Nantes, ville verte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

La manifestation du 24 mars contre le projet d’aéroport à Notre-Dames-des-Landes a mobilisé entre 6 et 10 000 personnes. Plus de 200 tracteurs et 300 vélos se sont joints au défilé. 1 500 policiers étaient sur le pont pour éviter tout débordement. Récit.

Le temps d’un weekend, Nantes a retrouvé des allures de ville verte. Un cortège impressionnant, composé de plus de deux-cents tracteurs  a complètement paralysé le trafic. Les associations hostiles au projet d’aéroport au nord de nantes ont réussi à mobiliser plusieurs milliers de personnes. Paille, fumier, laitue et autres légumes ont été répandus sur les chaussées et lignes de tram, ou ici, sur les CRS.

Un tracteur propulse de la paille sur les CRS, devant la mairie de Nantes. Crédits Anthony Fouchard

« Désurbaniser Nantes »

Une délégation de la Brigade activiste des clowns avait spécialement fait le déplacement pour reverdir la métropole. Les quelques quarante personnes qui composaient la troupe n’ont pas été de trop pour planter les pommes de terres et poireaux tout au long du parcours.

Objectif ville verte pour la brigade des clowns. Crédits Anthony Fouchard

Les clowns ont « joué » tout l’après-midi ; sketchs provocateurs  à l’égard des forces de l’ordre et personnages hilarants ont égayé le défilé.

Les barrières anti-émeutes et les façades de banques ont ainsi été recouvertes de purin, pour « fertiliser et permettre aux fleurs de pousser ».

A ce cortège hétéroclite se sont ajoutés vaches, ânes et chevaux, bien entourés par plusieurs milliers de manifestants. Ils ont défilé pacifiquement autour de la ville  à vitesse très réduite, suivant les tracteurs qui ouvraient la voie. Des actions symboliques ont fleuri tout au long de la manifestation. Les pavés bordant la route ont été retirés pour planter plusieurs arbres apportés pour l’occasion.

Plusieurs centaines de kilos de purin et fumier ont été déversé place du cirque ;  objectif : « recréer un coin de bocage en centre ville ».

Le tram s’enflamme

Alors que la journée touchait à sa fin, une centaine de personnes ont allumé  un feu au niveau de l’arrêt de tram des 50 otages. Les manifestants en ont rapidement perdu le contrôle, perturbant au passage la surveillance de l’hélicoptère de la gendarmerie.

Le feu s'est rapidement propagé aux alentours. Crédits Anthony Fouchard

Une personne en a profité pour débrancher la caméra installé pour l’occasion sur le toit de l’hôtel de luxe La Perouse, sous les applaudissements de la foule.

Le dispositif policier s’est progressivement mis en marche. Après de rapides sommations c’est sous les sirènes assourdissantes de l’hélico que les forces de l’ordre ont commencé les charges.

Les émeutiers désorganisés ont érigé quelques barrières de fortune en travers de l’avenue Paul Bellamy. Appuyé par un canon a eau, plus d’une centaine de CRS ont avancé en ligne pour disperser les manifestants, tandis que des policiers en civil procédaient  à des interpellations hasardeuses.

Vers 21 heures, le vacarme des sirènes de police a laissé place aux camions de nettoyage de la ville de Nantes. La quasi-totalité des salariés affiliés à la propreté urbaine ont œuvré une bonne partie de la nuit pour rétablir la circulation des trams et des véhicules.

[mappress mapid= »8″]

Etudiant en journalisme à l'IUT de Lannion.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.