[FLOP] Les petits détestés

“L’Écume des Jours” de Michel Gondry, par exemple, n’a pas su séduire son public. Pourtant, tout y était : un bon casting, un réalisateur de talent, l’adaptation d’un des plus grands classiques de la littérature contemporaine. Mais la mayonnaise ne prend pas. On peut reprocher à Michel Gondry de s’être attaqué à plus grand que lui, d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre. Comment transmettre et traduire l’univers fantastique et absurde de Boris Vian sur une pellicule cinématographique ? Comment satisfaire un public qui attend ce film depuis des années déjà ? Le réalisateur a voulu faire trop et nous offre alors un film désordonné, provoquant presque le tournis. Mêlant stop-motion, caméra épaule, caméra libre, poésie et modernité, le film manque cruellement de cohérence et de rythme. Le fond se perd dans une valorisation inutile de la forme. De plus, même si Audrey Tautou et Romain Duris sont des acteurs réputés pour leur talent et leur charisme, ils ne semblent pas donner le meilleur d’eux-mêmes dans cette production. En amoureux maudits, ils peinent à convaincre. Heureusement, les seconds rôles, tenus par Omar Sy ou encore Gad Elmaleh apportent une plus-value indispensable dans ce long-métrage décevant et bancal. Pour moi, “L’Ecume des jours” est donc LA déception française de cette année, malgré son projet prometteur.

La déception américaine

Mais le cinéma français n’est pas le seul dans ce cas. Le cinéma américain a connu également des soucis d’audience avec ses grosses productions, comme “Lone Ranger” ou encore les films pour adolescents (plutôt populaires d’ordinaire) comme “Les Âmes Vagabondes” ou “Sublimes Créatures”. Mais le plus gros flop de l’année reste “Le Cinquième Pouvoir”, un film très attendu ici, dans le département information et communication de Lannion. Ce long métrage raconte l’histoire mythique de l’invention de « WikiLeaks », un wiki diffusant des informations secrètes des gouvernements et ayant fait scandale dans les années 2000. Le film, au casting de rêve, devait normalement remplir les salles. Alors, pourquoi un tel échec ? Le manque de promotion pourrait être un facteur, étant donné que le film est resté assez discret et peu diffusé en France. Mais là n’est pas le plus gros problème. Le gros défaut de cette production tient en un nom : Bill Condon. Ce réalisateur, connu essentiellement pour “Twilight”, nous livre un film décevant, loin d’être à la hauteur de l’histoire d’origine et des acteurs qui l’interprètent. Avec ses effets de style inutiles imitant des codages de hackers toutes les deux scènes, ses nombreuses prises de vues en hélicoptère donnant un faux-air de film d’action à petit budget, le film perd de sa saveur. Notons aussi ses dialogues parfois incompréhensibles et son manque d’originalité.

“Le Cinquième Pouvoir” déçoit. Pour Lou, 18 ans : “Le film est long, et loin d’être à la hauteur de mes espérances. Je m’attendais à beaucoup mieux, surtout avec une histoire originale aussi intéressante.”

Benedict Cumberbatch, le brillant interprète de “Sherlock” dans la série britannique éponyme n’arrive même pas à remonter le niveau dans son rôle pré-conçu et pré-mâché de Julian Assange, le créateur de WikiLeaks, personnage principal du film. Son acolyte, Daniel Brhül, connu pour son rôle dans “Good Bye Lenine” ou encore “Inglourious Basterds”, est logé à la même enseigne, puisque son personnage reste dans l’ombre. Tous les personnages sont abordés en surface et débordent de clichés.

Entre ses personnages décevants et sa réalisation presque inexistante, “Le Cinquième Pouvoir” est pour moi la plus grosse désillusion 2013 en ce qui concerne le cinéma américain.

Louise Caillebotte

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