Le jury du Film court a les cartes en main

Ils sont cinq. Entre leurs mains, le pouvoir de récompenser les meilleurs courts-métrages de la 27e édition du Festival européen du film court. Présentation du jury officiel, d’horizons variés et de corps de métiers très différents.

Évidemment, le Festival du film court brestois c’est d’abord du plaisir. Plaisir pour les spectateurs, qui voyagent à travers l’Europe, plaisir des réalisateurs venus présenter leurs bébés filmiques. Mais c’est aussi une compèt’, il ne faut pas l’oublier !

Dans la compétition européenne, 41 films, de 6 à 30 minutes, sont à départager. La lourde tâche des cinq jurés.

Le jury du 27e Festival européen du film court

Nabiha Akkari, actrice et chanteuse française. La touche féminine du jury. En ce moment, on peut la voir dans le dernier film de Géraldine Nakache, Nous York. Elle est particulièrement attentive au jeu des acteurs.

Simon Ellis, réalisateur britannique. Ses films font le tour du monde, résultat : une cinquantaine de prix à son actif. Il a été couronné du prix d’interprétation l’an dernier à Brest.

Kris, scénariste de B.D. Un gars « d’Brest même ». Il a aussi réalisé des courts-métrages au début des années 2000. Ses B.D prennent souvent une couleur historique, à l’image d’Un homme est mort, couronnée de succès.

Mihai Mitrica, producteur et programmateur roumain. Il a créé le festival roumain Anim’Est, dont il présente un aperçu hors compétition cette année à Brest.

Ludovic Henry, producteur français. Créateur de Les films au long cours, co-président du Regroupement des organisations du court-métrage (Roc). 45 films produits, de nombreuses récompenses à Cannes, Clermont ou Brest.

Le Club des cinq : Kris, Ludovic Henry, Simon Ellis, Nabiha Akkari et Mihai Mitrica.

« On va se fighter ! » Nabiha Akkari plaisante, mais on imagine la difficulté pour les cinq jurés, certes professionnels du cinéma mais tout de même, de faire le tri parmi les 41 films en compétition ! « C’est un consensus, nous rassure Ludovic Henry, on est cinq, on a chacun une voix. On débat à la fin des projections.« 

Grand prix, prix du premier film, prix de la révélation… Le plus dur, pour Kris, sera de définir à qui remettre telle ou telle récompense. Le Brestois est surpris : lui qui s’attendait à être séduit par les productions nordiques, ce sont les films francophones qui lui ont tapé dans l’œil. « J’attends les anglais, et surtout un film russe, complètement barré !« 

Une salle très vivante

Lorsque nous les rencontrons, les membres du jury en sont à la moitié de leur road-trip européen. Quatre séries de films visionnées, sur huit. Le prestige du statut ne les autorise pas à avoir leurs séances privées… C’est au milieu des spectateurs qu’ils assistent aux compétitions.

Les réactions de la salle influencent-elles leurs avis ? « On ne peut pas être insensibles, bien sûr. Mais le rôle d’un jury est justement d’être indépendant » indique Ludovic Henry. Pour Kris, « les réactions d’une salle sont toujours un bon sondage. »

Nabiha Akkari est très à l’écoute des commentaires du public après chaque film. Lorsque les lumières se rallument, que ça chuchote, à droite, à gauche. « C’est intéressant car parfois je n’ai pas la même conclusion que le public. Ça peut ouvrir la réflexion, pas forcément l’influencer, ou peut-être inconsciemment.« 

Le jury officiel a neuf récompenses à décerner, samedi, à 20h30. Une volonté : que les lauréats soient là pour recevoir leur prix.

Célia Caradec

Présidente de So Ouest 2010-2011

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