2000 Lannionnais défilent pour le 1er mai

La manifestation syndicale du 1er mai avait à Lannion comme ailleurs des connotations éminemment politiques. A cinq jours du second tour de la présidentielle, les rangs étaient plus serrés que les années précédentes. Les slogans anti-Sarkozy étaient eux toujours au rendez-vous.

La tradition revendicative du Trégor est bien ancrée, mais le 1er mai mobilise rarement au-delà des rangs syndicaux. La proximité du second tour de l’élection présidentielle et le discours anti-syndicaliste de Nicolas Sarkozy ont semble-t-il motivé bon nombre de travailleurs à se retrouver place de la Poste avant 11 heures.

Loin des 6 000 à 20 000 manifestants de l’automne 2010, qui protestaient contre la réforme des retraites, ce 1er mai 2012 a néanmoins rassemblé beaucoup de Lannionnais. Ils étaient entre 1 500 selon la police et 2 000 selon les syndicats. 800 Guingampais et 500 Paimpolais s’y ajoutent pour le Trégor. En 2011, le 1er mai tombait un dimanche et ils n’étaient que 250 dans les rues de Lannion. Cette date encrée dans l’histoire ouvrière internationale depuis le XIXe siècle demeure un baromètre de la tension sociale.

Parti en musique après les discours de l’intersyndicale CFDT-CGT-FSU-Solidaires-Unsa, le cortège a suivi le court trajet traditionnel des manifestations lannionnaises en empruntant le pont de Viarmes puis le pont Sainte-Anne.

Mobilisation importante dans l’ouest

Le bras de fer entre Nicolas Sarkozy et les syndicats était clair depuis une semaine. Le candidat des droites avait appelé la semaine passée à faire de ce 1er mai la journée du « vrai travail ». Jean-Luc Mélenchon avait lui appelé ses sympathisants à prendre part massivement aux manifestations du jour. Le patron de la CGT Bernard Thibault a lui aussi politisé ce rendez-vous annuel des luttes sociales en appelant à voter François Hollande.

Un comptage provisoire des rédactions de Ouest-France et du Télégramme estime à 74 000 le nombre de manifestants dans les différentes villes de l’ouest. En Bretagne ils étaient 33 000, dont 10 000 personnes à Rennes, 5 000 à Brest, 3 000 à Hennebont, 2 500 à Quimper comme à Saint-Brieuc, 1 500 à Morlaix, 1 000 à Vannes.

Dans les Pays-de-la-Loire, ils étaient plus de 28 000 au total, soit 10 000 à Nantes, 3 000 à Saint-Nazaire, 4 000 à Angers comme au Mans, 1 600 à la Roche-sur-Yon, ou encore plus d’un millier à Laval.

En Basse-Normandie, les journalistes présents ont vu près de 13 000 manifestants. Ils étaient 5 000 personnes à Caen, entre 3 et 4 000 à Cherbourg ou encore 1 200 à Alençon.

Dans les autres villes de France, il y avait notamment entre 10 et 20 000 manifestants à Lyon, 20 000 à Marseille,  plus de 12 000 à Bordeaux, 4 500 à Strasbourg, près de 4 000 à Lille et plus de 10 000 à Nancy. La CGT annonce 750 000 manifestants dans toute la France, contre 115 000 en 2011. Le ministère de l’Intérieur dit 316 000.  La centrale a compté 250 000 personnes à Paris, la préfecture de Police 48 000, soit quatre fois plus que l’an dernier.

Auteur et administrateur de So Ouest devenu Report Ouest de la création du magazine en ligne en 2010 à mon départ de l'IUT de Lannion en 2012. Des bureaux de vote aux tribunes du Roudourou, du studio de TTU à la prairie de Kerampuilh. Actuellement journaliste et cofondateur du webzine « La Déviation ».

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