Que la fête commence !

Du Bronx au Belgistan, des villages de Pologne à l’Argentine du Tango, vivre une journée au Bout du Monde, c’est faire le tour du monde en musique.

Parler du ciel en Bretagne demeure un sujet glissant. Au micro de France Inter, sous une tente placée le long de l’artère centrale du festival, Charlotte Lipinska- est à deux doigts de commettre une « Michel Drucker » en commentant la « pluie sèche » qui tombe sans mouiller les festivaliers. Heureusement, ses invités lui évitent de transformer le Bout du monde en terre hostile. Autour d’elle se succèdent le trompettiste Ibrahim Maalouf, Philippe Cohen Solal de Gotan Project ainsi qu’Hasna El Becharia.

Hasna du désert

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Hasna El Bacharia était en direct sur France Inter.

Le programme de l’émission Voulez-vous sortir avec moi ? est une synthèse de cette première journée de festival. Ceux qui occupent les trois scènes de Landaoudec sont des musiciens du monde, de fortes personnalités, des artistes reconnus dans leur domaine. A lui seul, le franco-libanais trompettisto-pianiste de renom Ibrahim Maalouf sait jongler à merveille entre les répertoires. Pour cette raison et les liens tissés en 2008 avec le public breton, les organisateurs lui ont offert une carte blanche. Un pass lui permettant de sauter de scène en scène pendant tout le week-end.

Chez elle, le « diwan » n’est pas une « skol » mais une cérémonie religieuse. La musicienne algérienne Hasna El Becharia ne pourra pourtant plus nier connaître la Bretagne. Avant de rejoindre la scène Kermarrec, elle s’est fendue d’un live sur France Inter. Guitare électrique ou guembri à la main, Hasna est une femme d’exception. Seule, envers et contre tous, à jouer de la musique gnawi, là où l’islam la réserve aux hommes du désert, elle impressionne par un talent et une détermination qui la guident depuis bientôt 40 ans.

El Bicho ou la fièvre espagnole

Tandis qu’Hasna joue, les festivaliers quittent timidement le camping pour écouter les artistes. Les Espagnols d’El Bicho voient ainsi la prairie se remplir au cours de leur set. Le public ne s’est pas trompé d’adresse, car si Gotan Project modernise le tango, El Bicho ravive le flamenco avec une teinte urbaine un peu destroy. Formé à Madrid, le jeune groupe est réputé pour sa présence scénique, en particulier celle de Miguel Campillo. Virevoltant, rapidement torse nu, le chanteur se fait remarquer en enchaînant les saltos arrière. Pour le plus grand plaisir de ses nouvelles admiratrices. Avec un tel show, la fête commence vraiment.

Coup de frein des tambours

Dans ce grand melting-pot, la tête d’affiche de la journée est française et malgré quelques sarcasmes, elle attire les foules. Mais lorsqu’Olivia Ruiz se présente devant son public, un autre rendez-vous m’attend. Avec en lointain fond la femme chocolat, je célèbre amer l’oraison funèbre de ma tente, tombée au champ d’honneur. Avec en prime, un méchant crachin, ma journée s’achève piteusement. Pas même les Tambours du Bronx ne réussissent à me transporter de l’autre côté de l’Atlantique. Curieux d’entendre la troupe taper sur ses bidons peints, j’attendais leur concert avec envie. Sans m’avoir déçu, ils ne m’auront pas non plus marqué. Manquait-il les frères Morvan ?

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Sylvain Ernault
Auteur et administrateur de So Ouest devenu Report Ouest de la création du magazine en ligne en 2010 à mon départ de l'IUT de Lannion en 2012. Des bureaux de vote aux tribunes du Roudourou, du studio de TTU à la prairie de Kerampuilh. Actuellement journaliste et cofondateur du webzine « La Déviation ».
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