[CAS PARTICULIER] Le tennis passe entre les mailles du filet

Son compatriote, Novak Djokovic (n°2 mondial), avait alors fortement critiqué le fonctionnement du TAS dans le journal Le Monde : « Pour moi, il s’agit d’une injustice totale. C’est totalement incroyable ! Je ne sais pas si demain, l’agent antidopage, en raison de son manque de professionnalisme, en raison de ses négligences, en raison de son incapacité à expliquer les règles d’une manière correcte, ne va pas égarer mon test ou quelque chose de pire encore. »

Le dopage n’est plus tabou

Le tennis, un sport où il n’y a donc aucun dopé ? Ou plutôt un sport où on ne met pas tout en œuvre pour les trouver. Selon un rapport de l’USADA (US Anti-Doping Agency), dévoilé en juin 2013, seuls 19 contrôles ont été effectués sur des tennismen professionnels entre le 1er janvier et le 31 mars 2013. C’est même moins que le curling (35 fois) ou la luge (25). Et très loin des têtes d’affiches que sont l’athlétisme (496) et le cyclisme (275).

Le dernier membre du Top 50 mondial à avoir été pris par la patrouille est le Slovaque Karol Beck, en 2005. Au sein même de l’International Tennis Federation (ITF) le programme de lutte anti-dopage est très critiqué. En témoignent les propos d’un spécialiste de l’ITF qui se confiait à Rue89 : « On est dans un monde de faux semblants où ça fait bien de dire qu’on a fait 250 contrôles. Mais de quelle manière ? On peut faire semblant de chercher tant qu’on veut. En allant contrôler des gens chez lesquels on aura rien ou en prévenant les athlètes. »

Le flou qui entoure la lutte contre le dopage dans le tennis et la quasi inexistence de cas de sportifs dopés portent à croire que le problème n’est pas en passe d’être réglé. Aujourd’hui, on peut sécher un contrôle et voir sa suspension diminuer (Troicki). On peut aussi être contrôlé positif à la cocaïne et plaider un baiser déplacé (Gasquet). Preuve s’il en faut que le tennis est encore loin d’être un modèle de transparence. Où les champions peuvent balayer d’un revers de main les soupçons qui pèsent sur eux. Et passer une nouvelle fois à travers les mailles du filet.

Rémy Quéméner
Rémy

Rémy

Etudiant en journalisme et trésorier de Report Ouest. Passionné de sport en général.

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