Pape Fall : « J’ai tout le temps pour devenir sélectionneur »

Demain se tiendra à Johannesburg (Afrique du Sud) la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. L’occasion pour Pape Fall, l’entraîneur-adjoint sénégalais du Stade Malherbe, d’évoquer cette épreuve qui lui tient à cœur. Il revient aussi sur son refus de prendre en main la sélection du Sénégal l’été dernier.

Pape, la Coupe d’Afrique des Nations a une saveur particulière pour toi…

Il faut les vivre ces moment là ! C’est une telle fierté pour la famille, le peuple et le quartier où tu grandis… Si bon parcours il y a, l’accueil au pays n’est même pas comparable à celle d’un président ! Chacun défend plus qu’un maillot : un pays, une culture, des coutumes. L’ambiance y est particulière, très colorée. C’est un spectacle très sonorisé, une grande fête. Le temps d’une compétition, on arrive à donner du baume au cœur à tout un continent, on contribue à baisser les tensions, réconcilier des pays dans un contexte parfois difficile.

Justement, n’est-il pas difficile pour des joueurs dont le pays est en guerre, comme le Mali ces derniers temps, de se concentrer sur le football ?

Ce n’est pas évident, évidemment. D’autant plus quand on connaît l’importance de la famille pour un Africain. Mais la meilleure chose pour ces footballeurs est de faire le maximum pour aller le plus loin possible dans la compétition, pour offrir une trêve à la population.

Beaucoup de joueurs présents à la Can n’ont pas grandi dans le pays dont ils défendent les couleurs. Cela n’implique-t-il pas un problème de distance avec les gens qui les soutiennent ?

Je ne pense pas que cela pose un problème. Les parents parlent souvent à leurs enfants de leur culture d’origine et la plupart vont souvent « au pays » pour les vacances. C’est quelque chose d’important pour eux. Ils sont donc déjà sensibilisés à cette culture et je ne pense pas qu’ils soient éloignés de la réalité du pays dont ils défendent les couleurs.

Que penses-tu de l’évolution du football africain ?

D’un côté on remarque qu’une génération arrive en fin de cycle, incarnée par la Côte d’Ivoire ou le Ghana. Mais de l’autre, de bons jeunes arrivent avec notamment les frères Ayew ou Demba Ba qui évolue à Chelsea. Je suis optimiste, l’Afrique peut véritablement espérer une finale de Coupe du Monde dans quelques années.

Le Stade Malherbe porte un regard forcément attentif aux performances de certains joueurs…

Beaucoup de joueurs qui évoluent encore « au pays » ont bon espoir de se montrer aux yeux du monde. Ces joueurs savent d’où ils viennent, sont fort mentalement et ont faim. Ils savent qu’il faut se battre. Nous sommes évidemment à l’affût. Et si un joueur correspond à nos attentes, pourquoi pas.

Tu as refusé le poste de sélectionneur du Sénégal l’été dernier. Pourquoi ?

Le président de la fédération Augustin Senghor m’a appelé pour me proposer le poste. Ça a d’abord été une décision familiale. J’en ai aussi discuté avec le président Fortin qui m’a laissé le temps de réfléchir. Mais je ne pouvais pas laisser le Stade Malherbe dans les vapes, pas après une descente. J’ai des engagements et surtout la confiance du club. J’ai tout le temps pour devenir sélectionneur. Je veux vraiment aller au bout des choses, faire remonter Malherbe. La loyauté, c’est important dans la vie d’un homme. On serait resté en Ligue 1, peut-être que ça aurait été différent. Ce n’est que partie remise.

Pape Fall en bref

 

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