[TOP] Les petits préférés

Joséphine Van Glabeke

1# – Django Unchained

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Comment expliquer le sourire béat scotché sur mon visage lors des premiers secondes du film. Un rythme de coup de fouet résonne dans toute la salle ce 16 janvier 2013, sous un air de “Djangooooo”. Oui, Tarantino a encore frappé (ou plutôt fouetté). Le réalisateur de Kill Bill, passionné d’art martiaux et de Western spaghetti revient à l’écran pour sa dernière pépite Django Unchained. Son huitième long-métrage traite de l’esclavage en période de guerre de Sécession, à travers ce western des temps modernes où Jamie Foxx passe d’esclave à Lucky Luke. Si le film est aussi bon, c’est aussi grâce à son casting de rêve: Jami Foxx, Leonardo Dicaprio, son chouchou du moment Chistopher Walz et l’incontournable Samuel L. Jackson. Une très belle oeuvre sanglante qui marque le début de l’année 2013.

2# – The Place Beyond the Pines

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Et non, ce n’est pas parce qu’il y a Ryan Gosling en acteur principal. Trois histoires, deux générations, le même décor, la même vision d’une Amérique pauvre et violente. Dereck Cianfrance décide de découper son film en trois parties où chacune se concentre sur un des personnages et le suit au cours d’un instant de sa vie. La première met en scène Luke (Ryan Gosling), un cascadeur à moto sans âme, sans émotion, qui découvre que la femme avec qui il a eu une aventure, vient de donner naissance à son fils. Il risquera sa vie et celle de son entourage pour subvenir aux besoins de son enfant. Dans l’acte suivant, la caméra va suivre Avery (Bradley Cooper), un policier ambitieux, et traqueur du bandit Luke. Ce récit abandonne très vite son personnage principal pour se consacrer à celui d’un flic, et père lui aussi, qui ne pense qu’à grimper rapidement dans sa hiérarchie rongée par la corruption. Puis le réalisateur joue à nouveau le temps et nous entraîne quinze ans plus tard, vers le portrait du fils de Luke et celui de Avery dans un face à face poignant. L’ambiance sombre et lente du film pourrait rappeler celle de « Drive » de Nicolas Winding Refn, mais l’ambition est toute autre. Avec les ruptures narratives, le risque d’abandon des personnages n’est pas ressenti. Au contraire, ce défi est réussi haut la main.

3# – Le Loup de Wall Street

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Le film parfait pour clore l’année 2013. Qui aurait pu croire qu’il était possible d’admirer pendant trois heures les bêtises et aventures d’un croupier ambitieux qui se prend pour le roi du monde ? Le dernier fil de Martin Scorsese met en scène les fous de Wall Street, des rois de la finance, pour qui un billet de 20 $ ne représente qu’un bout de papier toilette. Dès la première scène, on voit le merveilleux Leonardo Dicaprio, simple croupier débutant devenu en peu de temps l’un des hommes les plus puissants de New York, se faire un rail de coke dans l’anus d’une prostituée. La couleur est annoncée. S’adressant directement au public face caméra, John Belfort, arnaqueur et voleur, en devient presque attachant. Le film est jeune, dynamique. On ne s’ennuie pas une seconde, et on ne voit pas le temps passer (le film dure quand même trois heures). Les scènes les plus comiques du film, sont celles où l’on voit les deux hommes les plus puissants de la sphère financière sous l’emprise de la drogue, à quatre pattes à terre, bavant sur le sol, incapable de contrôler leurs corps.

4# – La Vie d’Adèle

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Ce film n’a rien à prouver. C’est une oeuvre réussie. Un film poignant et très réaliste, d’un amour fantasmé entre deux jeunes adolescentes (Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux). En utilisant que le gros plan, le hors champ n’existe pas, il n’apparaît pas. Le réalisateur ne veut voir et faire voir que les deux filles, et leur amour. On pourrait presque toucher leur peau et leurs courbes, on fait presque partie d’elles. C’est en cela que le film est beau, prenant, sensuel. Le public se sent concerné par leur histoire. Il assiste aux débats sexuels, aux engueulades violentes du couple.

Après la réussite de “L’esquive”, qui a servit de tremplin pour Sarah Forestier, “La vie d’Adèle”, s’inspirant de la BD “ Le bleu est une couleur chaude” révèle le talent formidable de la jeune Adèle Exarchopoulos. Ce long-métrage nous fait passer du rire aux larmes, de la révolte à la joie de vivre. La morve dégoulinante d’Adèle lorsqu’elle pleure ne nous dégoûte pas, on aimerait plutôt réconforter la jeune ado, et la prendre dans nos bras.

5# – Spring Breakers

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Je le cite en dernier mais je le cite quand même. Les images éblouissantes de Korine sur la jeunesse trash américaine ont marqué le cinéma de 2013. Et même si on dirait que le film est sponsorisé par Disney Chanel, Korine filme cette débauche de formes et de couleurs vives avec une belle énergie. La jeunesse se lâche, elle se fout de tout. Et l’arrivée de James Franco, en bandit rappeur s’apparentant à Sean Paul et qui sait chanter du Britney Spears, redynamise l’histoire. Tout ce qui pourrait paraître ridicule devient beau. Même la chanson de Britney ! Les couleurs du coucher de soleil sur les plages de Floride et des maillots flashy des quatre actrices principales apportent une touche de beauté supplémentaire qui poétise presque le drame de l’histoire. Korine a bien écouté les conseils de son pote Larry Clark.

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