FOUGUE ANIMALE – Fauve : «Un truc virulent, qui te fait poser des questions»

Les membres de Fauve refusent d'être pris en photo. Le groupe est représenté par un logo qui figure sur la pochette de leur premier album, «Vieux frères»

Les membres de Fauve refusent d’être pris en photo. Le groupe est représenté par un logo qui figure sur la pochette de leur premier album, «Vieux frères»

À l’occasion des Vieilles Charrues, Report Ouest a rencontré le groupe Fauve. Une bande qui se définit avant tout comme un collectif.

 

Quelques heures avant leur concert sur la scène de Kerouac, Report Ouest est allé à la rencontre de Fauve. Le groupe qui explose depuis 2013 intrigue autant qu’il fascine. Très clivant : on adore ou on déteste. Si ses membres ont le souhait d’être proches de leur public, leur attitude est paradoxale et presque inédite. Ils souhaitent préserver au maximum leur anonymat, mettre en avant un collectif et non des identités.

 

« Nous c’est Fauve. »

«Nous c’est Fauve.» Les présentations sont faites. Le collectif compte 18 membres dont cinq sur scène. Cela représente «pas mal de copains où tout le monde a une responsabilité. C’est une sorte de grosse colonie de vacances.» Un groupe de «vieux amis» qui mélange une certaine mélancolie pointée d’optimisme et de rage de vivre. Leur projet est autobiographique. «C’est quelque chose qui est voulu. Nous avons une démarche égoïste mais une oeuvre humaniste. Ça nous permet d’aller mieux.»

 

Oublié le cliché «Sexe Drogue et Rock’n Roll»

Très humble, Fauve cherche à défaire certains mythes, comme dans le titre Infirmière.

Casser l’image du séducteur qui profite de sa notoriété, du rebelle à la Pete Doherty. Hormis se faire plaisir sur scène, les membres de Fauve se seront contentés d’avoir découvert une boisson. «On a découvert le Redbull sur cette tournée.»

« “Alors ça va l’artiste ?”

Il me dit : « Les amours, tout ça ?

D’ailleurs aux concerts tu dois bien te faire plaisir, mon salaud ! »

Le genre de choses qui met tout de suite super à l’aise, qui te rapproche encore un peu plus de l’eunuque dans son harem.

Je lui réponds que ça, c’est soit un mythe complet, soit c’est moi et mes petits camarades qui sommes des manches.

Évidemment, il se met à me charrier,

Me dit que c’est pas possible,

Que j’ai un problème, que j’suis pédé.»

Extrait du titre «Infirmière»

Lorsqu’on les interroge sur leur public, il est facile de les titiller. Fauve revendique un public très diversifié. Non ils ne sont pas suivis uniquement par des adolescents. Trentenaires et quadragénaires apprécient et se reconnaissent aussi dans leurs textes. Bien qu’ils concèdent que les plus jeunes revendiquent le plus leur appartenance au mouvement, à leur «périmètre» comme ils aiment l’appeler. Cela intègre tous ceux qui participent et font vivre le collectif.

 

« C’est plus excitant d’aller chercher des choses nouvelles. »

Le collectif ne compte pas s’engager dans une carrière. «Fauve a une fin.» Que son périmètre se rassure, pour l’instant Fauve ne semble pas encore prêt à lâcher le morceau. «C’est un projet très jeune, nous avons encore beaucoup de chose à explorer musicalement. Est-ce qu’on peut chanter un peu plus ou parler différemment ?» Le groupe assume son caractère «auto-centré». Écriture, sons, mises en images, clips et vidéos.. tout est contrôlé de A à Z par les membres du groupe, qui n’envisagent pas de collaborer avec d’autres artistes, du moins pas avec le projet Fauve.

C’est d’ailleurs «dans l’ADN de Fauve de préserver son identité».

 

Sur scène aux Vieilles Charrues !

Leur principal objectif ce soir là ? Comme à chaque concert : proposer «un truc virulent, qui te fait poser des questions». Mettre en avant «une rage plutôt qu’une colère».

Le jeudi 17 juillet, à partir de 22 h 25 on a pu apercevoir «cinq mecs qui sautent partout». Alors séduit ?

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