[MORALE] « L’homme est quelque chose qui doit être surmonté »

« L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ? » demandait le philosophe allemand Nietzsche. Dans notre contexte : avoir recours au dopage ou s’y refuser, pour raison éthique ?

Selon Nietzsche, l’Homme ne devient pas automatiquement meilleur au fur à mesure du passage du temps, mais il peut se faire meilleur s’il le choisit. Choisir de se surpasser pour se rapprocher d’une idée de « surhomme ». Se surpasser ? Voici un terme proche des valeurs sportives dont le dopage est gage de succès. Ce surhomme, dépassera répétition quotidienne pour s’accomplir, et se fixe ses propres valeurs, l’esprit léger et libre. Et si ses valeurs induisaient le dopage ?

Un moyen d’atteindre la perfection sportive : se doper.

Il est tentant d’observer les personnes accomplissant des prouesses extraordinaires – les athlètes olympiques par exemple – et de conclure qu’ils ont dû naître avec un don unique. Toutefois, selon sa règle des 10 000 heures, le psychologue Ericsson explique que chaque individu peut atteindre l’optimal de la capacité du corps humain en s’entraînant un minimum de 10 000 heures sur une période d’au moins 10 ans (environ trois heures par jour). Un chiffre pas si important que ça, qui a sans doute été atteint, enfance compris, par la plupart des professionnels, et tous les grands sportifs (ou artistes), avant qu’ils ne deviennent « des champions ».

Mais ces athlètes de haut niveau sont nombreux. Le dopage est donc un moyen de faire la différence face aux concurrents. Cette différence se fait notamment sur deux points.

Sur le plan physique d’abord. Car les produits fournissent une meilleur capacité brute du corps, au niveau musculaire par exemple. Ensuite, sur le plan psychologique. Par le biais de l’idée de « psychologie positive » de Martin Seligman. Lorsqu’un sportif se se dope, il sait avoir un avantage et cet avantage est décuplé car il le pousse à positiver ses forces, à être optimiste. « Prenez les choses du bon coté : ce qui ne tue pas vous rend plus fort ».

Ou un moyen d’échouer

Alors au contraire, comment un sportif non dopé se sent-il lorsque ses adversaires font la différence en se dopant ? Sans doute mal tout simplement. Non seulement car il ne dispose pas d’un bonus physique, mais aussi car psychologiquement, il subit la menace du stéréotype (Elliot Aronson) : si l’on craint que notre performance serve à renforcer le stéréotype que les autres peuvent avoir à notre égard du sportif honnête/perdant car non dopé, la situation a encore plus de chance de se réaliser. À cause de l’angoisse causée.

Bref, un cercle vertueux du sportif dopé, un cercle vicieux du non-dopé, et au centre le choix de gagner… ou de perdre lorsque la pratique dopante est généralisée. Un sportif doit-il choisir de se doper donc ? Deux sphères de pensée peuvent s’opposer à ce sujet.

Yonathan Van Der Voort

Étudiant en journalisme à l'école reconnue de Lannion, rédacteur pour Report Ouest.

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