Groupe Fat Supper: « N’oubliez pas de manger énormément, c’est important »

Léo, chanteur-guitariste, membre du groupe Fat Supper, a accepté de répondre aux questions de Report Ouest. C’est parti !

Report Ouest: J’aimerais bien commencer par la description que vous faites de votre groupe sur votre page facebook : “groupe de rock hyper calorique, saturé de bonnes vibrations, de chaleurs heureuses et d’une volonté de permission maximale.” Du coup, qu’est ce qui vous différencie des autres groupes, quelle est votre particularité ?

Léo: Ben écoute, je ne sais pas. Peut être le fait qu’on aime manger énormément, contrairement à tous les autres groupes qui ne bouffent rien, ils sont tous végétariens. Ils soûlent avec ça. (rire)
Il y a certainement une liberté dans notre style. On dit toujours rock au sens large parce qu’on s’attache pas vraiment à un seul style. On n’a pas trop envie d’avoir des codes à suivre. Bon, on l’a fait pendant 7 ou 8 ans avec le projet précédent, qui était un projet plutôt folk. On a beaucoup manipulé les codes de la folk pendant trois albums, pendant 7 ans.

Vous avez combien d’albums en tout ?

Il y a eu trois albums avec le projet précédent qui s’appelait Leo88man et quand on a changé de noms de groupe on a voulu changer de style, changer de nom de groupe, Fat Supper, pour faire du rock. C’était aussi pour sortir d’un chemin un peu tout tracé. C’est peut être ça qui nous différencie un peu. On n’est pas un groupe de “math rock” (sous catégorie du rock, ndlr), on n’est pas un groupe de “rock noise”, on n’est pas un groupe de “psyché rock” non plus: sur scène on varie beaucoup. C’est vrai que c’est parfois un foutoir de styles. On passe de l’un à l’autre, on a tous des influences très différentes.

Cela varie t-il au sein du groupe ?

On est quatre membres dans Fat Super. Il y a une double batteries, une guitare baryton, un clavier, une guitare électrique et une basse électrique. Donc ça fait pas mal d’outils et c’est aussi grâce à ça qu’on peut nourrir un peu notre envie de faire tous les styles et de faire pas mal de choses. Sans en faire un exercice de style. C’est juste qu’on s’ennuie vite au bout de cinq minutes alors on passe à autre chose (rire). On aime bien mettre des pièges.

Mettre des “pièges”, c’est à dire?

C’est à dire dans les compositions. Une fois avoir eu du bon groove, du rock sympa, dansant, un peu fun, tout d’un coup on aime bien casser le truc et passer sur une rythmique qui n’a rien à voir pendant un couplet, puis revenir. Il y a un peu de second degrés dans la façon de composer les morceaux, c’est quelque chose de très libre. Un peu à la Pavement dans les années 90. Je retrouve aussi cela dans Tom Waits. J’ai toujours aimé les artistes et les groupes en général qui étaient assez versatiles. J’aime aussi les groupes qui font bien leur job et qui respectent un seul style, mais nous on ne le fait pas.

Vous avez des sujets de prédilections fréquents ?

Non, on n’en a pas vraiment. On a une espèce de formule qui est un peu redondante. C’est dans la façon dont on part d’une petite compo démo et la façon dont on va arriver à quelque chose de concret qu’on va vouloir enregistrer ou présenter sur scène. En général c’est toujours la même chose, moi j’arrive avec le texte, la chanson, un accompagnement. Pierre, le batteur, met souvent et très rapidement une base rythmique qui assoit un peu le morceau, et à partir de là André et Yoan ont plus un rôle d’arrangeur. C’est-à-dire qu’eux, ils vont arriver avec la double batterie, avec la basse, la guitare, les barytons, les claviers etc… Et ils arrangent la base. C’est un peu toujours la même formule. Dans ce processus, on passe par beaucoup de blagues, on s’amuse beaucoup et on s’arrête quand ça nous plaît. On dit “ah là attention, on a trouvé un truc qui est cool, du coup on le fait tourner un peu”.

Le texte est écrit avant ou après ?

Le texte est souvent rédigé avant parce que j’écris beaucoup, j’ai beaucoup de déchets aussi dans mes textes. Et je reprends. J’aime bien aussi reprendre des dialogues de film, partir de là et les ajuster avec d’autres prises dans un bouquin. C’est ce que faisait la Beat génération. J’ai pas mal suivi ça quand j’étais ado, j’aimais bien cette littérature, et aussi la scène musicale qui correspondait à la beat génération. Donc je me suis vite approprié les méthodes d’écriture. J’ai toujours fait un peu ça, j’écris énormément les textes à partir de films, je suis un grand fan de cinéma. Moins de littérature, je suis pas un gros lecteur mais je lis quand même certains trucs.
J’aime beaucoup la photographie aussi. C’est pas forcément un truc qui est évident à placer en interview (rire) ! Mais je m’inspire beaucoup de photos et d’art contemporain. Je suis assez sensible à cela. Il y a des choses qui me parlent énormément, il y a les photographes américains des années 1960. J’aime beaucoup Diane Arbus, Walker Evans aussi qui a bossé avec James Agee, un auteur que j’aime beaucoup, il a co-écrit le scénario de La nuit du chasseur.

Il y a pas mal de ponts à faire. Je trouve que la musique évoque bien des images pour nous.

 

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