Vieilles Charrues 2012 Jeudi

Aux Vieilles Charrues, on oublie tout

En réponse à Bruno Poussard, qui se demandait il y a une semaine si le public des Francofolies tenait la comparaison avec celui des Vieilles Charrues, je vous assure que malgré tous les efforts des Rochelais, Carhaix me paraît indétrônable. Capable de fêter le retour de La Rumeur, de supporter la soupe d’LMFAO ou d’entonner le Chant des partisans avec Zebda dans la même soirée.

Commençons par le milieu. Je vous parlais il y a deux jours du bouquin d’Emmanuel Poncet de GQ sur les tubes qui nous transportent malgré nous. J’anticipais sur l’accueil des américains d’LMFAO à Carhaix. Je prévoyais un public compact. A raison. Les déguisements destroy fluo se faisaient remarquer depuis le début d’après-midi. Le carton sur la tête avait la côte.

Une bonne partie des festivaliers venue ce jeudi avait coché Party Rock comme chanson de ralliement. Le début du clip diffusé en guise d’intro prouve à quel point tout est histoire d’images dans ce succès. Quelques minutes avant, Fergie apparaissait sur l’écran géant. Décidément, Emmanuel Poncet avait toutes les raisons de venir à Carhaix.

Geoff Barrow Portishead - Vieilles Charrues
Geoff Barrow de Portishead, que j’aurai vu plus longtemps en conférence de presse que sur scène.

Evidemment, quand Bikini Mag titre « LMFAO : « de la merde« , je ne peux leur donner que raison. Non, ce n’était pas drôle, le coup des bouteilles de champagne vidées sur le public au minimal indécent. Mais bon, force est de constater qu’on ne m’a pas forcé à y aller. Je dois être un peu con, que voulez-vous.

A ma décharge, je sortais de Breakbot, auteur d’un morceau utilisé comme générique du Grand Journal fut un temps. Une sorte de « Victoire de la branchouille ». Impressionnant de voir à quel point un passage chez Denisot peut vous offrir un public.

Encore une fois, j’y étais et j’ai bougé mon petit corps. Ce qui était impossible sur Portishead. En conférence de presse, les camarades de la chanteuse Beth Gibbons avait justifié son absence devant les journalistes comme suit « ce n’est pas pour cultiver un mystère. Quand on n’aime pas faire quelque chose, on ne le fait pas« . Dans la même veine, trois petites chansons et je m’en suis allé.

Zebda fait tomber la chemise - Vieilles Charrues
Comme prévu, Zebda a fini par faire tomber la chemise de nombreux festivaliers. Ca tombe bien, il faisait bon à Carhaix.

Je remonte encore le temps et nous voici devant Zebda. Les Toulousains sont déjà venus deux fois à Carhaix. Bon, cette année ils ne pouvaient pas manquer la Bretagne vu qu’ils font 36 festivals pendant l’été (oui, 36, ce n’est pas une boutade). C’est un bien. Si le groupe vient de sortir l’album Second Tour, ce sont surtout les morceaux phares des années 90′ qui réveillent la prairie. Beaucoup oublient leur pudeur. Tombez-la, tombez, tombez la chemise, tombez-la, tombez tombez, tombez la chemiiise

Au moins avec Zebda, on sent que l’engagement est sincère. Eux seuls vous parlent de la politique de la ville en conf’.

La Rumeur - Vieilles Charrues
La Rumeur vend son album et son concert à l’Olympia entre deux lyrics. Underground trash je vous dis.

La Rumeur aussi a des convictions nées du béton. Je voulais prendre une bonne décharge pour commencer mon week-end. Je n’ai pas été déçu. Huit ans après leur premier passage à Carhaix, six ans de procès avec Sarkozy plus tard, les voici toujours prompts à défendre le rap underground hardcore. Skyrock a d’ailleurs attrapé son pegement. « Premier sur le rap, fils de pute ! » reprend le public. Samir Nasri n’a rien inventé.

Bavard sur scène, plus posé en conf’, La Rumeur dit n’attendre rien des politiques. La dernière campagne présidentielle ? « Pas suivie ! » Les victoires de la musique ? « Aucun crédit. » On sent par contre que la sélection de leur film « De l’encre » à Cannes les a flatté. Ils le disent : « on se sent moins comme des mômes teigneux« .

Pris dans l’odeur de shit ambiant devant La Rumeur, je repense à mon arrivée à Carhaix. Le car, l’agent des stups, son chien, le sachet qui atterri à mes pieds dans l’allée, ces quatre festivaliers qui n’ont pas dû entendre grande chose des concerts depuis leur cellule. A vu de nez, pas mal l’ont évité de peu.

Six heures après La Rumeur scène Xavier Grall, c’est Beat Assailant qui se produit. Ils ont le qualificatif « underground » en commun, mais c’est à peu près tout. Assis sur une motte de terre gazonée des plus confortables, une fille m’accoste. L’objet de ses convoitises ? Ma carte d’identité. Contrôle de police ? Non, sniffeuse de coc’ en recherche d’un support rigide pour étaler sa poudre. Normal.

Au-delà du champagne, du shit et de la coc’, la soirée d’hier était finalement bien tranquille. 35 000 festivaliers, 18 000 de moins qu’un jour plein. L’ambiance devrait monter d’un cran en même temps que la prog’ vendredi.

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