Festival du film britannique : Bons baisers de Dinard ! 1/2

Une compétition de qualité, des avant-premières pas toujours du meilleur goût, le 23ème festival de Dinard affiche un bilan plutôt mitigé. Pourtant,les spectateurs ont une nouvelle fois répondu présents à ce rendez-vous breton qui n’a pas perdu son image chaleureuse, les professionnels du cinéma et le jury étant très ouverts au public. À noter une intéressante rétrospective James Bond pour fêter ses 50 ans au cinéma, et un film surprise au goût british ultra prononcé. Retour sur les deux derniers jours du festival.

JOUR 1

En ce quatrième jour de festival, jour de notre arrivée, on sent déjà la fin des festivités. Peu de monde dans les rues, mais les salles obscures sont toujours combles malgré tout.

Wasteland : Le casse des « cas-sociaux »

Premier film en compétition que nous visionnons de bon matin : Wasteland. L’histoire d’un groupe de jeunes interprétée par des acteurs en devenir : Matthew Lewis (ex-Neville Londubat), Gerard Kearns, mais surtout Iwan Rheon ( Simon dans la série Misfits ) et Luke Tredeway, qui interprète Harvey, un jeune qui vient de purger une peine d’un an de prison à cause d’un malfrat local, et qui cherche à tout prix à se venger. Pour cela, il entraîne ses trois amis dans le casse qui permettrait non seulement de réparer l’injustice mais aussi de prendre un nouveau départ grâce à la somme d’argent volé.

La première heure s’apparente plus à un film sur la réalité sociale et économique des classes populaires, comme les anglais savent bien le faire. D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec la Part des Anges, le dernier Ken Loach, qui lui ressemble sur beaucoup de points. Mais par la suite, on glisse petit à petit vers un Ocean’s Eleven à la sauce british, et c’est plutôt jouissif. Alors que la fin semblait convenue, le réalisateur nous réserve un twist ending scotchant et bien pensé. Tout cela emballé dans une réalisation et une photographie inspirées, ainsi qu’une bande originale bluffante. On aime, beaucoup. Et à entendre les applaudissement nourris du public, nous ne sommes pas les seuls.

Moyenne Report Ouest : 6,75/10

III Manors : noir c’est noir

La journée démarrait bien, trop bien peut-être, puisque nous allions avoir quelques mauvaises surprises. À commencer par III Manors, deuxième film également en compétition auquel nous assistons. Le réalisateur propose une plongée dans ce que l’être humain a de plus méprisable : violence, prostitution, armes, drogues, crimes, abandon d’enfants, alcool… rien n’est oublié… S’il ne délivre pas véritablement de message d’espoir, c’est tout de même un film de qualité que nous propose Ben Drew pour son premier long métrage. La prestation des acteurs est assez convaincante et certaines scènes nous procurent une montée d’adrénaline mêlée à une angoisse que peu de réalisateurs savent procurer à leurs spectateurs. Malgré tout, certains effets de style deviennent vite redondants (un morceau de rap qui introduit chaque personnage, visions de la ville en accéléré…) et ce long métrage passé l’heure et demie donne envie au spectateur de prendre l’air afin de sortir du lugubre et du morbide.

Moyenne Report Ouest : 5,5/10

 18h, place au Red Carpet

Comme tout festival qui se respecte, Dinard a eu le droit à son tapis rouge. Si nous n’avons pas eu la chance d’apercevoir la sous-préfète, tous les membres du jury accompagnés par de nombreux partenaires du festival étaient présents. Ainsi, c’est avec plaisir que nous avons pu apercevoir un Jérémie Elkaïm dans tous ses états, un Patrick Bruel ultra sollicité ou une Celia Imrie dans une tenue digne de faire rougir sa majesté la reine.

Shadow Dancer remporte le Hitchcock d’or

Shadow Dancer

S’en est suivie la remise des prix au palais des arts de Dinard et c’est sans surprise que Shadow Dancer a raflé le prix du jury ainsi que le prix du public. III Manors de Ben Drew, alias plan B, a quant à lui reçu le prix de l’image décerné par le partenaire officiel du festival, Technicolor. Tout comme Shadow Dancer, il a eu a chance de repartir à la maison avec non pas un mais deux prix puisqu’il a également reçu le prix « coup de cœur ».

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Papadopoulos and Sons : Les Fish and Chips au pays des bisounours

On termine la journée par l’avant première de Papadopoulos & Sons, l’histoire d’un père de famille milliardaire qui, à la suite d’un krach boursier, se voit obligé de vendre ses biens et de reprendre un vieux restaurant à l’abandon avec son frère. Autant dire qu’on n’a pas retenu grand chose. Tous les clichés sont là, les dialogues sonnent creux et on s’ennuie très vite. La piètre prestation des acteurs et la bande originale sur fond de musique traditionnelle grecque n’arrangent rien. La fin pleine de bons sentiments nous fait regretter amèrement la perte d’1h45 de notre temps un samedi soir.

Note Report Ouest : 1/10

À lire aussi : Festival du film britannique, jour 2 

Florent Bodenez

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