[INFOGRAPHIE] Le cinéma français en (pleine) forme

Les bilans de l’année 2013 déferlent dans les médias. A l’éternelle question : “Quel film arrive en tête du box-office français ?”, les différents classements magnifient le dernier des studios d’animations de Walt Disney. Quatre millions et demi de personnes sont allés voir, dans les salles françaises, La Reine des neiges. Mais, il faut le dire, c’est peu.

Laissons les classements du box-office français 2013 de côté et autorisons-nous un voyage à travers les 200 plus grands succès cinématographique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1945 sort dans les salles françaises « Le Dictateur », chef d’oeuvre de Charlie Chaplin critiquant ouvertement le régime nazi. Il attire alors huit millions de personnes. Soit le double de la Reine des neige en 2013.

Ce détour à travers les 200 plus grands succès depuis 1945 permet de comprendre quelques évolutions du cinéma français. Cette année, la tête du classement du box-office français est monopolisée par plusieurs films étrangers, pour ne pas dire américains. Après La Reine des neiges, Moi Moche et Méchant 2, Iron Man et Django Unchained, il faut descendre jusqu’à la septième place pour trouver la première production made in France. Les Profs, réalisé par Pierre-François Martin-Laval, a attiré près de quatre millions de spectateurs.

Suprématie américaine ou française ?

Notre voyage historique va curieusement contraster l’adage collectif de la toute puissance culturelle américaine. Dans les 200 plus gros succès depuis 1945, en terme d’entrées dans les salles françaises, 91 sont des productions nationales contre 82 américaines. Viennent ensuite les productions britanniques, au nombre de 15.

Ainsi, sur la longue période 1945-2011, les films français détrônent en moyenne les films américains. La totalité des productions nationales étudiées ont attiré 677 millions de spectateurs contre 654 millions pour les productions américaines. Ne nous réjouissons pas. On peut s’inquiéter de voir la production américaine talonner la production française malgré les nombreuses aides accordées par le CNC.

Retour en force des blockbusters américains

Si, sur l’ensemble des films étudiés, la production française se positionne devant la production américaine, cela pourrait être de moins en moins le cas. Toujours à partir des mêmes données, il est remarqué que, depuis la décennie 1990, les Français semblent préférer les films américains. Il faut dire que pour beaucoup d’industries culturelles outre-Atlantique, même si un soupçon artistique est parfois visible, la logique économique prévaut.

La décennie 1990 a ainsi vu fleurir Titanic, Le Roi Lion ou encore Tarzan alors que les Français ont réalisé Le Dîner de cons, Astérix et Obélix contre César ou encore Les Visiteurs 2. Dans la décennie 2000, malgré des grosses productions hexagonales comme Bienvenue chez les Ch’tis, Astérix et Obélix mission Cléopâtre ou encore Taxi 2 et les Bronzés 3, les films américains, en terme d’entrées, passent devant avec Avatar, les deux premiers opus d’Harry Potter et Le Monde de Némo.

Quid de la décennie 2010 ?

Ces chiffres sont parcellaires et ne permettent pas de dégager de grandes tendances. Prenant en compte uniquement les 200 plus gros succès au cinéma depuis 1945, ils permettent néanmoins de faire ressortir la suprématie inchangée des films nationaux et américains. Mise à part quelques productions britanniques, espagnoles, allemandes ou suisses, le tableau semble bi-polaire. Ce qui est sûr, après une décennie 2000 courronée de succès, tant pour les productions françaises qu’américaines, celle qui s’amorce semble quantitativement fébrile. Si l’on écarte Intouchables, succès incontournable avec ses 16 millions et demi d’entrées en France, le seul film s’immisçant dans le classement de cette décennie est Rien à Déclarer (cinquantième place avec huit millions d’entrées). Que promettent les blockbusters de l’année 2014 ? La question est ouverte.

Awenig Marié

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