Tchernobyl. 27 ans après, l’ombre de la catastrophe inquiète

Plusieurs partisans du groupe Europe Ecologie Les Verts (EELV) de Dinan ont mené une action symbolique, au centre de la ville, place Duclos ce samedi. Une mobilisation qui marque l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, il y a 27 ans. Un moyen également de partager l’inquiétude liée au dossier de l’ancienne centrale de Brennilis dans le Finistère et aux risques d’accidents « oubliés » en France.

Tchernobyl. 27 ans après, l’ombre de la catastrophe inquiète

Blouses blanches, bidons rouillés et drapeaux ont averti de l’action symbolique dirigée par Europe
Ecologie Les Verts (EELV) du Pays de Dinan, au centre de la ville, place Duclos ce samedi après midi.
Une présence pour « marquer l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl » 27 ans après
l’explosion de la centrale nucléaire qui aurait provoqué la mort de 25.000 personnes malgré un bilan
très controversé. Les manifestants rappellent, sous les yeux des passants, la « relativisation » de
l’accident nucléaire de 1986. Une constatation qui s’expliquerait par un contexte socio-politique
plongé en pleine période de Guerre Froide. « On s’est rassuré après l’accident en mettant en avant
la fin de l’URSS, le mauvais entretien de la centrale et de sa faible sécurité » explique l’un des
militants. Pas convaincant pour eux.

Aujourd’hui, certains « vivent dans des clapiers à lapins »

Après le drame, « certains habitants ont été évacués vers Kiev et vivent encore aujourd’hui dans
des clapiers à lapins » indique une écologiste accompagnée d’une pancarte où l’on peut lire
« Tchernobyl tue toujours ». Une situation dénoncée par le collectif qui rappelle l’impact humain,
économique et écologique de l’explosion. On s’insurge même de la construction pour 1 milliard
d’euros d’un coffrage en béton des années après la catastrophe. La sombre histoire de Tchernobyl
sert aujourd’hui de base pour les revendications des anti-nucléaires qui pour certains se battent
depuis « plus de 50 ans » pour anéantir une énergie qu’ils considèrent comme « dangereuse ».

Brennilis, l’exemple Breton d’un « mauvais démantèlement »

A-t-on véritablement trouvé une solution pour démanteler Brennilis, ancienne centrale nucléaire
située dans le Finistère ? « Non » répond le parti EELV de Dinan. Pire encore, on assisterait à un
démantèlement hors-normes. « Le démantèlement devrait se faire en piscine, il se fait à ciel
ouvert ». L’inquiétude est vive chez les écologistes qui affirment que la centrale bretonne était
censée « être la plus facile à démanteler ». Constat difficile après de nombreuses années de travaux.
« Comment ferions-nous s’il fallait démanteler nos 58 réacteurs actuels ? » s’interroge-t-on.
Impossible « financièrement, cela couterait trop cher » répond une membre du parti politique
écologiste accompagnée de son petit-fils. Parallèlement, la destination finale des déchets extraits du
site de l’ancienne production nucléaire se pose alors que dans les années 2000, on se rappelle d’un
projet d’enfouissement des déchets dans le pays Dinan, « abandonné, déstabilisé par une forte
contestation et mobilisation ».

Un Fukushima en France ?

Des énergies vertes pour remplacer les atomes « c’est possible », mais pour Michel Forget,
conseiller Municipal de Dinan « la France tarde à prendre des décisions pour des énergies
durables. ». Pendant ce temps, l’idée d’un accident nucléaire en France hante l’esprit des écolos qui
appellent à la raison. « Regardez Fukushima, on a demandé aux gens au début de l’incident de
rester chez eux. » Des milliers de personnes coupées du monde, orphelines de « livraisons de
nourritures car les transporteurs n’acceptaient plus de livrer ». Bis répétita en France ? « Imaginez
dans la vallée du Rhône ou en région Parisienne évacuer des millions de personnes. Impossible. La
population n’est pas formée à ce risque ». Un manque de prévention et d’exercices peut être
volontaires pour les militants du sortir du nucléaire. « Former des gens à l’idée qu’il y ait un danger,
amènerait la population à refuser le nucléaire ». Les incidents constatés chaque année sur les
centrales en France sont « minimisés » selon les Verts. Et si un accident nucléaire concernait la
France ? « On ne maitrisera rien » concluent-ils.

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