On remet le son !

Après une nuit de sommeil plus ou moins longue et confortable (tente 2 seconds, quand tu nous tiens !), 13 000 festivaliers sont de nouveau réunis à la Petite Palud pour le second jour de fête. Les plus attendus de cette journée sont, sans aucun doute, Placebo, les rockeurs anglais.

BB Brunes, « I love you »

« Le bassiste, épouse-moi ». Cette injonction inscrite sur une ardoise dépasse de la foule, dimanche après-midi. Pas de doute, les BB Brunes occupent actuellement la scène de la Fête du Bruit. Chapeaux de paille pour les uns, marcel et lunettes de soleil pour un autre : il faut avouer que les quatre gaillards sont assez agréables à regarder. Mais si, parmi les Naast et autres Plasticines de la ’’nouvelle scène rock française’’ qui a émergé en 2007, les BB Brunes sont toujours là aujourd’hui, c’est bien pour leur musique. Leurs guitares Jaguar sonnent et Adrien, chanteur, se plaît à jouer avec les mots dans ses textes. De quoi faire se trémousser les spectateurs de Landerneau, dont la majorité n’était pourtant pas convaincue au départ. On regrettera quand même que ces messieurs n’aient pas ajouté de chansons de leur premier album à la set-list, mis à part le tube Le Gang, qui les a révélé.

MorcheebaEn début de soirée, c’est le groupe de ’’trip-hop’’ Morcheeba que l’on peut applaudir. Si des sonorités hip-hop émergent des morceaux (notamment par le ’’scratch’’ du DJ), la musique de Morcheeba s’approche finalement de la soul. Les sons ’’wah-wah’’ de la guitare viennent confirmer cette impression. Avec Morcheeba, on plâne, guidés par la voix grave de Skye Edwards, chanteuse charismatique. Le public l’accompagne d’ailleurs lorsque le groupe entame Otherwise, chanson de renommée internationale.

Le ’’tailleur de cire’’ détone

Après avoir avalé un « sandwich raclette », étrange spécialité culinaire des festivals de l’été, il est temps de découvrir la prestation la plus enthousiasmante de ce deuxième jour : celle de Wax Tailor. Le ’’DJ’’ français, venu présenter son troisième album, In the Mood for Life, mixe des sons hip-hop et sample des voix (extraits de films : Vol au-dessus d’un nid de coucous, Dr Folamour). A cette musique s’ajoutent la douceur d’un violoncelle et la légèreté de la flûte traversière de Charlotte Savary. Au chant, on retrouve deux chanteuses plutôt soul (Dionne Charles et Sara Genn) et trois rappeurs (Mattic et deux membres d’ASM). Le tout est un petit bijou de hip-hop allié à des instruments plus classiques, un vrai bonheur. A noter : non content de jouer en Bretagne, Wax Tailor s’est écrié « Kenavo » en arrivant sur scène ! Pourtant, il n’était pas si pressé de nous dire « au-revoir » : le ’’tailleur de cire’’ a pris le temps de rencontrer les festivaliers au stand merchandising après le concert.

Place à Placebo…

Placebo à Spa

Placebo à Spa en décembre 2009

Si la Fête du Bruit a tant fait parler d’elle cet été, c’est en partie pour sa tête d’affiche : le groupe de rock alternatif Placebo. Bien avant le début du concert, les fans et les curieux étaient déjà amassés devant la scène. 22 heures tapantes : l’androgyne Brian Molko et ses collègues font leur apparition. On en prend plein les oreilles, mais aussi plein les yeux. Même si la foule empêche souvent de voir les artistes, les installations de lumières prennent, elles, une bonne partie de la scène. Les chansons s’enchaînent, les fans chantent… Cependant, toujours pas de contact avec le public de la part du groupe. Au bout du cinquième morceau, le francophone Brian Molko nous décroche tout de même un « Bonsoir, nous sommes Placebo ». Merci pour l’info… Au final, le show des britanniques, trop lisse, n’aura pas transcendé grand monde si ce n’est les fans. On aura bien sûr pu s’époumoner sur The song to say goodbye (« Ce n’est pas une chanson pour dire au-revoir mais bonjour », merci Brian), ou encore The Bitter End, mais pas de trace du morceau Protège-moi ni de Special K, autres tubes du groupe. Dommage…

Organisation : un pas en avant, deux pas en arrière ?

Une programmation exceptionnelle, un festival à taille humaine et donc familial, l’installation de toilettes sèches et d’un camping… Les compliments à apporter au jeune festival Fête du Bruit sont nombreux. Néanmoins, cette année encore, quelques couacs sont à relever dans l’organisation.

Restauration. Seuls deux grands stands étaient installés, dont l’un fonctionnait grâce à des tickets : un peu d’incompréhensions donc de la part de certaines personnes qui ont fait la queue au mauvais endroit pour manger…

Sanitaires. Toilettes classiques et toilettes sèches placés face à face : les files d’attentes se rejoignaient au centre du terrain de foot… Des files un peu trop longues (entendu : « 40 minutes d’attente pour les toilettes, t’as pas intérêt à être pressée ! ») !

Consommation. 3 € le verre d’alcool, 4 € lorsque l’on a pas encore de verre consignable. On aurait préféré que toutes les boissons soient à 2 €, comme dans la plupart des festivals.

Sortie définitive. Les festivaliers qui ont choisi de n’assister qu’à un seul jour de spectacles étaient cloués à l’intérieur du stade pendant toute la soirée, sous peine de ne pas pouvoir retourner sur le site. « Sécurité oblige » dirons les organisateurs, mais il est vrai que lorsque l’on a oublié son coupe-vent sur le parking, il peut être intéressant d’aller le chercher en cas de grosse bruine…

Ecologie. Si, contrairement à l’an passé, les verres sont désormais consignables et donc réutilisables, on regrettera que le stand de kebab et de tartiflettes les distribue dans des énormes barquettes en polystyrène…

Bénévoles. Plus de tickets boissons ni de tee-shirt pour les bénévoles, des postes qui changent au dernier moment, certains bénévoles qui n’arrivent jamais… L’organisation est aussi à revoir de ce côté là !

Célia Caradec

Célia Caradec

Présidente de So Ouest 2010-2011

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