Jean-Claude Delalande s’invite à l’Imagerie

L’exposition « Bienvenue à la maison » du photographe parisien a pris ses quartiers d’hiver à Lannion jusqu’au 29 décembre prochain. L’opportunité pour l’assureur de profession de faire découvrir son quotidien savamment mis en scène. 

Affublé d’un long caban gris et esquissant un discret sourire, Jean-Claude Delalande passerait presque inaperçu au milieu de l’assemblée de curieux venus découvrir en avant-première l’exposition « Bienvenue à la maison » dans la salle 2 de l’Imagerie. L’occasion de faire connaissance avec l’artiste qui a bien failli ne pas être présent à l’inauguration. « Il m’a fallu 8 heures pour venir de Paris. Deux trains sont tombés en panne. J’ai dû prendre un bus pour arriver ici. Tout un périple ! ». Mais le photographe n’est pas étranger à ce genre d’aventures. Déjà en 2009, il avait loupé le vernissage de son exposition au Centre Culturel Français de Novi Sad en Serbie, en raison de conditions météorologiques exécrables. « C’est plutôt dommage quand tu devais l’inaugurer », plaisante-t-il tout en remerciant une sexagénaire qui le félicite pour l’ensemble de son œuvre. 

« L’homme qui ne sourit jamais »

Malgré cette apparente décontraction, l’homme se révèle un tantinet intimidé par tous ces regards portés sur lui. Un véritable contraste avec l’austérité de ce visage impassible à la Buster Keaton qu’il affiche sur chacun de ses clichés. Ne jamais sourire, telle est sa marque de fabrique. Un choix de mise en scène qui ne laisse pas indifférent les spectateurs. Partagé entre gêne et rire, le malaise envahit celui qui s’aventure à observer ses photographies. « Je m’inspire beaucoup du cinéma. Comme Hitchcock, j’aime supposer la violence sans la montrer. Cela me permet de créer ce suspense caractéristique des films noirs. Je fais pas mal de référence aux films fantastiques aussi. La Quatrième Dimension par exemple. Un élément incongru dans une situation familière et toute une atmosphère dérangeante émane de la photographie », explique Jean-Claude Delalande entre deux toasts au foie gras. 

Tel père, tel fils

Pour les besoins d’une prise de vue, l’artiste interrompt cet instant gourmand et va poser devant le premier cliché de la série exposée, Les Chaussons Tigre. Il se souvient : « Je l’ai prise un peu par hasard. Je posais aux côtés de ma femme avec ces fameux chaussons mais je ne me doutais pas que ce serait le début d’une longue série ». Depuis, l’artiste s’est créé un impressionnant album de famille, comme un « cadeau pour [ses] proches. » Tantôt à la plage, tantôt dans son salon, l’homme est toujours accompagné de ces derniers. Son fils Valentin dont la première photo fut prise à l’âge d’une semaine, joue également le jeu. Imitant fièrement son père, le garçonnet est déjà prêt pour prendre la relève. Une espérance que l’assureur photographe ne cache pas. « Et si mon fils continuait ? » déclare-t-il, l’œil pétillant suite à cette simple pensée. 

Bienvenue ?

Les marches menant à la salle 1 à peine descendues, Jean-Claude Delalande est interpelé par Simon, un trentenaire passionné de l’image qui s’interroge sur le titre de l’exposition. Pourquoi l’avoir nommée « Bienvenue à la maison » alors que le personnage mis en scène est visiblement agacé par la présence du spectateur ? Le photographe parisien ne tarde pas à lui apporter quelques éclaircissements : « Ce titre, c’est un peu comme le tapis posé devant une maison. Il y a écrit Bienvenue mais pourtant l’invité n’est pas toujours accueilli avec plaisir. » Voudrait-il dire par là que les spectateurs ne sont pas les bienvenus ? « Absolument pas. Bien au contraire. Tout le monde est invité à franchir le seuil de l’Imagerie. Mais attention aux surprises ! » 

Pratique : « Bienvenue à la maison », exposition visible jusqu’au 29 décembre 2010 à l’Imagerie de Lannion.

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