FAUVE : « On a fait ça pour aller mieux »

Fauve s’apprête à monter sur scène dans quelques minutes. Il paraît que le concert est complet mais on attend quand même. On ne sait jamais. Report Ouest vous raconte sa rencontre avec ce groupe qui la joue collective.

On est à Saint-Brieuc, au festival Art Rock. Le soleil éclaire la façade du Petit Théâtre de la ville, au pied la foule s’amasse. « Seules les personnes munies d’un billet peuvent entrer ! ». Fauve est décidément très attendu depuis l’explosion médiatique qu’il a provoqué après son concert à L’International, à Paris, en janvier 2013. Un article dans Le Monde et tout s’enchaîne à une vitesse folle.

« Peu légitimes »

Avec une réussite aussi soudaine, Fauve pourrait perdre l’équilibre mais pas la raison. La preuve, ils se sentent « assez peu légitimes face à ce succès ». Ils en ont même peur. « C’est comme si tu gagnais au loto avec tous les côtés négatifs que ça comporte », explique l’un des membres du collectif. Alors forcément, des gens « normaux » qui montent sur scène avec une musique de qualité, ça fait bouger les foules. Bref le concert commence dans deux minutes et nous sommes toujours devant les portes de ce foutu Petit Théâtre. Il va falloir rentrer et par miracle on se retrouve projetés à l’intérieur. On grimpe les escaliers quatre par quatre. Les seules places sont sous le toit de la salle, au poulailler. Nous sommes perdus dans la pénombre à la hauteur du lustre immense qui orne le théâtre.

Dans l’arène

Fauve entre subitement dans l’arène. Les applaudissements sont sincères, les premières notes connues. Sur la scène du Petit Théâtre, leurs visages sont couverts par la lumière de la vidéo qui est projetée et contrôlée en direct. « Une question de pudeur ». Fauve préfère rester tapi dans l’ombre rassurante du succès. Pour eux, tout a commencé par des vidéos postées sur Internet. Le collectif s’enrichit de collaborations et notamment avec des vidéastes. Discrets mais pas cachés, les membres de Fauve sont proches du public. Le chanteur prend même le temps de saluer les spectateurs collés au plafond : « ça va là-haut les enfants du paradis ? ». Ils sont comme ça Fauve.  Les titres s’enchaînent avec une force incroyable, impulsés par un chanteur qui ne tient pas en place. Il utilise chaque centimètre carré de la scène.

« Vider notre sac »

Dans l’obscurité de la salle, adoucie par la lumière de la vidéo, le chanteur parle. Il parle fort, chante parfois, raconte des histoires du quotidien. « On est des gens assez banals finalement », résume l’un des musiciens du collectif. Des gens qui ne supportaient plus la froideur du quotidien et qui tentent d’y échapper par la musique. « On a fait ça pour aller mieux », avoue le chanteur. Il y a trois ans, ils se lancent dans un projet « à la Fauve ». Leur nom de groupe est en réalité un adjectif, il donne du sens à leur démarche : « on fait les choses à l’arrache mais avec beaucoup de ténacité ». Les paroles évoquent les échecs, la peur, l’ennui. Le « blizzard » comme ils aiment le répéter. Puis la lumière du Petit Théâtre se rallume progressivement. Le public est retourné, comblé. Chacun prend en pleine face le soleil qui brille à l’extérieur. Retour vers le quotidien.

Florian Delafoi
Rédacteur et secrétaire de Report Ouest 2013/2014. Vous pouvez me suivre sur Twitter ou consulter mon blog

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