« Panorama » de Philippe Découflé : une envolée poétique à Art Rock

Le vendredi et le samedi soir de 20h30 à 22h et le dimanche de 17h à 18h30, les festivaliers ont pu assister au spectacle de danse du metteur en scène Philippe Découflé au Grand Théâtre. Une pause bienheureuse et gracieuse entre deux concerts endiablés.

Philippe Découflé, le nom n’est pas inconnu du grand public. Le danseur et chorégraphe français de danse contemporaine a été propulsé au rang d’artiste grâce à ses mises en scène originales lors des cérémonies d’ouverture et de fermeture des jeux olympiques d’Albertville en 1992. Il a créé sa compagnie de danse DCA en 1983, qui enchaîne les succès depuis les années 1990.

Aujourd’hui, il revisite les temps forts de sa troupe, mélangeant en un seul spectacle les plus beaux moments des 30 dernières années. Une tournée qui a commencé au TNB de Rennes à la fin du mois d’avril, et qui s’est poursuivie le week-end dernier à Art Rock.

 De la danse comique

Au centre de la scène, un personnage aux allures comiques se détache des autres danseurs. Ce sera le narrateur pendant tout le spectacle. Tantôt habillé en microbe à longues pattes, tantôt s’accrochant aux rambardes de la scène, il fait rire le public avec un discours décalé. Il oblige l’assemblée à fermer les yeux pour imaginer un film dans leur tête. Ses mains servent de supports pour raconter une histoire avec des jeux d’ombre…

Philippe Découflé n’a pas pensé qu’à la danse, mais aussi au comique. Ce personnage accroche le spectateur et lui permet de passer d’un décor à un autre, d’un univers à un autre sans inconvénient.

 Un « Panorama » des anciens spectacles

Mais bien sûr la danse reste présente, et la volupté des danseurs émeut à chaque instant les spectateurs. Accrochés à une corde, deux amoureux s’élancent en l’air et donnent l’impression de voler.

En tenue multicolore, les danseurs se mélangent, les corps s’accrochent les uns aux autres avec douceur. Avec des mouvements très simples parfois, comme la formation de vagues avec les bras, ils arrivent à accrocher le regard jusqu’au bout.

Les mouvements sont tantôt souples, tantôt saccadés, tantôt calmes, tantôt effrénés.

Tout le potentiel du metteur en scène, c’est de réussir dans ce « panorama » à ne pas rendre absurde cette succession de petits extraits tirés de ses anciens spectacles. On y retrouve « Vague Café », « Sombreros », « Shazam ! », « Décodex » ; sans s’y perdre non plus.

Philippe Découflé joue avec les décors, les lumières, les couleurs. L’extrait de « Vague Café » nous entraîne dans un monde acidulé et fluorescent qui réveille nos pupilles. Une femme apparaît comme sortie de nulle part, se contorsionnant au milieu de la scène en changeant peu à peu de lumière.

On a l’impression d’avoir atterri dans une autre dimension. Les danseurs sont habillés de la tête au pied en microbe bleu et violet, avec une longue antenne qui leur sert pour faire de beaux mouvements.

Il n’y a pas à dire, quand la troupe arrive vers le public pour saluer, on a l’impression que l’on vient de se réveiller. Les 1h30 de spectacle passent à vitesse grand V. Et on ressort de ce « Panorama » de Phillippe Découflé, avec le souffle coupé.

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