La frénésie de New Dehli

Quittant ma vie nantaise, je suis partie explorer l’Inde le temps d’un été. Durant deux mois, j’ai traversé de part en part ce pays aux multiples saveurs. Je vous livre ici une de mes premières impressions.

Le cliché de l’Inde Bollywood s’est évaporé dès les premières heures a New-Delhi. Ni faste, ni majestueuse, cette capitale délabrée incarne la réalité sociale indienne. Connaissant une croissance fulgurante qui rend jalouse toute l’Europe, ce pays et plus particulièrement sa capitale se développent à un rythme effréné. Cependant les Indiens restent attachés aux traditions comme au sein de leur mère, ils conservent leur spiritualité (à 80% hindouistes), leur système de castes et certaines pratiques ancestrales comme le mariage arrangé ou la dot. Vous l’aurez compris les traditions persistent, néanmoins le paysage se transforme.

Trop abruptement d’ailleurs pour une grande partie des Indiens. Entre les constructions de voiries et le nettoyage de Delhi pour les jeux du Commonwealth (qui se déroulent en ce moment), les travaux vont bon train. L’Inde sait utiliser toutes les petites mains existantes pour changer la ville mais ne leur fait pas pour autant profiter de sa réussite économique. La pauvreté est omniprésente, encore 240 millions d’Indiens vivent sous le seuil de pauvreté (avec moins de 7 dollars par jour). A quoi il faut ajouter une lamentable gestion des détritus. On ne compte plus les décharges à ciels ouverts alors que le nombre de poubelles croisées depuis mon arrivée ne dépasse pas la dizaine.

La personne à pigeonner

Une fois tout cela expliqué, vous comprendrez que la blanche naïve (moi) ne s’est pas facilement retrouvée dans ce foutoir. Très rapidement, on comprend que les regards insistants du premier jour n’étaient pas dus qu’aux jambes découvertes mais avait également un rapport avec ma couleur… On s’habitue donc à ces regards, à ces demandes de photos multiples.

On est l’étranger, le touriste occidental donc la personne à pigeonner. Et pour ça ils ne se gênent pas jusqu’au moment où, par un pur hasard, nous entrons dans un temple sikh de Delhi.Après avoir visité ce lieu de culte assez énigmatique, les gens priaient devant une chambre sous verre, ornée de dorures où une vague forme humaine avait été formée sous la couette du lit. Nous nous sommes fait inviter à manger dans un réfectoire jouxtant le temple. Curieux, nous entrons et mangeons assis sur un tapis occupant toute la longueur de la pièce. Plusieurs autres bouts de tissus étaient disposés parallèlement au notre dans toute la salle. Bien que nous étions les seuls touristes, personne ne nous jugeait ou trouvait notre présence déplacée. Ce repas gracieusement offert est en fait une tradition sikhe qui permet à tout à chacun de se rassasier. Pour une fois que nous n’étions pas vu comme différents, le plaisir fut entier.

Mathilde Villain

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