Festival photoreporter – Une première édition convaincante

Pour sa première édition, le festival international Photoreporter de Saint-Brieuc (22) est un succès. Jusqu’à dimanche, les expositions occupent huit lieux différents de l’agglomération briochine. La gratuité de l’évènement aura sûrement joué en sa faveur : plus de 2000 visiteurs par jour depuis le 19 octobre, selon l’organisation. Quinze photographes sont intervenus, rapportant en images un voyage, une histoire, entre Afghanistan, Inde, États-Unis et… Bretagne. Retour sur l’un des lieux les plus étonnants du festival.

Entrée dans La Maison du Festival…

L’objectif des photographes de cet événement est simple : retranscrire le monde, son mouvement et ses excès. Des « défricheurs d’inédits » résume bien Libération.
À La Maison du Festival, l’un des 8 lieux d’exposition, le photo-reportage passe de l’instabilité sociologique à la stabilité des paysages bretons. Deux Belges et deux Américains abordent des sujets très divers, du plus grave au contemplatif. Ce contraste n’est pas sans interpeller ceux qui sont venus, par hasard ou par intérêt, décrypter le message des photographies exposées.

De la Belgique au Cachemire

« Watching the second hand of a clock », reportage d’Amy Vitale sur les religions au Cachemire.

« C’est magique » lance un jeune homme pour lui-même, s’arrêtant pour observer attentivement les photographies sur la société belge. Silencieusement, le public se promène à travers les photos en noir et blanc de Cédric Gerbelaye. Le photographe tient à montrer une « Belgique des visages, des gueules, des rites plus ou moins locaux, des petits moments » dans son approche sensible aux deux cultures, l’une latine et l’autre germanique. Il s’attarde à déchiffrer une sorte de « misère sociologique », « destructrice », qui perdure depuis presque 200 ans, depuis la séparation de deux peuples d’une même Nation. Selon lui, la Belgique « n’est pas aussi monolithique que l’on veut nous le faire entendre. »

Les promeneurs traversent une seconde salle, bien différente de celle qu’ils viennent de quitter. Au bord du conflit géopolitique, le Cachemire ne voit pas le bout de la guerre entre l’Inde et le Pakistan, qui s’affrontent pour s’approprier ce petit bout de terre. L’américaine Ami Vitale nous révèle, au sein d’images colorées et lumineuses, un reportage sur les religions, le statut de la femme, et au final sur la tolérance qui règne toujours au sein de cette population.

De l’Inde à la Bretagne

 « L’Inde et le mur de la honte » titre le belge Gaël Turine dans son photo reportage. Le photographe est allé constater les ravages causés par le mur, qui sépare le Bangladesh et l’Est de l’Inde. La pauvreté, la maladie, le handicap, la torture, l’insécurité des bidonvilles, rien ne nous est épargné pour nous mettre devant une réalité, qui reste inconcevable en Occident.

L’enchaînement avec la Bretagne stupéfait la salle. « On passe des épices à la galette » plaisante Jean-Michel, habitant de Guingamp. Il est vrai que l’ambiance s’adoucit tout à coup, lorsque les passants se heurtent à un nouveau thème : leur propre région mise en lumière par un photographe américain. Jim Brandenburg s’est intéressé à ce qu’il nomme « la côte ouest française ». Il a commencé son travail en 2009, pour finalement s’exiler à Saint-Malo pendant un an, de 2010 à 2011.

Saint-Malo, vue du ciel. Photo : Jim Brandenburg

« Ici, l’homme et la nature respectent un pacte immémorial, une harmonie rare, impossible ailleurs » confie-t-il. Il va jusqu’à dire que les rochers bretons ont une « âme sauvage» et un « souffle d’existence ». Avec des photos d’une beauté à en couper le souffle, on ne peut que le croire. Et on se sent -vaguement- soulagé de finir cette exposition par quelque chose de tendre et rassurant.

Romane Frachon

Etudiante en journalisme. Aime ce qui touche à la culture, l'international et l'écologie. Et le tout mélangé.

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