[MORALE] « L’homme est quelque chose qui doit être surmonté »

Quelle utilité publique ?

Tout d’abord, la loi de l’universalité de Kant : « Agissez uniquement selon la maxime dont vous aimeriez qu’elle devienne loi universelle ». Ici, nulle question de se doper car il est difficile de concevoir une législation totale autorisant le dopage où le meilleur sportif serait donc celui ayant trouvé les meilleurs pratiques dopantes.

En face de Kant, on peut citer l’utilitarisme de Mill. C’est l’idée selon lequel une action est bonne dans la mesure où elle tend à favoriser le bonheur, pour un maximum de personnes. En effet, le dopage permettant une accentuation du spectacle sportif pour l’ensemble des spectateurs, et une inflation générale de bons résultats, il y a bonheur d’un grand nombre de personnes : du sportif gagnant et de tous les spectateurs impressionnés.

Se doper ou non, solution finale : le choix entre deux moralités.

Finalement, l’individu a le choix entre deux considérations de vie pour choisir ou non le dopage.

La psychologie humaniste de Maslow considère 5 étapes qu’une personne doit tenter de franchir au cours de sa vie : la survie, la sécurité, l’appartenance, la reconnaissance/l’estime par autrui et la réalisation de soi. Dans cette vision de l’existence, il n’y a donc pas prohibition du dopage car elle permet la reconnaissance et la réalisation de soi (atteindre l’acte sportif optimal). L’individu se dope et semble comblé car il atteint la meilleure performance sportive possible. Il recherche le résultat avant tout.

La seconde option qui décidera, là d’une non utilisation du dopage, correspond aux stades moraux de Kohlberg. Ici, il n’y a ni classification physique ni reconnaissance de l’individu mais une échelle morale et éthique. Au stade 1, le sens du bien et du mal est défini par ce qui est puni et par ce qui ne l’est pas (enfance). Au stade 2, par ce que les autres veulent et par ce qui apporte une récompense. Au 3, par ce qui plaît aux autres ou les aident. Au 4, par le respect de l’autorité. Au 5, lorsque l’on comprend que les règles normalement obligatoires sont parfois supplantées par les droits de l’individu. C’est la dernière frontière permettant le dopage.

Enfin, le stade 6, le plus élevé et atteint que par 10 % des adultes selon Kohlnerg : lorsque les actions sont déterminées par les principes éthiques définis par sa réflexion : justice, égalité, respect de la dignité humaine ; donc sans dopage.

Entre Dom Juan et Cyrano de Bergerac

La finalité se situe entre ces deux grandes idées, et ces deux personnages qui les concrétisent. D’un coté, il y a une idée de moralité – ou plutôt d’absence de moralité – à la Dom Juan, dont les conquêtes se succèdent. Sa réputation et le « luxe » personnel tire le comble de toute façon. Se doper pour un résultat « à tout prix », du genre « la fin justifie les moyens ».

De l’autre coté, il y a un Cyrano, qui préfère l’éthique personnelle, ce qui correspond au non dopage. L’Homme ne se dépasse pas par un résultat, mais par un moyen éthique en toute circonstance:  « Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! » .

Yonathan Van der Voort
Yonathan Van Der Voort

Yonathan Van Der Voort

Étudiant en journalisme à l'école reconnue de Lannion, rédacteur pour Report Ouest.

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