François Bouriot (PRG), l’interview

Candidat dans le canton de Perros-Guirec, François Bouriot n’a pas sa langue dans sa poche. Le leader des radicaux dans les Côtes d’Armor espère le prouver lors d’un débat avec les autres candidats au cours de la campagne des élections cantonales. En attendant, il répond sans détour à nos questions, Armelle Queniat à ses côtés.

– Votre suppléante est Armelle Queniat, éjectée par ses anciens soutiens de la mairie de Pleumeur-Bodou lors de municipales anticipées en 2010. Comment l’avez-vous rencontré ?

F.B. Nous nous connaissons depuis que nous nous côtoyons à l’agglomération, c’est à dire en 2008. Je suis en charge du tourisme et des zones artisanales, elle du développement du pôle Phœnix. Nos dossiers étant connexes, nous avons pu échanger et sympathiser. On partage la politique réaliste de gauche. J’ai décidé de lui proposer d’être ma suppléante l’an dernier. C’est une alliance politique autant qu’amicale.

Pour revenir à l’épisode de son éviction, je ne veux pas comparer Armelle à Winston Churchill, mais elle a connu une situation semblable. Elle a su remonter les comptes d’une municipalité en faillite, comme lui avait réussi à maintenir l’union dans son pays pendant la guerre. Finalement elle est trahie et remplacée, comme lui en 1945. C’est injuste.

– Armelle Queniat, qu’est-ce qui vous donne toujours le goût de la bataille politique après votre défaite de l’an dernier ?

A.Q. Je continue à faire de la politique en étant conseillère à Pleumeur-Bodou et je n’ai pas l’intention de mettre un terme à mon engagement. Cette défaite a été difficile à accepter au début, mais je suis bien soutenue par mes enfants. J’ai rebondi.

F.B. Pour répondre à votre question, je dirais que l’échec est formateur. Dans la défaite, il ne reste que les fidèles. Quand vous gagnez, tout le monde vous félicite. Vous faites 60% des voix, mais 95% des gens disent avoir voté pour vous. Quand vous perdez, les mêmes viennent vous donner des leçons. Mais c’était avant qu’il fallait venir !

– Erven Léon (divers droite) a comme a colistière Odile Brient, qui est la première adjointe au maire de Pleumeur-Bodou. Est-ce une bataille de conseillères ?

F.B. Non, au moment où nous avons décidé de nous présenter ensemble, nous ne connaissions pas la composition des autres duos. Il ne faut pas non plus simplifier ça comme étant une bataille entre Pleumeur et Perros, ça n’a pas lieu d’être. Dans le cas d’Erven Léon, ce serait plutôt Perros contre le reste du canton.

Quant à la personne d’Erven Léon, il représente la droite dure. Je me pose d’ailleurs des questions à propos de la présence d’une liste du Front national lors de cette élection*. Il ce pourrait bien que le FN ne propose aucun candidat, ce qui jouerait en faveur d’Erven Léon. Je demande des clarifications.

– L’environnement semble absent de votre programme. Pourquoi ?

F.B. Parce que c’est naturel ! C’est évident ! Ça ne fait pas l’objet d’un programme car nous n’allons pas dire aux gens comment éteindre la lumière. Pourtant, nous abordons quand même le développement durable quand nous parlons de respect des personnes âgées. L’humain est au centre du développement durable. De plus, les radicaux n’ont pas attendu les écolos pour mettre en place une politique écologique. Le maire PRG de La Rochelle est le premier à avoir mis en service des Vélib’. Et quand je vois des élus sortir leur vélo du 4×4 sur le parking de LTA, je trouve que c’est une aberration.

A.Q. Les écolos se sont plantés. Ce sont des gens qui éprouvent le besoin de revenir vers des pratiques qui nous paraissent naturelles. Ça m’énerve.

– Quel regard avez-vous sur la candidature de Sylvie Bourbigot ?

F.B. J’estime que c’est un parachutage. Hormis sa place de conseillère dans l’opposition à Perros, je ne sais pas ce qu’elle fait. La candidature de l’expérience, du terrain et de la légitimité, c’est celle d’Armelle et moi. En fait, le PS a décidé de la soutenir pour ne pas présenter Pierrick Perrin (conseiller général PS sortant). Même si je l’aime bien, avec son très mauvais bilan économique à Pleumeur-Bodou, il aurait pris une raclée dès le premier tour. Normalement j’aurais dû avoir le soutien du PS.

– La gauche partira donc dispersée au premier tour. Que ferez-vous au deuxième ?

F.B. Déjà, j’espère qu’il y aura un deuxième tour. La droite peut engranger beaucoup de votes dès le premier tour dans les communes conservatrices de Perros-Guirec et Trégastel. Dans tous les cas, le canton peut basculer. J’ai peur de l’abstention de la jeunesse.

Ensuite, dans le cas d’un second tour droite/gauche, nous appliquerons la discipline républicaine en nous rangeant derrière le candidat de gauche qui fera le meilleur score, si ce n’est pas nous. J’espère que les autres candidats feront pareil pour éviter une triangulaire.

* Contactée, la secrétaire fédéral du FN dans les Côtes d’Armor affirme que son parti ne présentera pas de candidat dans le canton de Perros-Guirec.

Interview réalisée par Sylvain Ernault et Jordan Chantier

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Auteur et administrateur de So Ouest devenu Report Ouest de la création du magazine en ligne en 2010 à mon départ de l'IUT de Lannion en 2012. Des bureaux de vote aux tribunes du Roudourou, du studio de TTU à la prairie de Kerampuilh. Actuellement journaliste et cofondateur du webzine « La Déviation ».

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