Après de longues soirées marathons, nos envoyés spéciaux ont décidé de profiter de la dernière soirée des Francofolies sur la Grande Scène. Une soirée hip-hop, rock, électro. Et une énorme ambiance ! Joey Starr et Zebda n’y sont pas pour rien, avant de voir le festival se transformer en énorme dancefloor devant Birdy Nam Nam. Dernier reportage à Saint-Jean d’Acre.

Gare au Jaguar !
L’orage s’est abattu à 21h15 sur La Rochelle. En un éclair, Joey Starr retourne la Grande Scène de Saint-Jean d’Acre. Alors que l’on approche de la fin du concert du rappeur français, on comprend qu’on passe un cap dans la soirée.
Pour répondre à nos a priori sur l’ambiance rochelaise à notre arrivée en Charente-Maritime, Joey Starr sait prouver, à cet instant, que le public des Francofolies est un vrai public de festival. Non pas que l’on n’ait pas apprécié les artistes précédents. Très loin de là. Mais simplement parce-qu’on a enfin transpiré sur le parking Saint d’Acre.
Sentant le manque de répondant de la part des spectateurs, le Jaguar force tout le monde à bouger. En plus de nous faire chanter, il nous fait bouger de gauche à droite. On s’en donne à cœur joie. Ce qui nous fait gagner une dizaine de mètres dans la foule. De gros mouvements de foule font peur à certains. Joey, lui, trouve le moment idéal pour ouvrir une bouteille de rhum. Il boit quelques gorgées. Et décide d’en faire partager certains chanceux du premier rang. Ceux qui n’en boivent pas en reçoivent au moins sur la tête.
Le Joey s’est mis en tête de foutre le bordel. Rien de mieux, pour cela, qu’un bon vieux Seine Saint-Denis Style, avec ses musiciens derrière. Le son est bon. L’ambiance énorme. Tout le monde saute et reprend le fameux refrain, je ne vous le fais pas.

Joey Starr termine sur du NTM.
Le public enfin humide, c’est Zebda qui va poursuivre sur la même lancée. Un Y’a pas d’arrangements, plante le décor d’entrée. Je suis dans la fosse à photographier, les trois chanteurs ont la bougeotte, ça s’annonce bien. Vite, je rejoins quelques potes dans le public. Là encore, on est plutôt bien placés. Et Oulalalaradime donne des couleurs exotiques au concert. Mais le public ne donne pas tout. En tant que grands fans, on fait des bonds en chantant. Ça ne plaît pas à ma voisine de droite. En même temps, un concert, à quoi ça sert ?

Prêts à tomber la chemise ?

Alors La Rochelle, on ne vous entend pas !
Finalement, c’est aussi en approchant de la fin de leur concert que les Zebda foutent le feu. Un Tomber la chemise nous oblige à passer à l’action, avant l’excellent Motivés, son revendicateur. On ne s’y trompe pas à la conclusion des artistes.
« Restons motivés, contre le fascisme et l’intégrisme, glissent-ils, en écho à leur engagement politique. Mais aussi pour un service public fort ! » Prends ça, toi, le néo-libéraliste ! Comme pour leur prédécesseur, on aime, on n’aime pas, mais force est de constater que eux aussi ont réussi à faire danser la totalité du public de Saint-Jean d’Acre.

Fous ces chanteurs ? Jamais.
Les Toulousains sont suivis par un autre groupe attendu : Shaka Ponk. Le nombre de photographes présents dans la fosse me le confirme. Les chanteurs, Frah et Samaha, donnent tout d’entrée, fidèles à leur répétition.
Des jeunes filles réalisent que leur concert ne sera pas forcément une partie de plaisir pour tout le monde, et préfèrent se faire évacuer par les agents de sécurité. En plus du son, on assiste à un show visuel, avec l’écran posé derrière les artistes, et avec lequel chacun d’eux joue. Équipé de protections, notamment aux genoux, Frah teste d’entrée le public maritime. Un slam raté.

En festival, Frah ne sort jamais sans ses protections.
Une fois n’est pas coutume, il faut attendre un peu pour les voir agiter les spectateurs de la Grande Scène. Après un passage plus calme et leur My Name is Stain diffusé sur toutes les radios commerciales, qui n’a pas eu un énorme effet, ils reviennent sur quelques plus vieux sons, et commencent à conquérir La Rochelle.
Pour sa troisième tentative de slam, Frah est enfin accepté par le public. Les autres membres du groupe suivent, quitte à sauter avec une guitare…
Ceux qui viennent finalement transformer Saint-Jean d’Acre en gigantesque dancefloor, voire mieux, ce sont finalement les 4 Djs de Birdy Nam Nam (lire notre interview par ailleurs). Rien d’étonnant. Avec leur dernière album sorti fin 2011, Defiant Order qu’ils sont « venus défendre » selon leurs propres termes, ils mettent La Rochelle en folie. Des gros titres de leur album précédent sont également greffés, à l’image d’un Worried parfaitement repris.

Birdy Nam Nam a mis le feu à La Rochelle !

Mieux qu’un dancefloor géant on vous dit.
Dans l’ensemble, les nouveaux morceaux sont plus pêchus, un peu plus violents même, pourrait-on dire sans être péjoratif. Le set est très lourd. On entre dans une sorte de transe. Le public est comblé avec un puissant Abbesses, et un magique Parachute Ending pour finir. Dommage, on n’en aurait bien repris encore un peu. Sûr qu’ils en avaient encore à donner. Enfin, les jambes nous rappellent qu’il n’est pas plus mal que ces Francos 2012 se terminent sur cette note là.
1995 et Chinese Man en apéritif

Pas besoin de bras pour scratcher.
Ces deux gambettes nous ont d’ailleurs bien servi en début d’après-midi. Arrivant la fleur au fusil sur le site, nous réalisons que nous débarquons en retard pour notre interview avec Birdy Nam Nam. Vite, on court ! On arrive pile à temps, les quatre Djs s’installent tout juste dans les banquettes du Patio. Dix minutes, le temps nous est compté, mais on en termine quand même avec une photo de groupie.
On enchaîne directement avec les Chinese Man (lire ici) et leurs deux rappeurs US. Beau programme. De grosses rencontres intéressantes. Et des discours pas bridés.

C’est quoi la Source ?
L’heure des concerts arrive vite. 18h, c’est parti avec 1995. Les jeunes rappeurs se donnent, sont au quatre coins de la scène. Les bras du public sont en l’air, les refrains sont repris par tous. Mais pas encore l’explosion de joie qu’on a retrouvé un peu plus tard. Nekfeu termine par un petit slam après… 33 minutes seulement passées sur scène.
Petite déception. Les tubes ont été repris, avec La Source, La Suite, ou Milliardaire, mais leur univers pas assez développé malgré un petit clash orchestré au beatbox.

Sur scène, les Djs de Chinese Man ne sont jamais seuls.
Toujours dans le hip-hop, mais dans un tout autre style, Chinese Man envoie un son habituel, à la croisée de nombreux styles, et de ses différents albums. C’est axé sur le dernier, Racing with the Sun, mais les deux The Groove Sessions voient certains morceaux repris. Le tout souvent légèrement remixé. Trois Mcs et leur trompettiste accompagnent les platines. De quoi faire le show. C’est même par de la dub que se conclut leur set vraiment intéressant, par tous les différents styles abordés.

Sur scène, les Djs de Chinese Man ne sont jamais seuls.
Finalement, on gardera d’excellents souvenirs de cette dernière soirée, que l’on avait choisi de passer totalement sur la Grande Scène, la fatigue nous attaquant progressivement au fil des jours, et la prog’ nous satisfaisant largement. C’est donc avec un petit pincement au cœur mais avec le plaisir de filer au lit que l’on a quitté le Patio, bar VIP du festival à 2 h 30.
Maintenant, il faut retourner à la vie normale. Le travail, le vrai, nous attend. Ne croyez pas que c’est avec Report Ouest qu’on est payés. Quoique. Je ferais peut-être bien de demander à mon boss. Enfin, ce festival sera finalement monté en puissance au fil des cinq jours, pour finir en apothéose samedi et dimanche, spécialement avec Birdy Nam Nam. On n’est pas prêts de l’oublier.
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Encore bravo pour votre marathon des Francos Bruno et Félix ! Sûrement le dossier le plus complet du web sur le festival avec toujours de belles photos.
Votre travail est récompensé par des audiences exceptionnelles sur le site pendant toute la semaine. Je pense que pas mal de festivaliers viendront vous lire, de retour de leurs vacances musicales à La Rochelle.
Maintenant, à nous de faire aussi bien pendant les Vieilles Charrues.