Festival Yaouank : la culture bretonne en force !

Pour sa 15ème édition, Yaouank a fait fort. Ar Re Yaouank, ces musiciens mythiques des années 90, sont venus rendre hommage au festival qui s’est inspiré d’eux. Le groupe s’était dissous en 1998 après avoir joué aux Vieilles Charrues en 2011.

Ar Re Yaouank ce n’est pas n’importe qui. Composé des frères Guichen, du bassiste Stéphane De Vito, et du couple binioù/bombarde Gaël Nicol et David Pasquet, ce groupe a révolutionné la musique fest-noz dans les années 90. Comme son nom l’indique ( « Yaouank » signifie « jeune » en Breton ), le groupe a cherché à redonner le goût de la danse bretonne aux jeunes générations, lassées par la musique traditionnelle. Pari réussi puisque le groupe draine un public nombreux lors de ses concerts. Leur recette est simple, mais efficace : mélanger les instruments traditionnels ( binioù, bombarde et accordéon ) avec des rythmes rock, voir même hard rock. « On a mis l’énergie des groupes de rock, et comme on dit, la mayonnaise a pris ! », commente Stéphane De Vito, le bassiste. Ar Re Yaouank est même qualifié de AC/DC de la musique bretonne.

 Fest-noz, les origines

Pour comprendre l’influence du groupe sur la musique bretonne, il faut remonter aux origines du fest-noz. Le terme apparaît dans les années 50. Il désigne les veillées nocturnes, où toute la population se réunit pour danser et faire la fête ( jamais sans boisson ! ). C’est au départ une fête paysanne qui célèbre les battages, mais qui commence à se développer dans les villes comme Quimper. La danse est menée par des chanteurs de « Kan Ha Diskan » et des couples de sonneurs ( binioù/bombarde ).

La musique de fest-noz connait une véritable révolution dans les années 70 avec l’arrivée d’Alan Stivell, et son fameux concert à l’Olympia en 1972. « La musique bretonne se faisait un peu vieillissante, puis Alan Stivell est arrivé avec sa batterie. Après lui, des supers groupes ont commencé à voir le jour, comme les Sonerien Du, Diaouled Ar Menez ou les Bleizi-ruz… », explique Jean-Charles Guichen, le guitariste. Alan Stivell est le premier à mélanger la musique traditionnelle bretonne avec des instruments électriques et des rythmes plus proches du rock.

La vague Ar Re Yaouank

Après la vague des années 70, un retour aux instruments traditionnels s’impose dans les années 80. La jeune génération a du mal à prêter l’oreille à cette musique, préférant les rythmes du rock, hard rock et autres styles plus contemporains. C’est sans compter sur Ar Re Yaouank, cette bande de jeunes musiciens. Ils vont redonner le goût du fest-noz aux jeunes, et un caractère inter-générationnel à cette fête. Formé en 1986, le groupe enchaîne concerts et albums jusqu’en 1998. La nouveauté avec Ar Re Yaouank, c’est que le groupe « ne reprend pas des airs traditionnels, mais que ça reste dansable » toujours selon Jean-Charles Guichen. De nombreuses autres formations vont ensuite naître dans son sillage et prendre le relais en mélangeant à leur tour la musique bretonne avec des genres musicaux nouveaux, comme le hip-hop et l’électro.

« Une culture provient de ses métissages. »

Ces groupes, le festival Yaouank les porte en effigie. Startijenn l’an dernier avait fait forte impression avec ses airs de gavottes, et son chanteur de raï (technique de chant algérien). Les Ramoneurs de Menhirs, ces célèbres punks bretons sont également des habitués du festival. Cette année, place à H[e]J, qui métissent le hip-hop de Da Titcha avec des airs de danse bretonne, mais aussi Hang Ha Diskan, qui utilise le Hang, une curieuse percussion métallique, pour accompagner ses deux chanteuses de Kan Ha Diskan. Le public a également pu se régaler de Breizh Asturies Project et son association de musiciens bretons avec des chanteuses espagnoles. Fañch, membre du groupe, l’a très bien compris : « Une culture doit être partagée pour vivre. Le mouvement d’une culture provient de ses métissages. […] Il y a un foisonnement de rythmes dans la musique bretonne, ce qui lui permet une grande ouverture sur les autres musiques. »

Willy Moncoiffé

Willy Moncoiffé

Etudiant en seconde année de journalisme à l'IUT de Lannion. Trésorier de Radio TTU, chroniqueur Cinéphagie et XV TTU. Passage au Télégramme. Bon breton, amateur de Cinéma, de rugby et de sports de combat.
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