[DÉCRYPTAGE] Le cinéma français dépendant du protectionnisme

Le succès de La Vie d’Adèle est un exemple de résultat de ces aides. Sans cet accompagnement d’après le critique de cinéma Jean-Michel Frodon, il est possible qu’il aurait été difficile pour son réalisateur de produire ce film ambitieux dans le mesure où il sortait d’un échec commerciale avec la Vénus Noire.

Une fiscalité propre au cinéma – ou niches fiscales

De nombreux dispositifs existent pour faciliter l’investissement du cinéma français.

Le 7ème art bénéficie de réductions d’impôts particulières. Par exemple, un taux de TVA réduit à 7 % pour les tickets de cinéma. Et même depuis le premier janvier, ce taux a baissé à 5,5 %.

Il existe aussi les capitaux des sociétés de financement du cinéma et de l’audiovisuel (Sofica). Ils permettent, avec 80 % des sommes recueillies étant affectées à des films d’initiative française, de déduire de ses impôts son investissement dans un film.

Une loi de finance du 30 décembre 2003 met en place un crédit d’impôt au bénéfice des producteurs délégués. Ce crédit concerne les dépenses effectuées en France pour la production de film soutenu par la production de films de long métrage. Ce crédit d’impôt permet une nouvelle baisse d’impôt.

Enfin, il s’ajoute deux autres niches fiscales. L’une concerne les producteurs de cinéma possédant un régime spécial pour leurs amortissements dans le calcul de l’impôt sur les bénéfices. L’autre concerne une déduction de la taxe professionnelle.

Un succès à l’étranger pour un échec national

La France est en 2012 le pays de l’UE ayant vendu le plus grand nombre de billets de cinéma (203,4 millions) d’après l’Observatoire Européen de l’Audiovisuel (OEA); et ce, malgré une fréquentation nationale en baisse de 6,3 % par rapport à 2011. La recette brute totale atteint cette même année un record avec la somme de 6,47 milliards d’euros. Record permis notamment par la hausse du prix du billet avec la sortie de la 3D. Notons en passant que Intouchable est devenu la production de langue non anglaise à avoir connu « le plus grand succès de tous les temps sur le marché international » toujours selon l’OEA (18,5 millions d’entrée dans les pays de l’UE hors France).

De bons résultats globaux donc, mais qui n’empêchent pas de rappeler que les films ne sont malgré tout pas rentables. Selon l’OEA, parmi les 619 films d’initiative française sortis en salle entre 2004 et 2007, seul 13,9% génèrent du bénéfice avec les recettes en salle. Et ce pourcentage monte à 54,8% en comptant le marché de la vidéo physique comme le DVD.

En 2013, seul un film sur dix a été rentable (18 au total) selon une enquête menée par BFM Business. Le cinéma français demeure donc extrêmement dépendant des autres types d’exploitations que le seul spectateur de salle et de l’aide publique. Mais ces aides amplifient aussi bien les résultats que les budgets pour l’État très coûteux.

Yonathan Van Der Voort

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