[ÉCLAIRAGE] Débat nourri à propos du cannabis

Les sports individuels particulièrement physiques comme le cyclisme, le triathlon ou l’athlétisme, très concernés par le dopage, présentent très peu de cas de cannabis (moins de 4% pour le cyclisme et le triathlon et 10,8 % pour l’athlétisme).

Les sports de contacts sont également beaucoup touchés par des cas de dopage au cannabis, tout comme les sports mécaniques (automobile et motocyclisme). Cela semble correspondre avec les arguments de l’AFLD et des rugbymen : le cannabis aide à se concentrer, atténue le stress et la douleur, mais n’améliore pas les performances physiques.

Des normes trop strictes ?

Si le cannabis est aussi présent parmi les substances détectées dans le sang des sportifs, c’est aussi parce qu’il est très facile à déceler. Un athlète peut ainsi être contrôlé positif même pour une consommation passive des fumées ; et ce plusieurs semaines après la consommation. Pour l’AFLD cependant, pas de négociations possibles : un sportif est responsable de ce que l’on trouve dans son organisme. C’est le principe de la « responsabilité objective ».

Depuis 2013, on peut voir que la part du cannabis dans les contrôles positifs a fortement chuté. Elle est passée de près de 40 % à 21 %. Cette diminution correspond au désir de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) de réduire la responsabilité du cannabis dans le dopage. En effet, John Fahey, le directeur général de l’AMA avait déclaré en mai dernier être décidé à revoir les normes sur le cannabis. Le but est d’éviter de sanctionner les athlètes qui en font un usage festif, et que les affaires de dopage au cannabis ne refassent plus la Une des journaux.

Le cannabis bientôt sorti de la liste ?

De nombreux observateurs ont néanmoins pensé à une prochaine sortie du cannabis de la liste des produits dopants. A l’instar de la caféine, les effets du cannabis sont controversés sur ses bénéfices dans la pratique sportive. Pour savoir si un produit est dopant, l’Agence Mondiale Antidopage, l’AMA, édicte trois critères : l’amélioration de la performance, le risque sanitaire et le non-respect de l’esprit du sport. Si deux des trois aspects sont remplis, la substance est considérée comme dopante. Or si le risque sanitaire est généralement prouvé, les deux autres le sont beaucoup moins. L’effet du cannabis peut être positif dans un cadre particulier, mais il est bien souvent négatif, entraînant troubles de la perception, ralentissement cognitif et bien d’autres effets indésirables. L’irrespect des valeurs sportives est aussi remis en cause. En effet, la consommation d’un joint peut largement rentrer dans un cadre sportif, notamment lors d’une « troisième mi-temps ».

Willy Moncoiffé

Willy Moncoiffé

Willy Moncoiffé

Etudiant en seconde année de journalisme à l'IUT de Lannion. Trésorier de Radio TTU, chroniqueur Cinéphagie et XV TTU. Passage au Télégramme. Bon breton, amateur de Cinéma, de rugby et de sports de combat.
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