Bordeaux remporte la bataille du Roudourou face à Guingamp

La première période est à l’avantage de Bordeaux. Les visiteurs tiennent le ballon en début de rencontre, s’installent dans le camp guingampais et sollicitent la défense bretonne grâce à des mouvements collectifs conclus par des frappes de Sertic (6’) ou Faubert (9’). Le match s’équilibre mais les tentatives bretonnes restent timides. Les Bordelais sont plus tranchants à l’image de Maurice-Belay, très remuant sur son côté gauche avant la pause. Une faute sur l’ancien sochalien à 25 mètres du but breton permet à Sertic de déposer un coup-franc sur la tête d’Henrique, boxée sur sa ligne par N’dy Assembé (18’).

Ce n’est que partie remise. A la 25e minute, Sertic, l’un des meilleurs joueurs du match, lance Faubert en profondeur dans le dos de Lemaître : l’ancien pensionnaire de West Ham trompe N’dy Assembé d’une frappe croisée à ras de terre. « Un cas d’école » d’après Jocelyn Gourvennec, l’entraineur de Guingamp. Les hommes de Francis Gillot auraient rapidement pu doubler la mise mais Mariano rate le cadre à quelques mètres du but après un une-deux avec Jussiê. Les huit tirs dont cinq cadrés reflètent bien la domination aquitaine durant les 45 premières minutes de la partie.

« Une guerre de tranchées »

Toutefois, les Guingampais sont loin d’être ridicules. Après l’ouverture du score, Mathis (29’), Sankharé (32’) et Atik (39’) ont tenté de remettre les compteurs à égalité. En vain. Il faut attendre le retour des vestiaires pour assister au véritable réveil breton, déclenché suite à l’expulsion de Lucas Orban, coupable de deux fautes (sur Atik à la 50’ et sur Beauvue à la 52’) sanctionnées par deux cartons jaunes. Une expulsion qualifiée  de « sévère » par Francis Gillot, le coach bordelais à la fin de la rencontre. Le technicien girondin a cependant félicité ses joueurs pour « leur solidarité, leur sérieux et leur courage […] dans cette guerre de tranchées ».

Les joueurs bordelais ont su rester stoïques et concentrés malgré les assauts répétés des bretons jusqu’à la dernière minute du match, à l’image de Cédric Carrasso. Le portier girondin, par ailleurs ovationné par le public en début de seconde mi-temps pour son retour au Roudourou où il a joué durant la saison 2004-2005, fut très précieux dans les airs, annihilant de nombreux centres et coups de pieds arrêtés adverses. Durant cette mi-temps en mode attaque-défense, les quelques contres de Bordeaux n’ont rien donné.

Trop d’imprécisions tactiques et techniques du côté de Guingamp

« Insuffisant », « poussif », « jamais très bons dans le jeu de passes », « pas lucides », « trop moyens pour espérer mieux ». Ces termes employés par Jocelyn Gourvennec lors de la conférence de presse d’après-match sont révélateurs. Malgré sa supériorité numérique durant 40 minutes, Guingamp n’a pas su trouver la faille face à une équipe de Bordeaux regroupée en bloc. Réduits à dix, les Girondins n’ont pas hésité à changer de système (Faubert repositionné arrière gauche, Saivet remplacé par Planus à la 75’) afin de contrecarrer les offensives des Costarmoricains et d’avoir « plus de densité dans l’axe », dixit Francis Gillot. Déterminée à attaquer, l’équipe locale a eu des difficultés à vraiment construire du jeu, la faute à un milieu de terrain désorganisé après la sortie sur blessure d’Atik (54’, remplacé par Langil). Les appels, dans l’ensemble trop prévisibles, ainsi que le positionnement des attaquants guingampais, souvent hors-jeu, n’ont pas assez inquiété Cédric Carrasso et sa défense. L’absence de Mustapha Yatabaré, meilleur buteur guingampais et joueur très utile dans le domaine aérien, s’est fait ressentir. Les très nombreux corners obtenus, pris en charge par Giresse (sorti à la 65’ au profit de Fauré) puis Langil ont systématiquement été repoussés.

Des performances individuelles en dents de scie

Guingamp a tout de même eu sa chance. Seul au point de penalty, Sankharé a vu sa tête plongeante captée par Carrasso (60’). La tentative de Fauré, auteur d’une somptueuse reprise de volée à 25 mètres (77’), fut repoussée par la barre transversale. Même l’ultime tête de Lévêque (92’) passa à côté de la cage girondine. A l’issue du match, Jocelyn Gourvennec reconnaissait que ses joueurs n’avaient « pas assez joué ensemble ». Et malheureusement pour Guingamp, les fulgurances individuelles ne furent pas assez abouties et trop irrégulières dans cette rencontre. Pour ne citer qu’eux, Steven Langil eut du mal à conclure correctement ses multiples courses sur les côtés et Ladislas « Kirikou » Douniama, la nouvelle coqueluche du Roudourou, s’est trop souvent emmêlé les pinceaux dans ses dribbles ou ses passes. Intermittent et décevant, Beauvue finit par se faire expulser suite à une vilaine semelle sur N’Guemo (90’).

Avec ce revers, Guingamp est 9e du classement avec 22 points et se déplace à Valenciennes pour son prochain match. Les Girondins, 7e avec 24 unités et seulement à trois longueurs de la 4e place, jouent à domicile lors des deux journées suivantes (contre Lille puis Valenciennes). Reste à savoir si le Bordeaux de cette saison reçoit aussi bien qu’il voyage.

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