Papillons de Nuit : invasion à Saint-Laurent-de-Cuves

Si les Papillons de Nuit ont su se faire une place dans le calendrier des festivals français, ce n’est pas seulement dû à leur programmation. Le cadre idéal, en pleine cambrousse normande, n’y est pas pour rien. Pour la 13e édition, deux de nos rédacteurs sont allés voir ce qu’il se passe à Saint-Laurent-de-Cuves.

Commençons par un petit problème mathématique. Prenez un village du sud de la Manche de 500 habitants. Puis multipliez la population de cette bourgade par 100. Si votre calcul est bon, vous obtiendrez la fréquentation du festival des Papillons de Nuit, situé en pleine pampa normande.

Face à une telle augmentation de visiteurs à Saint-Laurent-de-Cuves pendant trois jours, on comprend les habitants. Pour faire face à l’invasion de ces festivaliers, le village se barricade. Si la mairie sert de billetterie pour les retardataires, pas question que les envahisseurs s’approchent des habitations. Alors, dans la rue principale (la seule du village en quelque sorte), de grands grillages se dressent de chaque côté de la route.

Pas de quoi perturber les festivaliers qui traversent cette longue rue pour aller du camping au site, en passant devant le clocher de l’Église, une bière à la main. Ici se croisent aussi bien des familles avec enfants, que des jeunes dont les effluves d’alcool se sentent d’aussi loin que s’entendent leurs chansons paillardes – avec, en boucle, le classique « chantez les sardines » du grand… Patrick Sébastien.

Un week-end aux « Papillons », tout un périple

Mais avant de rejoindre cette gigantesque fiesta au milieu des champs, mieux faut s’armer d’un petit plan. Si tous les chemins mènent à Saint-Laurent-de-Cuves, il faut arriver du bon côté du village afin de trouver une bonne place sur l’un des dix parkings. Ce qui, dans notre cas, était crucial puisque nous avions eu la bonne idée de faire de notre voiture notre QG, qu’importe le manque de confort nocturne.

Pour bien baliser le chemin jusqu’à Saint-Laurent-de-Cuves, quelques groupes de gendarmes sont aussi au rendez-vous. Deux arrêts et deux éthylotests plus tard, nous voilà enfin arrivés. Dommage pour nous et notre première interview pour laquelle nous étions déjà en retard. Attendus par deux membres de 1995, Areno Jaz et Hologram Lo’, on est tout de suite dans l’ambiance.

Quelques heures plus tard, sur une des deux grandes scènes, les six jeunes rappeurs parisiens ne manquent pas de retourner un public qui n’en demandait pas tant. Entre deux groupes de vétérans, Raggasonic et Tryo, ils profitent du superbe cadre des Papillons pour ambiancer la foule. Un véritable amphithéâtre naturel se dresse ainsi devant les artistes des deux grandes scènes, côte à côte, où les groupes jouent les uns après les autres. Seul un vieil arbre décoré dépasse de cette foule, au fond sur la colline. De l’autre côté des scènes, derrière le clocher du village, on entrevoit le camping jonché de tentes de toutes les couleurs – tentes Quechua bien évidemment.

Ici c’est le drapeau normand qui est de sortie

Alors, ce que l’on retiendra des Papillons de nuit, c’est avant tout son ambiance. Des jeunes accrochés aux barrières prêts à bondir au premier riff de guitare, des déguisements en tous genres, des drapeaux normands en pagaille et des slameurs déchaînés… Pas de doute, en Normandie, on sait s’enjailler.

Côté prog, le choix avait été fait d’offrir des soirées thématiques aux festivaliers. Après des sonorités rap – reggae – ragga – funk le vendredi, c’était place au rock – pop – électro le samedi soir. Avec, d’entrée, une excellente découverte : Bow Low, des locaux à la croisée entre new wave, western, et rock garage.

Quelques bières plus tard, un bel enchaînement s’annonce : Arno Saez – Miles KaneTwo Door Cinema Club et Woodkid. Alors que le premier tente de disserter sur Michel Drucker, le deuxième, toujours aussi nonchalant, nous rejoue une tirade contre la société de consommation et fait sauter un public bien plus nombreux que la veille. Le rockeur anglais Miles Kane, venu de Liverpool, puis les quatre Nord-Irlandais de Two Door Cinema Club savent aussi comment s’y prendre: malgré la pluie naissante, les refrains sont repris en cœur.

Sur scène, les jeux de lumières battent aussi leur plein. Mais la prestation scénique la plus aboutie est à venir. Woodkid, qui vient de débuter sa première tournée, est attendu. Accompagné de plusieurs musiciens (cuivres, batteries,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.