Viens faire du bruit à Landerneau !

En 2009, la première édition de Fête du Bruit dans Landerneau (29) avait rassemblé six artistes, pour une soirée placée sous le signe de la chanson française. Cette année, le petit festival devient un événement en Finistère, pour deux jours de concerts, avec des artistes de renommée internationale. Retour sur la première journée de festival, samedi 14 août.

14 heures 30 : les premières notes de la seconde édition de Fête du Bruit retentissent au stade de la Petite Palud, à Landerneau. A l’heure de la sieste pour certains ou de la bière pour d’autres, chacun profite d’un coin de pelouse pour écouter le groupe qui ouvre le festival. Devant un parterre de spectateurs, Batignolles fait sonner son ’’rock musette’’. Les aficionados reconnaîtront, au chant, Olivier Leite, l’une des voix de La Rue Ketanou, qui se produira plus tard dans la soirée. Les textes, parfois inspirés d’Aristide Bruant ou de Bernard Dimey, n’arriveront pas à réveiller les festivaliers.

Après Olivier Leite, c’est au tour de Florent Vintrigner, accordéoniste de la Rue Ketanou, de s’offrir un tour de chauffe avant le concert du soir. Contrebasse, cajon (percussion), guitare manouche et bien sûr accordéon accompagnent les histoires racontées par Vintrigner. Le public assiste aussi à son joli jeu de jambes, qui laisse un peu pantois !

Du rhum…

Soldat Louis en concert

Les festivités débutent pour de bon en fin d’après-midi. La Petite Palud est debout, les drapeaux celtes flottent dans le ciel, on a même aperçu des rigolos en kilt… Soldat Louis occupe la scène de la Fête du Bruit ! Vingt ans de rock celtique dans les jambes, Renaud Detressan et sa bande mettent le feu à Landerneau avec leurs chansons les plus populaires (Encore un rhum, Le sonneur de Quimperlé, C’est quand que les c…). Toutes ces mélodies que l’on connaît sans jamais l’avoir soupçonné. Car Soldat Louis, c’est avant tout dans les oreilles du plus grand nombre la chanson à boire Du rhum, des femmes ! A mi-parcours, les marins mettent le public dans leur poche avec ce « tube » de 1989… Avant de finir en beauté avec C’est un pays, chanson indépendantiste par excellence.

… des femmes !

Chanter après Soldat Louis n’est pas une tâche facile pour la jeune Zaz, parfois épinglée pour son côté « commercial » par les festivaliers. La demoiselle, dont la voix n’est pas sans rappeler celle d’Edith Piaf, se pointe sur scène, racontant sa joie de vivre dans ses chansons et sa vie entre deux morceaux. On relèvera tout de même son erreur de chanter une chanson sur la pluie en Bretagne, non loin de la péninsule brestoise… Un signe de mauvais augure pour le reste de la soirée. Zaz nous a aussi rappelé ses origines bretonnes. « Ma grand-mère me faisait des crêpes de blé-noir quand j’étais petite ». Et tu mettais une coiffe de bigoudène pour aller à l’école aussi ?

Rock’n K-way

Après Steel Pulse, groupe de reggae mythique des 70’s dont les dreadlocks du chanteur en ont surpris plus d’un, il est temps d’être impressionné par Status Quo. Alors que la nuit est tombée sur Landerneau, une invitée de dernière minute s’invite, elle aussi impatiente d’applaudir le groupe culte : la pluie. C’est donc face à une foule de coupe-vent que les rockeurs sexagénaires entament leur concert. Entre les gouttes, on s’efforce de swinguer sur le boogie-rock de Status Quo. In the army now, LA chanson du groupe, achève de réunir les jeunes (« Ah c’est eux qui chantent ça ? ») et les moins jeunes, inconditionnels ou simplement curieux.

« Les cigales de Bretagne »

Les fans de Status Quo et les familles s’en sont allés : place maintenant à La Rue Kétanou au grand complet, qui a le luxe de jouer devant des festivaliers souvent venus pour eux. « Vous avez décidé d’arrêter la pluie pour nous, c’est sympa ! », lance Florent Vintrigner, un peu narquois. Peu importe, c’est le moment de danser, guidés par le son de son accordéon. Les ’’classiques’’ défilent (Les maisons, Les hommes que j’aime, Ma faute à toi), on chante, on saute. Des morceaux du dernier album se glissent dans le set. La chanson Mohamed est l’occasion pour la Rue Kétanou de rappeler sa sympathie aux sans-papiers et, actualité oblige, aux gens du voyage. « La Bretagne, terre d’accueil ! », soutient le groupe. Pour finir en beauté, la foule chante d’une seule voix Les cigales, chanson finale qui permet d’ailleurs au groupe de saluer Vivre La Rue, l’association à l’origine de la promotion des arts de rue, à Brest, rue Saint-Malo.

Pour finir la soirée ou débuter la nuit pour certains, Danakil achève ce premier jour de festival. Du « pur reggae » selon les amateurs, où l’on retrouve les recettes habituelles du genre : guitares, basses, cuivres et synthé, dreadlocks et textes revendicateurs. Ça sent la ’’weed’’ et la sueur dans le public, les derniers survivants de la Fête du Bruit dansent et chantent. A noter que pour introduire sa chanson Marley, le groupe s’offre une reprise de Natural Mystic, du maître Bob. Avant de s’en aller, Danakil interprète aussi Non, je ne regrette rien, de la môme Piaf. Ça tombe bien, nous non plus on ne regrette pas d’être venus !

Célia Caradec

Présidente de So Ouest 2010-2011

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