Chronique – J-1, objectif Carhaix

Dernière longue inspiration avant de plonger dans l’univers des Vieilles Charrues. Pendant 4 jours et 4 nuits je vous raconterai mon festival. Mes coups de cœur et coups de gueule, mes anecdotes, mon regard sur le plus grand festival en plein air de France.

Accumuler du sommeil, relire ses notes, préparer son paquetage. Non, ce n’est pas une veille de transatlantique que je traverse, c’est un départ aux Vieilles Charrues que je prépare.

Dans 24 heures, je retrouverai la prairie de Kerampuilh, son gigantisme et sa foule. Avant d’y revenir comme en pèlerinage, c’est le moment de me remémorer les souvenirs des deux éditions passées.

En 2010, le festival prenait les couleurs du far west

D’un grand M qui veut dire Musique, Muse, Mika, M et NTM prenaient d’assaut l’affiche. NTM, parlons-en. Le souvenir d’un chahut gigantesque en plein après-midi. Les hurlements de Joey Starr qui font transpirer toute la prairie. Un concert sportif passé l’appareil photo sur la tête, mais le sentiment d’avoir vécu un grand moment.

Le mot éclectique prend tout son sens quand quelques heures après le Suprême, Mika et ses ballons multicolores montent sur la même scène. La petite histoire dit que ses plus grands fans, arrivés prendre les meilleures places dès l’ouverture du site, ont dû sauter par-dessus la crash barrière au moment du passage d’NTM.

Accréditation de Sylvain Ernault pour Report Ouest aux Vieilles Charrues

J’avais préféré les hard-rockeurs d’Airbourne à la pop acidulée de Mika. Bien m’en avait pris. Ce soir là, Joel O’Keeffe avait tutoyé  l’anémomètre de Xavier Grall dans un bel exercice d’escalade.

Mon meilleur souvenir musical reste Féfé en ouverture du samedi. Venu interviewé les bénévoles qui finissaient leur service, je suis resté attendre le début du concert au premier rang. Nous étions trois, nous sommes devenus 10 000, à danser avec l’ancien du Saïan, descendu dans le public à dos d’homme de sécu. Impossible d’oublier ce concert. Si j’étais mégalo, je pourrai m’observer toutes les trois nuits sur Direct Star. Le concert y est rediffusé depuis 2 ans.

Il y a tant d’histoires à raconter – les passages remarqués d‘Indochine ou Sexy Sushi en conférence de presse, le show d’Alive Kill, le sosie d’Alain Souchon – que cette édition est ma référence.

Les Vieilles Charrues n’étaient pas moins bien organisées en 2011

Sous-verre Vieilles Charrues 2011Les professionnels et les bénévoles apprennent d’année en année. Mais bien que je ne sois pas en sucre, la pluie a bien rafraîchi mes ardeurs l’an dernier. Ajoutez à ça les cheveux blancs des headliners Scorpions, Eddy Mitchell et Supertramp et l’excitation descend d’un grade. Et encore, heureusement, je n’attendais rien de Lou Reed.

La grande scène m’a laissé impassible. C’est devant Kerouac que j’ai apprécié les rappeurs US de Cypress Hill – qui portent toujours bien le pétard – ou Two Door Cinema Club,  devant Grall que j’ai aimé The Inspector Cluzo et Stromae.

Si certains bouffent leur chapeau en festival, d’autres y sont comme à la maison. Le Serbe Goran Bregović appartient à cette seconde catégorie. La soirée balkanique déjà torride connait son apogée sur l’air de Bellaciao.

Comme en 2010, je me suis placé au premier rang pour l’ouverture du samedi scène Kerouac. Aux platines, DJ Zebra, accompagné par le Bagad Carhaix. Moment jouissif de communion dans le public pour le mariage de l’électro et du traditionnel breton. Les bootlegs du DJ hyper motivé ont trouvé un superbe écho ce samedi-là.

Comme par superstition, je serai donc de nouveau au premier rang samedi

J’ai déjà noté sur mon programme « ouverture des portes : 14h30 ». Hélas, je crains qu’Irma n’ait pas les épaules pour transporter le public comme Féfé ou DJ Zebra. Mauvais préjugé ? Je vous le dirai très vite.

Chaque jour, je tiendrai une chronique sur Report Ouest. Je vous raconterai mes longues journées, côté spectateur et côté backstage. Peut-être même dans la fosse affublé d’un chasuble.

Mi programmé, mi improvisé, mon parcours comprend plusieurs étapes clés

La nouvelle scène du rap français a mes faveurs. La Rumeur jeudi, Youssoupha vendredi, 1995 et Orelsan dimanche me paraissent incontournables. Leurs conférences de presse pourraient se révéler des moins langues de bois.

Plus « motivé » par les fêtards contestataires de Toulouse que par les machines à tubes de LA, je serai devant Zebda jeudi à 21h15. Devant LMFAO sûrement aussi, mais ça il ne faut pas le dire trop fort.

Bon, par contre pour Solveig, ne comptez pas sur moi. Judicieusement casé à 2 heures dans la nuit de vendredi à samedi, il poussera les festivaliers à rentrer au camping et moi à écrire ma chronique en espace presse.

Il y a tout de même des têtes d’affiche qui me réjouissent. Portishead jeudi, The Cure vendredi et Sting samedi.

Bob Dylan aux Vieilles Charrues - Une de Evene
Bob Dylan sert déjà d’accroche aux sites d’infos pour annoncer le festival des Vieilles Charrues.

Et Dylan me direz-vous ? En voilà un qui retient l’attention de tous. Certains de mes collègues ne le rateraient pour rien au monde. Gagez que les journaux du week-end parleront du miracle carhaisien, grâce à cette « signature de renom international venue jouer dans le Kreiz Breizh ».

Bob Dylan a marqué l’histoire de la musique, pas sûr qu’il marque l’histoire du festival.  À l’image du nonchalant Lou Reed, l’immense scène Glenmor n’est peut-être pas des plus appropriées pour celui qui a l’habitude de jouer de la guitare dos au public. J’y reviendrai samedi.

Enfin, il y a tous ces concerts que j’espère surprenants. Ceux du Canadien Rich Aucoin, encore méconnu en France, de l’Américaine Santigold, des Britanniques de Django Django, de la très jolie Belge Selah Sue et des Néerlandais de Dope D.O.D.

J’aurai une oreille attentive sur la création de l’Ensemble Matheus dimanche. Du classique ? Et pourquoi pas ! Tout vient de là. J’irai me promener près de l’entrée, écouter les Jeunes Charrues. En particulier Maracu’jah au son idéal pour se défouler, paraît-il.

Il y a aura des frustrations, je les ai déjà connues en ratant Monsieur Eddy ou FM Belfast les années passées. Il y aura des surprises au détour d’une interview, dont je ne connais pas encore le planning. Il y aura de la fatigue, mais pour l’instant je n’y pense pas. Ma tête est tournée vers mon train, direction Carhaix.

Les Vieilles Charrues, c’est toute une géographie ! Si vous n’êtes pas fin connaisseur, voici un mini lexique pour vous aider à me lire.

  • Kerampuilh désigne la prairie où s’étendent à la fois les espaces scéniques comme le camping. Par extension, Kerampuilh est devenu synonyme de Vieilles Charrues.
  • Les Marronniers, le Vallon, la Garenne, le Poumon et la Prairie correspondent aux différentes zones du festival.
  • Glenmor, Kerouac, Grall et Gwernig désignent les scènes par ordre de grandeur. Vous pouvez les situer sur notre carte interactive.

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