HALLELUJAH – La grâce éternelle de Jeff Buckley

« Trop beau, trop doué… » comme le décrit François Gorin dans Télérama. Jeff Buckley n’a sorti qu’un seul album, Grace, en 1994. Mort avant d’avoir pu en sortir un second, sa notoriété n’a fait qu’augmenter depuis. Comme si personne n’arrivait à le comprendre, et réécoutait Hallelujah pour tenter de saisir une partie du personnage…

 

Jeff Buckley est mort à 30 ans. Parti se baigner près de Memphis, en mai 1997, il se noie accidentellement. Son corps n’est retrouvé qu’une semaine plus tard. Voilà la mort étonnante de cette pépite musicale de la décennie 90 : Jeff Buckley, c’est une voix déchirante, un grand talent pour la composition et un caractère encore aujourd’hui mystérieux.

Tout, dans son histoire, pousse au mythe : un père célèbre, Tim Buckley, un seul album pour une carrière, une mort jeune, un charisme fou, et une trajectoire unique. Vite délaissé par son père, qu’il ne connaîtra que très peu, Jeff Buckley plonge très vite dans la musique. Sorti du lycée, il se passionne pour le jazz, la bossa nova et le reggae. Inscrit dans une université de musique, il joue en moyenne 17 heures par jour.

« Je veux faire un album qui fasse oublier Led Zeppelin II »

Sa carrière, c’est grâce à son père qu’il va réellement la débuter. Invité à une soirée hommage à Tim Buckley, à New-York, il y fait la rencontre de Gary Lucas. Les deux s’associent dans un groupe, Gods and Monsters, mais au moment de signer le contrat avec le label Imago, Jeff Buckley, seul est retenu. Sa voix surtout, son jeu ensuite, impressionnent et se détachent des autres.

C’est pendant l’année 1993 que Buckley et ses musiciens vont commencer l’enregistrement de Grace. Plus qu’un enregistrement, c’est un véritable travail sur la musique et la voix du jeune chanteur, qui vit uniquement pour ce projet. Il ne fera, chose exceptionnelle, qu’une seule prise pour le morceau So RealSa reprise de Leonard CohenHallelujah, devenue mondialement connue, est éblouissante.

S’en suit une tournée mondiale de presque 300 concerts. Épuisé, sans inspiration, Jeff Buckley perd le soutien de ses musiciens. Parti se reposer à Memphis, il arrive à composer et à les faire revenir. C’est pendant qu’ils traversent les États-Unis pour le rejoindre qu’il se noie dans la Memphis River.

Aurait-il fait mieux que Grace ? On ne le saura jamais. Mais les archives musicales de Buckley traduisent une profondeur et un talent décidément rares.  Jimmy Page, qui n’était pas le plus mauvais avec un manche de guitare dans les mains, dira de lui que « techniquement, c’était le meilleur chanteur à être apparu depuis probablement vingt ans. […] Plus j’écoute Grace, plus j’apprécie son talent absolu… Ce n’est pas loin d’être mon album préféré de la décennie ».

 

Simon Auffret

Étudiant en journalisme à l'IUT de Lannion.

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