Le loser au coeur des chansons d’Expø

Ludo (guitariste et chanteur) nous a prêté sa voix aux Trans pour répondre à nos questions, il est membre du groupe Expø.

Report Ouest: Votre groupe a été créé tout récemment, en début 2012. Aujourd’hui vous êtes aux Trans et cela marche plutôt bien, comment en êtes vous venu là en moins de deux ans ?

Ludo: On a commencé par enregistrer des morceaux et non par faire des concerts. On a bossé, enregistré des morceaux, travaillé le son, une esthétique avec notre ingénieur du son Olivier. Et pendant l’été 2012, on a enregistré quatre titres puis on a créé notre page facebook.
On a ensuite continué à enregistrer l’album début 2013. On a pris drôlement de temps à l’enregistrer car on n’enregistrait pas en studio mais à droite et à gauche. On a commencé par produire notre premier concert en mars dernier. On a joué dans un petit festival et puis on a commencé à envoyer notre son à des producteurs. On a rapidement trouvé un producteur de tournée, un tourneur, on avait déjà un label qui avait signé dès le début du groupe. Les choses sont allées très vite, on a d’abord commencé par enregistrer les morceaux, à faire du son, à montrer ce qu’on faisait, et seulement ensuite on a décidé de tourner. Au mois de mai, Jean-Louis Brossard nous a vu, il nous a demandé de jouer. Et nous voilà aux Trans, c’est trop bien !

L’accès au public a donc ensuite été très différent ?

Oui car il y a beaucoup de groupes qui commencent par faire des concerts et après ils enregistrent. De notre côté on a fait l’inverse. On a commencé par créer de la matière et de l’enregistrement, puis on s’est produit sur scène.

C’est un choix de départ ou c’est spontané ?

C’est un choix car on avait envie d’un projet qui soit séché, rincé, on voulait avoir des trucs chouettes. On va prendre le temps. On ne savait pas encore comment se ferait le projet sur scène car on utilise des violoncelles, des pianos… Puisque évidemment, on n’allait pas venir avec un quatuor à corde et un pianiste, ça faisait un peu beaucoup. Donc on a décidé de rester tous les quatre et d’avoir des petites touches avec une base de guitare, batterie, et basse.

Quel sont les retours du public ?

Pour l’instant, on est très agréablement surpris. Sur toutes les dates où l’on a joué, il y a vraiment un bon retour des gens, sur l’immédiateté, sur les mélodies, ça les touche tout de suite. C’est cool.

Les retours se font par quel moyens ?

Il y a plein de gens qui viennent nous voir après les concerts. Après les concerts je file à la vente de tee-shirt et de disques, pas seulement pour essayer de leur vendre des trucs mais aussi pour discuter avec eux, pour avoir des retours, pour savoir ce que les gens ont ressenti pendant le concert. Pour nous c’est vraiment important car c’est ce qui nous permet aussi d’avancer, de voir un peu comment les gens perçoivent notre travail.

Au niveau du contenu des chansons, de qui vous inspirez vous, avez-vous des modèles ?

On a tous des influences un peu différentes dans le groupe. Mais on se rejoint sur une espèce d’esthétique un peu commune et on est assez fan du folk rock nord-américain et canadien. Les groupes comme Arcade Fire, ce sont des groupes qui nous touchent beaucoup. Mais aussi des trucs plus intimistes : du folk pur comme Bon Iver.
Et en même temps, on a tous écouté beaucoup de pop de tout horizon. De la pop anglaise, de la pop suédoise. Voilà, fan de pop !

Quelles sont vos thèmes de prédilection ? J’ai vu dans votre présentation facebook que vous aimez particulièrement le thème de l’amour tout en restant pessimiste.

En fait, je suis assez fan des films des frères Cohen. J’aime bien les histoires de losers en fait. Et je trouve que les losers sont beaucoup plus attendrissants que les winners. J’aime bien parler de ça, d’histoires qui vont bien et de les faire foirer à un moment donné. Ill y a un coté joyeux-pessimiste et pessimiste-joyeux.

Qu’entendez vous par le terme de pessimiste ? Est-ce lorsque l’on attend dès le départ un résultat mauvais ou lorsque l’on espère un résultat bon qui n’arrive pas ?

En fait il y a un peu des deux. Il y a des morceaux qui sont beaucoup plus optimistes mais dans lesquels l’environnement est globalement “mal barré”. Le morceau “Dangerous” par exemple: il peut y avoir des aspects autour de nous où tout s’écroule, mais le couple s’aime, donc c’est cool. L’environnement est pessimiste mais il y a une petite lumière qui s’allume puisqu’il se passe quelque chose.
Mais ça peut aussi être l’inverse. Ça peut être “tout est cool autour de moi mais moi j’ai une vie de raté”. J’aime bien jouer toujours sur ce coté là et garder un coté sombre dans les textes parce que je n’ai pas envie de faire une pop avec des paroles dans le genre “tout est beau, tout est rose, tout est chouette” parce que ce n’est pas notre vision de la vie. J’aime bien le côté loser touchant.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *