurs né à Crozon en 2007, afin de lutter contre la pollution engendrée par les gobelets jetables.
Avant de prendre d’assaut les scènes pour de bon, les plus prévoyants se munissent d’un plan, d’un programme et de bouchons d’oreilles. Ça pourra toujours servir.
A 17 heures, les premières notes sont jouées par Warsaw Village Band. Si la scène Kermarrec est encore vide à ce moment, son tour ne tardera pas à venir grâce aux amis du Belgistan. La onzième édition du festival débute en fanfare !
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