Pas de nuage à Rennes pour les anti-nucléaires

Organisée à  l’appel de la coordination anti-nucléaire de l’Ouest, la manifestation a réuni plus de 20 000 personnes dans les rues de Rennes, samedi 15 octobre. Une façon de dénoncer la politique française vis-à-vis du nucléaire et d’appeler au rassemblement pour le prochain rendez-vous à Valognes, fin novembre.

C’est un immense soleil qui a irradié hier la place Mail Mitterrand d’où l’immense cortège s’est élancé sur les coups de 15 heures. Après les prises de parole, la manifestation a déambulé dans les rues de Rennes de manière festive. En rangs serrés, les manifestants tous vêtus de rouge et de jaune ont protesté contre la prolongation de la durée de vie de la centrale de Fessenheim, les projets de lignes à très hautes tensions (THT) et le réacteur EPR nouvelle génération de Flamanville.

L’ampleur de l’évènement a surpris tout le monde y compris les organisateurs. Vincent Aubry, coordinateur du collectif anti-nucléaire Rennais,  revient sur la manifestation : « On a réuni entre  15 et 20 000 personnes. On est évidemment très contents !  On sentait qu’il y avait une mobilisation sur le terrain et on s’est débrouillés pour médiatiser tout ça. Même si nos opposants, qui ont déjà fort à faire avec les problèmes du réacteur EPR, ne nous facilitent pas la tâche. »

La nouvelle génération était aussi mobilisé contre le nucléaire.

Certains étaient venus en famille alors que d’autres sortaient des bus mis à disposition par les différentes organisations, et qui ont acheminé les participants des quatre coins du grand Ouest.

Françoise, 40 ans et manifestante de longue date, se félicite que l’évènement ait réussi à fédérer toutes les générations : «  On a vu des petits, des grands et des familles entières sur l’ensemble du parcours et sous plein de syndicats différents. Cette diversité fait vraiment plaisir à voir ! »

Quel impact ?

Malgré l’ampleur de la mobilisation, les opposants ne se leurrent pas. Pour Leila, 26 ans, « il est clair que ce type d’évènement apporte de la visibilité, mais ce n’est pas en manifestant de cette manière que l’on fera changer les choses. On exprime notre mécontentement, mais ça ne va pas au-delà … » Le mouvement anti-nucléaire français est loin d’être aussi structuré que son homologue allemand ou toutes les actions mobilisent énormément. «  En France, le mouvement n’est vraiment pas parvenu à maturité. Il va falloir beaucoup de monde pour sortir de cette inertie, » nous explique Didier, un habitué des rassemblements anti-nucléaire. « En plus, Aubry et Hollande ne vont pas vraiment dans le même sens que nous, donc pour ce qui est de faire bouger tout ça… ».

Les opposants ont été invités à signer une pétition symbolique.

« Entre militantisme et activisme »

Les opposants se sont retrouvés à la fin de la manifestation pour discuter du camp de Valognes (50) qui se tiendra du 22 au 24 novembre. Le but est de gêner au maximum, voir d’empêcher la progression du train nucléaire qui achemine  des déchets vitrifiés allemands. Déchets qui seront ensuite envoyés  à l’usine de retraitement de la Hague. Chaque année la progression de ce train est sévèrement handicapé par les actions militantes. La sécurisation et la protection du convoi coûte désormais plus chère que le trajet en lui-même. Pourtant, même si la mobilisation a été importante ce samedi, certains restent sceptiques quant à la continuité du mouvement : « Ce qui manque le plus c’est de franchir cette barrière qui sépare le militantisme de l’activisme ».

Etudiant en journalisme à l'IUT de Lannion.

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