Monsieur Champin le « métalo-déchéticien »

«Bienvenue dans mon atelier ! » Christian Champin écarte les bras en désignant le vaste entrepôt qui lui sert de bureau. Derrière lui s’entassent pêle-mêle, pots d’échappements, vieille tondeuse et morceaux de carrosseries. « Faites attention où vous mettez les pieds », prévient Christian Champin. Des roulements à billes parsèment le sol. Quatre-vingt tonnes de déchets en tout genre sont entreposées ici. Un capharnaüm que le sculpteur se plaît à cultiver.

Christian Champin - Report Ouest

Christian Champin s’interroge sur les problèmes de société contemporains.
Crédits photo : Anthony Fouchard

Avec un papa carrossier, l’homme de 43 ans a toujours baigné dans cet univers particulier. Une atmosphère créative qui l’a séduit, dès le plus jeune âge. « Chez moi, il n’y avait pas la télé, alors je m’inventais mes propres dessins animés. Je construisais mes héros en pièces détachés. » Christian Champin est un homme direct, un peu bourru même.

Celui qui vilipende la société de consommation s’est inscrit très tôt dans une démarche de récupération des déchets du quotidien. « C’est une passion depuis bientôt 40 ans, mais j’en ai fait mon métier il y a une quinzaine d’années seulement. » D’abord ingénieur, dans le domaine de la robotique, le sculpteur a dérivé vers l’art, au gré de ses rencontres. « J’ai bourlingué dans pas mal de pays en voie de développement. Là-bas tout le monde redonne une seconde vie aux déchets, pas par passion, mais par nécessité. J’ai peu à peu pris conscience du potentiel des objets. »

Une dénonciation de la société de consommation

« Le trio Indignados, c’est un collectif de liquidateurs qui part à Fukushima. J’ai créé un éléphant, une girafe et un humanoïde, chargés de nettoyer les dégâts causés par la centrale » explique l’artiste. Papa de deux jeunes enfants, Christian Champin est inquiet pour l’avenir. « Je m’interroge évidemment, et c’est pour ça que je sculpte, pour que les gens se posent des questions. »

Un crochet par Royal De Luxe

Christian rejoint la compagnie Royal de Luxe en 2000, mais « ne s’y retrouve pas. Je veux dénoncer la société dans laquelle on vit. Mes sculptures font ressortir les problématiques actuelles, le réchauffement, les sans-papiers ou encore Fukushima. » Avec des œuvres de 50 cm à plus de 5 m de haut, Christian Champin est éclectique et ne se refuse rien. « Je me laisse bercer par mon imagination, tout est déjà construit dans ma tête. Après il ne me reste plus qu’a souder. » Et à redonner vie.

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Anthony Fouchard
Etudiant en journalisme à l'IUT de Lannion.

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