Bout du Monde

Voyage à l’autre bout du monde

Festival incontournable des musiques du monde, le Bout du Monde avait lieu ce week-end sur la presqu’île de Crozon. Voici ce qu’il fallait retenir de cette 13e édition.

Ce vendredi, l’orchestre Poly-Rythmo a eu l’honneur, et la lourde tâche d’ouvrir cette 13e édition. Mission accomplie pour ces musiciens venus du Bénin qui ont réussi à lancer le festival sur une bonne note. L’actrice-chanteuse Agnès Jaoui nous a offert un très joli moment. Sa musique emprunte des résonances cubaines et espagnoles. Trop mélancoliques pour certains, très touchantes pour d’autres.

Vendredi, le blues enflamme Landouadec

Le Suisse Stéphane Eicher, une des têtes d’affiche, revient sur les devants de la scène, après 5 ans d’absence, pour la sortie de son 13e album qui sortira fin septembre. L’auteur de Déjeuner en paix a tenté tant bien que mal de réchauffer les festivaliers inondés par des pluies diluviennes.

Et ces derniers ont été nombreux à avoir fait tomber la chemise aux alentours de 23 heures, vendredi soir, devant Zebda. Les Toulousains, pas avares de paroles entre leurs chansons plus dansantes les unes que les autres, interpellent les Bretons, les taquinent, les font danser… bref, ils mettent l’ambiance.

On peut leur reprocher un manque d’originalité mais leur retour était plaisant. Ils terminaient même leur concert en criant « Kenavo, on se retrouve bientôt !»
Avec plaisir Zebda !

Popa Chubby, bluesman new yorkais a clôturé la soirée de la plus belle des manières. Tout était réuni pour passer un moment d’anthologie. De Lettre à Elise à Over the Rainbow jusqu’à sa magnifique reprise d’Hallelujah de Léonard Cohen, l’homme et sa stratocaster ne font plus qu’un.
La pluie s’en est définitivement allée ce vendredi pour laisser place aux harmoni(qu)es de Popa.

« You are motherfucker ! » nous lance-il. Peut-être mais ce qui est sûr c’est que celui qui a foutu le feu sur la plaine de Landouadec c’est bien ce maître du blues. À la fin du concert, Popa prend les 13 000 spectateurs présents en photo, comme un dernier souvenir. Le nôtre durera longtemps.

Samedi, Jimmy Cliff ramène le soleil sur Crozon

La journée du samedi, la plus belle du week-end en terme de météo, s’annonçait également alléchante sur le papier. Jimmy Cliff, Charlie Winston, Beat Assaillant

Avec le soleil, nous avons été réveillés très tôt. Alors pour passer le temps, en attendant l’ouverture des portes, c’était « ventre glisse » au camping 8.

La Tunisienne Emel Mathlouthi a offert un concert d’une intensité folle. Cyril et ses amis sont venus de Paris principalement pour ce concert. Et visiblement, ils n’étaient pas déçus : « C’était magnifique, j’en avais les larmes aux yeux. Quelle voix ! »

Le chanteur anglais Charlie Winston qui sait si bien mélanger Jazz, Blues, Folk et même Beatbox n’a pas réussi à soulever la foule. Excepté les tubes Like a Hobo ou encore In Your Hands, nous n’étions jamais loin de l’ennui. Cela ne nous laissera malheureusement pas un souvenir impérissable, à l’inverse de celui de la légende du reggae, Jimmy Cliff.

Le Jamaïcain a réussi à faire danser, chanter et réchauffer les festivaliers. Jimmy Cliff nous a offert ses tubes imparables comme Reggae Night et I Can See Clearly Now, mais également des surprises de tailles : les reprises de Babylone de Boney M, Wild World de Cat Stevens et même le cultissime Hakuna Matata du Roi Lion ! Merci Jimmy.

Dimanche, un dernier jour mémorable

Asaf Avidan ou la perfection des albums associé à une puissance live extraordinaire ! Un concert absolument magnifique avec une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Janis Joplin. Un délice pour les oreilles de nombreux festivaliers qui n’attendaient que lui !

Salvatore Adamo est venu charmer ses fans bretons, et elles étaient nombreuses à attendre leur idole. Une spectatrice a même ôté son t-shirt. Visiblement, le sexagénaire a conquis son public..

Asian Dub Fondation a littéralement électrisé la foule. Même le problème technique survenu en début de leur concert ne leur a pas empêché de conclure cette 13e édition d’une façon magistrale !

Lamiel, festivalière du « Boudu » depuis 5 ans a fort apprécié leur prestation. « C’est la 4e fois que je les vois, ils sont toujours aussi bons » nous confiait-elle. Une grosse claque en somme.

Encore une fois, le Bout du Monde a rempli sa mission : faire découvrir et voyager. Au total, ce sont environ
60 000
festivaliers qui sont venus écouter une trentaine de groupes venus de toute la planète !

Ce qui plaît au public, c’est cette proximité et cette impression de convivialité, d’échange entre artistes et festivaliers.
Ici on se sent ailleurs, on se sent bien… Et une fois rentré à la maison on n’a qu’une envie… y retourner.

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