Michel Ollivier, la vie à bride abattue

L’écriture et les chevaux, Michel Ollivier serait incapable de sacrifier l’une de ses deux passions. Au contraire, il mène chacune de front. Vivant à « 200 à l’heure » l’auteur de polar penvénanais à tout de même trouvé quelques minutes pour se livrer.

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » écrivait Paul Eluard. Certainement, ce rendez-vous dans le hall du journal Ouest-France de Lannion ne tenait pas du hasard. Quelques pas pour nous rendre au Café de la poste, à côté du Léguer dont il aime à parcourir les quais et voici de nouveaux indices. Le journalisme, le PMU, nous y sommes, mais attention aux déductions toutes faites. Si Michel Ollivier écrit, c’est essentiellement pour la presse hippique.

Le promeneur des champs de courses

Jeune retraité de l’éducation, Michel Ollivier n’est pas du genre à rester à la maison jardiner. Si les bottes font partie de sa panoplie, c’est plutôt pour sillonner les champs de courses bretons. Propriétaire et éleveur de trotteurs, il a entretenu seul jusqu’à quatorze chevaux, se levant à quatre heures du matin pour les soigner avant le travail.

Depuis 25 ans, il est aussi correspondant pour Paris Turf dans l’ouest de la France. « On m’a demandé, « est-ce que tu veux pratiquer, il nous faut un spécialiste des courses, à l’écriture rapide et agréable », j’ai accepté, mon profil a plu. » De Saint-Malo à Josselin en passant par Cordemais, Michel Ollivier a écumé toutes les pelouses et pas uniquement la plume à la main. Touche à tout, il occupe également la cabine de commentateur sur plusieurs hippodromes. « Un travail qui demande beaucoup de concentration que j’apprécie beaucoup. Il faut y mettre de la vie », s’enthousiasme-t-il toujours après de longues années d’exercice.

 

Le Café de la poste, un lieu d'observation pour Michel Ollivier.

Sa passion des courses, c’est avec son père qu’elle est apparue. Tout jeune, il l’accompagnait souvent sur les hippodromes du côté de Brest, sa ville natale. C’est là qu’il s’émerveille devant les chevaux. « J’ai toujours été frappé par leurs noms », explique-t-il. Les mots qui sonnent juste, il en a fait son métier, loin des écuries. Après avoir suivi une formation en lettres modernes, Michel Ollivier est devenu professeur d’anglais au collège Saint-Joseph de Lannion. Grand lecteur de polars américains, c’est à ses élèves qu’il s’est évertué à transmettre sa passion. Avant de se mettre lui-même à en écrire, sitôt retraité.

Son premier livre, paru en septembre 2009, est d’ailleurs une synthèse des multiples vies de Michel Ollivier. « Mort sur le fil » met un scène un jeune homme, poussé par un professeur à devenir jockey, qui découvre l’envers du décor du milieu hippique. Un polar vendu à 2 000 exemplaires qui aurait très bien pu ne jamais être publié. « Tous les matins, j’envoyais à mon épouse les pages que j’écrivais la nuit. Elle les lisait en arrivant au boulot. Son intérêt m’a poussé à chercher un éditeur ».

A l’image de l’inspecteur Colombo, Michel Ollivier évoque souvent sa femme, première lectrice et première supportrice. A la différence près que celle-ci, secrétaire de Ouest-France à Lannion, n’est jamais très loin. C’est encore sa femme qui subit ses réflexions nocturnes. « Je pense sans arrêt, elle me le reproche » avoue-il, un sourire malicieux au coin des lèvres.

La nuit porte conseil

Son sommeil léger s’est conclu par la parution d’un nouveau polar, disponible depuis janvier. Cette fois, l’auteur quitte l’univers des courses pour le monde impitoyable du travail. Il y est question d’une cité des télécoms, où les suicides se succèdent. Un sujet d’actualité que l’auteur a touché du doigt. « Je connais des gens qui vivent mal leur emploi à France Télécom », souligne-t-il. Consciencieux, Michel Ollivier ne s’est pas contenté de rencontrer des salariés. Il s’est fait conseiller sur les aspects juridiques et médicaux traités dans le livre. Pousser le réalisme, décrire en détail, l’auteur n’a rien laissé au hasard pour que ses lecteurs ne décrochent pas. Sa plus belle récompense ? Qu’on lui dise ne plus pouvoir lâcher son livre après l’avoir commencé. « Je suis un « page turner », un écrivain journaliste qui a le sens de la concision. »

Les yeux cernés, Michel Ollivier semble avoir commencé un nouveau processus nocturne menant vers un roman. Le prochain, il aimerait le situer à Bangkok. Une ville où ses voyages l’ont déjà menés. Encore une facette de l’homme à découvrir.

Auteur et administrateur de So Ouest devenu Report Ouest de la création du magazine en ligne en 2010 à mon départ de l'IUT de Lannion en 2012. Des bureaux de vote aux tribunes du Roudourou, du studio de TTU à la prairie de Kerampuilh. Actuellement journaliste et cofondateur du webzine « La Déviation ».

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