[PORTRAIT] Xavier Dolan le jeune prodige

Avec un prix César du meilleur film étranger pour chacun de ses long-métrages, un vidéo-clip choc réalisé pour le groupe Indochine, ce prodige québécois est certainement le plus jeune talent du cinéma actuel. A 24 ans seulement, il signe son quatrième film “Tom à la ferme”, dont la sortie est prévue en mars prochain.

Xavier Dolan, l’histoire d’un jeune québecois efféminé, sensible, qui apporte un nouveau sens au cinéma. “J’ai tué ma mère”, son premier film auto-produit en 2009  alors qu’il n’avait que 20 ans, casse les codes cinématographiques. Des plans mal cadrés, des personnages presque hors-champs; il suggère un point de vue différent sur les objets, sur ses acteurs et sur l’histoire. A travers “J’ai tué ma mère”, une histoire comique dévoilant une relation oedipienne entre une mère et son fils (joué par Xavier Dolan), il grimpe sur le podium. Récompensé à Cannes, c’est le début de la célébrité pour le jeune metteur en scène. Face à cette carrière précoce, Dolan a toujours fuit l’industrie du cinéma, et bien qu’on lui reproche souvent sa prétention, il garde la tête sur les épaules.

“Je crois que tous mes films parlent d’un amour impossible“

Acteur, réalisateur, metteur en scène, scénariste, producteur. Dans ses films, Xavier Dolan fait tout. Ce qui rend son travail encore plus intéressant, unique, avec une véritable touche personnelle, presque intime. “Les idées arrivent vite, les scénarios s’écrivent vite”. Un an après son premier film, il enchaîne avec une nouvelle surprise. “Les amours imaginaires”, c’est l’histoire d’un trio amoureux, une conquête impossible. “Je crois que tous mes films parlent d’un amour impossible“ confie-t-il à Libération lors d’une interview.  Dans ce film, Dolan apparaît une fois de plus comme acteur principal. L’histoire, presque biographique, s’inspire des chutes amoureuses adolescentes du réalisateur. Cette période marque un pas dans sa vie; il découvre son homosexualité, rencontre son premier amour, et ses premiers chagrins. Dans “Les amours imaginaires” Dolan et l’excellente actrice Monia Chokri, dandy néobourgeois, partent à la conquête impossible de Nicolas, un David de Michel Ange des temps modernes. Celui-ci est interprété par Niels Schneider, vu aussi dans “J’ai tué ma mère”. Le charme envoûtant de Nicolas entraîne Francis (Dolan) et Marie (Monia Chokri) dans une guerre amoureuse dont l’amour prendra le dessus de leur amitié.

Ce deuxième long-métrage, rythmé par des slow motion et une bande son prédominante, est un pari réussi. Il y a un vrai travail artistique dans sa manière de filmer. Des gros plans redondants, des couleurs vives à la manière d’ Almodovar et une caméra très mobile, Dolan filme comme un artiste, presque comme s’il créait une peinture.

“Laurence Anyways”, une histoire de genres

Le Québec, terre promise du jeune québécois, est omniprésent dans le décor de ses films. Se baladant entre les rues de Montréal et la campagne canadienne, Dolan s’inspire de son propre environnement pour réaliser ses films. Tourné entièrement au Québec, son dernier film “Laurence Anyways” est encore une nouvelle peinture, un nouveau chef-d’oeuvre. Lors du festival international du film de Toronto, où il a reçu le prix du meilleur film canadien, les jurys ont déclaré que  “L’énergie cinématographique qui s’en dégage est à couper le souffle, c’est un nouveau genre d’histoire d’amour”. L’histoire raconte celle d’un couple dont la relation sera bouleversée lorsque Laurence décidera de devenir une femme. Le sujet principal du film n’est pas la transexualité, mais le drame sentimental, qui retrace la vie de Laurence (Melvil Poupaud) en couple avec Fred (l’incroyable Suzanne Clément), qui décide de devenir femme sans vouloir changer de vie. Ce changement devient une nécessité pour lui, car il n’a jamais souhaité être homme, et s’est toujours senti féminine. Pour Xavier Dolan, “Laurence Anyways” traite de la “détérioration d’un couple, mais aussi la réponse de la société à un choix personnel, identitaire” selon ses propres termes à Libération lors d’une interview. Le réalisateur se veut défenseur de cause, de la marginalité. Avec toujours une bande son entraînante et des plans presque dessinés, “Laurence Anyways” est son troisième film, et son troisième trophée. Mais aussi le seul film où il n’apparaît pas. Une “frustration horrible” pour l’acteur-réalisateur, qui avoue ne plus vouloir tourner “à nouveau un film sans y jouer”.

Et bientôt Tom à la ferme

De retour sur les écrans en mars prochain avec “Tom à la ferme”, Xavier Dolan revient en premier plan, les cheveux teints en blonds, dont un extrait est déjà disponible. On attend tous avec impatience ce dernier long-métrage, adapté de la pièce du dramaturge Michel Marc Bouchat. Et on espère qu’il nous surprendra avec autant de beauté et d’émotions que les précédents. A peine celui-ci sorti, Dolan tourne déjà “Mommy”, son prochain film. Véritable accro au cinéma, Dolan ne s’arrête plus…

Joséphine Van Glabeke

Joséphine Van Glabeke

Journaliste en formation à l'IUT de Lannion. Très curieuse, je m'intéresse à tout, mais j'ai un petit faible pour le monde du cinéma, de la musique et de la culture en générale.

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