LIVRE OUVERT – Cap sur Gwalarn

Bruno d’Halluin a expliqué devant ses lecteurs, à la librairie Gwalarn, la façon dont il a effectué ses recherches.

Passionné de géographie et de navigation, Bruno d’Halluin, informaticien de métier, s’exerce à l’activité d’écrivain. Après un récit de voyage, «La Volta», il publiera deux romans autour des grandes découvertes. Jeudi 17 avril, il est venu, à la librairie Gwalarn à Lannion, dédicacer «L’égaré de Lisbonne», son roman sorti en février dernier. A l’abordage !

Report Ouest : Pourquoi avez-vous commencé à écrire ?

Bruno d’Halluin : L’écriture est venue du voyage. Avec un copain, on faisait de la voile depuis 20 ans, et, en 1997, on est parti 14 mois pour rejoindre le Cap Horn.

J’aimais beaucoup les récits de Bernard Moutessier qui, en 1968, avait fait une course au tour du monde. Je me suis dit : « pourquoi pas écrire sur le voyage, comme les bouquins que je lisais ! ». J’ai écrit un chapitre, que j’ai fait lire à des connaissances, puis à des inconnus. Ça leur a plu, alors, j’ai continué ! J’ai mis un an pour trouver un éditeur, et un an pour que le livre soit publié. Il s’intitule «La Volta».

R.O. : Vous considérez-vous plutôt comme auteur ou écrivain ?

B. H.  : Quand on me dit que je suis écrivain, je ne dis pas non. Mais c’est surtout parce que j’ai écrit plusieurs livres, juste après «La Volta», que je me disais auteur. Mais ce n’est pas mon métier. Je suis informaticien.  Pour que je puisse écrire, mon chef me donne des congés sabbatiques. Je n’écris pas pendant les périodes où j’exerce mon métier.

R.O. : Vous arrive t-il encore d’explorer un de vos livres ou n’ont-ils déjà plus de secrets pour vous ?

B. H.  : En 2005, je suis parti avec ma femme pour cinq mois. Il n’y avait pas matière à faire un récit de voyage, alors, je me suis dit que je pouvais peut-être écrire un roman qui serait en lien avec ce périple. On a visité des lieux que je voulais mettre dans le roman.

Le roman et le voyage se sont nourris l’un l’autre. La bibliothèque de Reykjavik, capitale de l’Islande, m’a servi afin de me renseigner sur l’Histoire de ce pays au XVIème siècle. J’ai photocopié les pages de livres en islandais, malgré le fait que je ne parlais pas un mot de cette langue ! J’essayais de repérer les personnes et les lieux. Une fois rentré, j’avais deux choix : apprendre l’islandais ou payer un traducteur. Le premier étant fastidieux et un traducteur s’avérant cher, j’ai cherché des bilingues qui m’ont tout traduit au dictaphone. J’ai ensuite retapé les enregistrements. J’ai fait ce travail car je ne voulais pas de contradiction avec l’Histoire.

R.O. :  Pouvez-vous résumer votre nouveau livre,  «L’égaré de Lisbonne», en quelques mots ?

B. H.  : Le livre se déroule en trois parties. Tout d’abord, le voyage de Cabral en bateau, où le héros verra apparaître beaucoup de problèmes sur son embarcation. Ensuite, nous entrons réellement dans le livre avec l’histoire de la carte de Cantino, au centre de l’intrigue.  Le troisième temps, c’est le retour à Lisbonne, où le héros rencontrera à nouveau des problèmes. Entre terre et mer, le héros cherche où il pense être le mieux.

R.O. : Pourquoi avoir choisi Lisbonne comme ville principale ?

B. H. : C’est une ville que j’aime beaucoup. Et ce sont les Portugais qui ont fait les plus grandes découvertes : ils ont inventé la navigation et les caravelles. Avoir Lisbonne comme ville principale, c’est un hommage à ce pays et à ses découvertes.

R.O. : Dans ce livre, et dans «Jón l’Islandais», nous sommes à l’époque des grandes découvertes. Le rapport à l’Histoire est donc très important pour vous. Auriez-vous aimé vivre ces moments de découvertes ?

B. H.  : C’était affreux, mais ils n’avaient pas la même relation à la mortalité. Certains partaient de leur plein gré, en partie parce que c’était bien payé. Peut-être que je serai parti aussi, les autres se retrouvaient sur le bateau déjà en mer, avec la gueule de bois, après une soirée trop arrosée.

Hugo Blin

Etudiant en journalisme à l'IUT de Lannion, et écrivain durant mon temps libre.

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