[ÉCLAIRAGE] Débat nourri à propos du cannabis

Est-ce que le cannabis est un produit dopant ? La question agite le milieu sportif depuis quelques années, certains plaidant un usage récréatif dénué d’intérêt sportif. Mais le problème devient majeur, quand des pays comme l’Uruguay ou les États-Unis commencent à autoriser un circuit légal du cannabis.

Parmi la liste noire des produits considérés comme dopant par l’Agence Mondiale Antidopage, le cannabis est un rude concurrent à l’EPO ou aux stéroïdes anabolisants. Naturellement, la mention de cette plante comme un produit dopant peut surprendre : «  On parle de cannabis. Ceux qui prennent du cannabis savent qu’on ne peut pas ensuite traverser un terrain avec ça. » s’était emporté Mourad Boudjellal, président du Racing Club de Toulon en 2012. Il avait tenu ces propos juste après la remise au Sénat d’un rapport de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage, concernant les sports les plus touchés par le dopage. Le rugby figurait en tête de liste. En effet, la marijuana n’a pas vraiment la réputation de décupler les performances sportives de ses usagers. Ce ne sont d’ailleurs ni les fumeurs réguliers, ni les sportifs, qui diront le contraire. Alors pourquoi est-elle considérée comme un produit dopant ?

L’avis de l’AFLD

« Cette substance [le cannabis] est interdite en compétition car elle est notamment susceptible, chez certains individus, de mobiliser fortement l’attention ; son utilisation peut donc conduire à améliorer la performance sportive, tout en entraînant des conséquences fâcheuses sur le plan sanitaire. » affirme Cyril Troussard, responsable juridique pour l’AFLD. Françoise Lasne, directrice du département des analyses de l’agence, admet tout de même que le cannabis est « un dopant indirect dans la mesure où il désinhibe, mais qui n’améliore pas directement la performance ».

Celui des rugbymen amateurs

Les quelques rugbymen amateurs que nous avons interrogé sur le sujet sont parfois surpris d’apprendre que le cannabis est considéré comme un produit dopant. Tout d’abord parce qu’au niveau amateur, les contrôles antidopage sont rares. « Personne n’est contrôlé en Bretagne, à part peut-être les joueurs du club de Vannes, qui jouent en Fédérale 1 » explique Thomas, demi d’ouverture au club de Lannion, entraîneur des juniors et de l’équipe universitaire. Les joueurs amateurs ne connaissent donc la réglementation que dans ses grandes lignes. Et ensuite pour certains d’entre eux, le cannabis fait plutôt partie de la troisième mi-temps. Ils sont tout de même d’accord sur le fait que le cannabis peut être utilisé comme anti-stress, ou anti-douleur.

36 % des cas de dopage

Le coeur du problème c’est que le cannabis représente une part très importante des contrôles positifs au dopage. Selon un tableau réalisé par l’AFLD, il s’agit de 35,9 % des contrôles positifs depuis 2010. On y voit clairement que les sports collectifs sont les plus concernés par ce fléau, avec bien sûr le rugby (52,7 % des cas), mais aussi le handball (77,3 %), le foot (66,7 %) et le hockey sur glace ( 80 % ).

Willy Moncoiffé

Etudiant en seconde année de journalisme à l'IUT de Lannion. Trésorier de Radio TTU, chroniqueur Cinéphagie et XV TTU. Passage au Télégramme. Bon breton, amateur de Cinéma, de rugby et de sports de combat.

Latest posts by Willy Moncoiffé (see all)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.