Fête du Bruit 2012 – D’Ibiza à Landerneau

Pour cette quatrième édition, la Fête du Bruit met les petits plats dans les grands et a  proposé, cette année encore, une programmation des plus alléchantes. Report Ouest était sur place, venez découvrir le résumé de ces 10 et 11 août de folie.

 Le public de cette édition est plus varié que les précédentes : les générations se mélangent et la tranche d’âge s’élargit. David Guetta, l’invité phare de cette première soirée, n’y est pas pour rien. Les plus jeunes sont là pour lui et ne le cachent pas, les parents se chargent de les accompagner. Ibiza à Landerneau promet de faire du bruit!

Vendredi 10 août : David Guetta en guest-star

La soirée commence en douceur avec deux groupes de la jeune scène française, Purple Mountain et les Singtank. Les festivaliers profitent du soleil sur la pelouse du stade de la Petite Palud, chapeau, lunettes de soleil et short obligent. Les quelques malheureux qui ont oublié de se tartiner de crème solaire le regrettent déjà! Le groupe rock originaire de Vannes, Purple Mountain, ouvre le bal pour accompagner les premières bières. Repéré dans le cadre du festival « Rives de Nuits » de Landerneau, le duo nous propose un rock « powerpop », qui n’est pas sans nous faire penser au son des Strokes…

Après ce premier duo, c’est au tour de la fratrie Singtank d’occuper la scène landernéenne. Jeune groupe parisien constitué d’Alexandre de La Baume et de sa sœur Joséphine, c’est un chouette concert qu’ils nous offrent, tandis que la prairie continue de se remplir.

 Lorsque Steve Aoki fait son entrée dans la Petite Palud, l’ambiance monte d’un cran, doucement mais sûrement. Les festivaliers se rapprochent de la scène, et malgré la chaleur toujours écrasante, commencent à se trémousser. Le DJ tient ses promesses et nous présente son premier album, Wonderland, sorti en début d’année. Les fans se réjouissent, ceux qui ne le connaissent pas apprécient. Mais une grande partie des festivaliers restent encore en dehors du site, à profiter du traditionnel apéro avant de venir enflammer la prairie.

Le public s’amasse au fil de la soirée

Pour ce qui est de la performance d’Agoria, malgré les caprices de stars (le champagne pour monter sur scène, c’est plus hype que le gin, parait-il), le tout tient la route! Landerneau est debout et saute au rythme des mixs qui s’enchainent. Les grands écrans nous aident à apercevoir le DJ, même si le spectacle reste plus animé dans la fosse que sur scène.

 23H30. Après le passage de Kavinski et d’Agoria, le public a triplé de volume. Il sort du monde de partout. Et pour cause : David Guetta fait enfin son entrée! Le show commence et les tubes s’enchainent (Sweat, Titanium, Without you…). Après l’avoir autant attendu, le public se déchaine et profite à fond de l’ambiance. Parce-que si l’on vient voir David Guetta, ce n’est pas pour sa prestance sur scène, mais bien pour l’ambiance qu’il sait amener. En soi, le DJ reste très peu actif, comme à son habitude, et se contente de laisser les spots, les lance-flammes et les canons à confettis faire le travail à sa place. L’impression générale qui en ressort après deux heures de set : c’est long. Se croire à Ibiza le temps d’une heure c’est amusant, mais les rythmes des mixs restent souvent les mêmes et au final même les plus accros finissent par se lasser. David Guetta, c’est bien, mais en concert, y’a mieux.

Crédit : Marine Gonzalez

 01H50. David Guetta s’en est allé, et les familles aussi. Place maintenant à De La Soul, seul groupe hip-hop de la programmation de cette année. Et ce qui en ressort, c’est que le trio américain a la patate! Suite à la retenue de tous ces DJs, les sourires et l’énergie qu’ils nous apportent sont un véritable coup de fouet : on est prêt à repartir jusqu’au bout de la nuit! Après vingt ans de carrière, ces gars là savent comment réveiller un public assoupi, et ils le montrent. Du coup, après ça, on n’a plus trop envie d’aller se coucher…!

Samedi : les Bretons donnent le ton !

Pour cette deuxième soirée, les Bretons donnent le ton : les premiers à rouvrir le bal sont les quatre Brestois de Jodie Banks, suivis de près par Merzhin, de retour aux origines pour souffler leur quinze bougies. Toujours en pleine forme après quinze ans, ils nous régalent les oreilles avec leurs incontournables, Les nains de jardin, Ma Las Vegas Parano, Adrénaline etc., ainsi que d’autres moins connus, mais néanmoins prenants. Malgré de très courtes nuits, les festivaliers sont bien réveillés et célèbrent l’anniversaire des six enfants du pays comme il se doit : en chantant. Le soleil est toujours présent, la bonne humeur aussi : second départ réussi !

À l’heure du goûter, les Stranglers font leur entrée. Groupe très influent de la scène punk-rock britannique, ce n’est pas pour autant qu’ils ont la grosse tête, bien au contraire. Ils prennent même la peine de féliciter la Bretonne Julie Bresset, originaire de Saint-Brieuc, pour sa médaille tout juste remportée aux Jeux Olympiques, ainsi qu’évidemment les Merzhin pour leur anniversaire. Ils ne poussent pas la chansonnette, mais tout juste, et l’attention fait plaisir. Suite à ça, ils empoignent gaiement leurs guitares et nous font danser sur leur son rock punchy. Leur tournée en France était attendue comme un grand événement et y’a pas à dire, on comprend pourquoi!

19H45. Miossec entre en scène et là, un doute s’installe : on ne sait plus trop si c’est lui qui tient le micro, ou l’inverse. Si on ne lui en tient pas rigueur, le concert reste sympa. Brest fait chanter les foules, et arrivé à l’heure de la pause sandwich, on n’est pas contre un moment de calme… D’autant qu’il faut ensuite enchaîner sur les Ting Tings et là, pas question de s’endormir ! La casquette vissée sur la tête, les basses en fond sonore, Katie White débarque sur scène et occupe immédiatement les lieux. Dès la première chanson elle n’hésite pas à descendre vers le public, ravi d’approcher de si près la belle blonde. Évidemment cette fois encore, les tubes n’y coupent pas, pour notre plus grand plaisir (That’s not my name, Shut up and let me go, We walk…), et alternent avec les titres de leur dernier album, Sounds from Nowheresville. Au bout de quelques chansons, elle sort une feuille de sa poche et balbutie trois mots en français. C’est déjà beaucoup plus que les artistes de la veille et nous, on aime bien ça.

La soirée est encore loin d’être terminée, et c’est Miles Kane qui se charge de la suite. Jeune anglais de Liverpool, qui n’est pas sans nous faire penser aux Beatles, il est là pour nous faire découvrir son premier album en solo, Colour of The trap. Un joli succès auprès de tout le monde ! Les filles aiment son look un peu bad boy et les garçons aiment… on ne sait pas quoi, mais ils aiment. Même sans connaître vraiment ses chansons, on apprécie les mélodies et les rythmes variés. Ça bouge et ça tombe bien, on est là pour ça!

Shaka Ponk en guise de clôture

Crédit : Marine Gonzalez

00H20. Changement d’ambiance. La scène est plongée dans le noir, un singe rose illumine le fond, et des créatures étranges font leur entrée. En fait de créatures étranges, ce sont les Shaka Ponk qui s’installent, et marquent leur territoire. Immédiatement on rentre dans le jeu, et on apprécie le leur : ça chante, ça joue, ça bouge. C’est brut et c’est contagieux, impossible de rester de marbre face à toute cette énergie. On passe d’une chanson à l’autre sans intermèdes, ou très peu. Juste le temps pour le chanteur, François Charon (Frah pour les intimes), de mettre les choses au clair : il y a un « avant Shaka Ponk », un « après Shaka Ponk » mais il y a surtout un « pendant Shaka Ponk ». Un peu prétentieux peut-être, mais pas faux pour autant ! Les chauvins apprécieront aussi la délicate attention du brassard customisé avec l’hermine, symbole breton s’il en est. Au bout d’une heure le show se termine, et on s’étonne de ne pas avoir vu le temps passer…

Il est temps pour Alborosie de faire son entrée. La prairie s’est largement vidée après le départ des Shaka Ponk, et il ne reste plus que les quelques survivants de ce long week-end. Et bien leur en a pris, parce-qu’Alborosie sait aussi y faire! Avec ses dreadlocks immenses, il passe d’un bout à l’autre de la scène, tout sourire, et fait bouger les derniers Landernéens debout. Un passage étonnant à retenir entre les morceaux reggae (dont le très connu Kingston Town), les instruments se taisent et sa voix part en envolée lyrique à la limite du gospel, avant d’entamer son hymne à la révolution, La Revolucion, chanson à la fois en espagnol et en anglais, qui fait se hérisser les poils sur les bras. Alborosie, une belle conclusion pour une quatrième belle édition!

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Photos : Marine Gonzalez

Marine Gonzalez

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