VAMOS – Ligue des champions : un derby madrilène en finale !

Auteur d’un doublé, Sergio Ramos aura été, avec Cristiano Ronaldo, l’homme de cette demi-finale retour à Munich.

Les demi-finales de la Ligue des Champions version 2013-2014 ont eu lieu cette semaine. Entre un Real Madrid qui a surclassé le Bayern Munich, champion d’Europe en titre, et un Atlético Madrid qui a éliminé le « boring Chelsea » de Mourinho, la planète foot a vibré avec deux grands matchs européens d’une intensité peu commune.

Tout commence mardi soir. L’Allianz Arena de Munich est, comme à son habitude, pleine à craquer. Le monde entier a les yeux rivés sur ce match, qui aurait dû pour beaucoup être la finale de cette édition 2014. Guardiola et Ancelotti ont revêtu leur plus beau costume. A ce niveau là, ce genre de match se joue aussi bien sur le terrain que sur le banc. Ça sentait le match de l’année, il y avait tout pour que ça le soit. Après la victoire du Real 1-0 chez lui au match aller, la situation est simple : si Madrid marque, le Bayern devra en mettre trois ! Pour attaquer, renverser le Real, Guardiola aligne un 4-2-3-1 très offensif, sans surprise. Ancelotti aligne également l’équipe attendue. Place au scénario attaque/défense… Place au rythme fou qu’assurément le Bayern va vouloir mettre d’entrée. Mais très vite, on constate que le début de rencontre n’est pas conforme aux attentes. Le Bayern n’arrive pas à avancer. Le Real est là, ne recule pas, joue. Marquer en contre ? C’était l’idée, mais c’est sur corner que ça passe. En 3 minutes, Munich s’écroule. Deux buts de la tête de Sergio Ramos. Deux buts qui tuent déjà le match.

CR7 bat le record du nombre de buts inscrits en Ligue des Champions sur une saison

Le Real est calme. Ancelotti l’a expliqué, à ce niveau, savoir rester lucide et vaincre la peur, c’est la clé du succès ! Le «passing game» du Bayern n’existe pas. Autant la semaine dernière, il avait dominé et attaqué, autant là, il n’arrive à rien. Un 3ème but de CR7 , après une magnifique contre-attaque emmenée par Di Maria, Benzema et Bale, enterre un peu plus le moral des Munichois et envoie définitivement les Madrilènes en finale. 3-0 pour le Real, c’était assez impensable. Ce match de l’année bouclé en aussi peu de temps, incroyable. En fin de match, CR7 inscrira un dernier coup franc et profitera de l’occasion pour étendre un peu plus son record. Avec 17 buts au compteur, Cristiano Ronaldo est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la C1 sur une saison, record détenu jusqu’alors par un certain Lionel Messi… Pour sa première saison sur le banc du Real, Ancelotti aura réussi à hisser Madrid jusqu’à son rêve de Decima, la tant attendue dixième Ligue des Champions de l’histoire du club. Sans compter la Coupe du Roi remportée face au Barça et une Liga qui reste encore accessible, c’est une saison brillante pour le technicien italien. Et dire qu’en France, certains ont traité ce coach comme un moins que rien… De l’autre côté, après avoir tant gagné, Guardiola va devoir repenser son football. Lui, le dogmatique, va-t-il évoluer ? Quoi qu’il en soit, il restera un immense coach. Peu auront marqué le jeu comme lui… Et à l’image d’Ancelotti, c’est aussi sa première saison sur le banc du Bayern.

Chelsea – Atlético Madrid : on attendait beaucoup Mourinho, on aura surtout vu Diego Simeone

Diego Simeone félicite son buteur Diego Costa. Deux grands artisans de la qualification madrilène en finale.

Qui pour affronter le Real Madrid en finale ? C’est évidemment l’enjeu de cette demi-finale retour entre Blues et Colchoneros. Avec deux équipes aux envies plus défensives, on s’attendait forcément à un match plus fermé que celui de la veille, mais à ce niveau de la compétition et dans un Stamford Bridge surchauffé, qui sait… Une première confirmation tombe d’entrée : Mourinho est en pleine obsession défensive. A domicile et après avoir ramené un score nul du match aller, il propose une composition de départ avec seulement trois joueurs offensifs. C’est à contre-courant de tout ce qui se fait depuis des années. Même avec l’Inter en 2010, jamais il n’avait proposé de tactique aussi fermée. Et même si toutes les tactiques sont respectables, car le football ne doit, et c’est important, jamais être uniforme, on a quand même le droit de ne pas aimer. Le match est avant tout une lutte physique, mentale, des espaces réduits, du marquage serré… Dans ces conditions, difficile de voir du jeu : on balance, on tente de percer individuellement. L’Atlético essaye, mais le mur bleu est dense. Le non-match voulu par Chelsea est là. Plus le temps passe et mieux ça va pour Chelsea. Les joueurs de l’Atlético montrent des signes d’agacement,  les Blues dégagent, eux, beaucoup de tranquillité. Ça marche tellement bien qu’ils vont même marquer ! Ils n’ont rien fait, rien proposé, mais avec un ballon, ça passe.

La force mentale des hommes de Diego Simeone surclasse Mourinho et ses joueurs

Mais même mené 1-0, l’Atlético ne bronche pas. Alors qu’on les pensait mentalement atteints, les Colchoneros parviennent à égaliser juste avant la pause, suite à une belle séquence de jeu. Mourinho est alors éliminé. C’est à lui de bouger. Il a 45 minutes pour aller chercher une qualification, mais il attend. Il fait entrer Eto’o, qui quelques minutes plus tard, provoque un pénalty sur Diego Costa… Mais ce dernier n’arrive pas à placer le ballon et s’énerve. Ce pénalty devient presque un psychodrame ! Mais Costa a les nerfs solides, et le transforme en force. 1-2 pour l’Atlético. Chelsea doit alors marquer deux fois pour se qualifier. Chelsea s’installe très haut et fait passer un sale moment à l’Atlético, notamment sur phases arrêtées. Mais ça ne dure pas, cette équipe de Chelsea donne l’impression de ne rien savoir faire du ballon. Puis après une belle phase, une belle séquence de possession, de passes réussies, les Colchoneros mettent le 3ème but signé Arda Turan, c’est bouclé. Les Blues de Chelsea n’iront pas en finale. C’est finalement le jeu qui est récompensé et c’est tant mieux.  Au fond, il n’y a pas de cadors dans cette équipe de Madrid. Moins qu’au PSG, mais c’est une belle équipe dirigée par un super coach. Mourinho reste assurément un grand entraîneur. Mais à force de se caricaturer, de vouloir être seul contre tous, de vouloir avoir raison même quand il se trompe, il se fourvoie. Le foot avec la tête, le mental, c’est très bien, mais il faut aussi savoir quoi faire du ballon. Eto’o, Oscar, Schürrle, Hazard, Torres, Willian, il dispose de plusieurs joueurs offensifs de qualité. Il est à la tête d’un grand club riche, mais force est de constater que son approche du jeu n’est pas toujours à la hauteur.

Nous aurons ainsi droit à un derby madrilène en finale, le 24 mai à Lisbonne, avec un face-à-face entre deux belles équipes, de très grands joueurs et deux très grands coaches. La Decima n’a jamais été aussi proche pour les supporters du Real, mais la perdre face à leur ennemi de toujours pourrait aussi être d’une grande cruauté, surtout si l’Atlético venait à remporter la Liga. On a déjà hâte d’y être !

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