CRITIQUE – Les Yeux Jaunes des Crocodiles, un film décevant

Les yeux jaunes des crocodiles s’inspire librement du roman de Katherine Pancol.

Adapté d’un des plus grands best-sellers contemporains français, les Yeux Jaunes des Crocodiles est sorti dans les salles le 9 avril après une longue attente des cinéphiles. Réalisé par Cécile Telerman, tout était mis en œuvre dans ce film pour satisfaire les fans, mais le résultat n’est pas vraiment au rendez-vous.

C’est l’histoire de deux sœurs, que tout oppose. Joséphine, historienne spécialiste du XIIème siècle, confrontée aux difficultés du quotidien, et Iris, menant une vie futile de parisienne aisée. Un soir, lors d’un dîner mondain, Iris se vante d’écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa sœur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d’écrire ce roman qu’Iris signera, lui laissant l’argent. Leurs vies vont alors définitivement changer.

Ce synopsis sort tout droit du livre de Katherine Pancol, paru en 2006. Cet opus est le premier d’une trilogie parue dans la foulée. Au final, des millions d’exemplaires vendus et des millions de lecteurs séduits. C’est donc tout naturellement que l’idée du film a surgi. Mais il aura mis du temps à voir le jour, huit ans après le livre. Une promotion bien assurée, des fans de la saga préparés, le succès est attendu.

 

Un casting prometteur

Au cœur du film, des acteurs plus connus les uns que les autres. On sent dès le départ que la réalisatrice a misé sur son casting. Pour tous les fans du livre, les noms des acteurs étaient très attendus. Le verdict est tombé : les deux sœurs sont interprétées par Julie Depardieu et Emmanuelle Béart, maîtresses du cinéma français. Deux actrices qui ont déjà tourné ensemble trois fois, qui se connaissent par cœur, il n’en fallait pas plus pour jouer la complicité à l’écran. Dans le rôle de Philippe, le mari d’Iris et « ami » de Joséphine, on retrouve un Patrick Bruel qui, au fil des films, se fait une place dans le monde du cinéma.

Autre grand acteur présent à l’écran, Jacques Weber, dans le rôle du beau-père un peu exclu de la famille. A savoir que ce rôle était initialement prévu pour Gérard Depardieu, marquant un rendez-vous père fille qui aurait pu alimenter l’engouement pour le film. Mais devenu russe, l’acteur n’aurait pas souhaité revenir jouer sur le sol français. Tant pis.

 

Résultat mitigé

Au final, on ne sait pas trop quoi en penser. Le film est la copie conforme du livre, au geste près, au mot près. Les lecteurs ne peuvent pas s’attendre à des surprises. Des rôles sur mesure, on a pitié d’une Joséphine qui se laisse marcher dessus, on envie Iris et sa vie parfaite. Et au fil du film, les sentiments se croisent, on est fier de la première et la seconde devient pathétique. Aucune phrase n’est différente du livre, la réalisatrice n’a pas choisi la prise de risque. Pour écrire le scénario, elle est accompagnée de Charlotte de Champfleury, étudiante en école de cinéma et fille de l’auteure, Katherine Pancol. On ne pouvait trouver mieux pour rester fidèle au roman.

Le livre fait 650 pages. C’est long, les personnages prennent le temps, laissant le lecteur comprendre leurs choix. Dans le film, tous les éléments y sont mais c’est compliqué de tout adapter, alors on condense. Tout va vite, un spectateur qui n’a pas lu le livre peut difficilement tenir la cadence.

Le charme du roman est symbolisé entre autres par les histoires de famille qui se mêlent, se rencontrent, se séparent. A l’écran, les histoires se croisent mais maladroitement, laissant le spectateur sur le côté. L’histoire parallèle du beau-père est présente mais bâclée, laissant plus de place aux deux sœurs.

Un roman retranscrit en film qui satisfera les fans du livre qui verront leurs scènes préférées à l’écran, mais il décevra ceux qui s’attendent à un nouveau dynamisme, huit ans après la parution de l’œuvre.

Les droits pour les deux seconds opus ont déjà été achetés. La famille créée par Katherine Pancol reviendra, on n’a plus qu’à espérer des surprises.

 

Julie Chapeau

Etudiante en journalisme à l'IUT de Lannion, passionnée de voyages et de cinéma.

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