RAP – Soprano se balade en Cosmopolitanie

Soprano sera en tournée dans toute la France, à partir de novembre, pour défendre son nouvel album.

Soprano est de retour dans les bacs avec son quatrième album solo, Cosmopolitanie, disponible depuis le 13 octobre. Abouti et efficace, cet opus dépasse les frontières du rap.

Attachez vos ceintures, Soprano nous fait décoller en Cosmopolitanie ! Le nouvel album du rappeur marseillais, sorti le 13 octobre, offre un véritable voyage musical loin des stéréotypes et de la tendance du rap français actuel. Tel un ovni, les 15 titres du Comorien transportent l’auditeur dans un univers varié, à la fois joyeux et sombre, festif et mélancolique.

Comme Sopra le dit lui-même dans Cosmo, « Ce soir c’est rap, c’est funk, R&B ou bien électro / variété, reggae, rock’n roll coupé décalé zouk et dancehall ». Le ton est donné. Le MC ne souhaite pas se cantonner au rap pur et dur mais se place comme un artiste urbain complet. Cette diversité se poursuit tout au long de l’album, où des morceaux d’ambiance (Fresh Prince feat. Uncle Phil, Danse ce soir/Midnightlude) côtoient des titres plus calmes et réfléchis (Hello). Certaines chansons sont imprégnées de cette double atmosphère, entre la détresse et l’obligation de faire bonne figure, de garder la tête haute sans broncher. Clown fait partie de ces titres : « J’ai perdu mon chemin, avez-vous vu ma détresse ? / j’ai l’impression d’être un chien qui essaie de ronger sa laisse / mais ce soir la salle est pleine, vous voulez que ça bouge / donc je nettoie ma peine, et remet mon nez rouge ». Par ailleurs, l’instrumentale et le concept du morceau rappellent l’univers du belge Stromae.

Arrivé à maturité

Si Cosmopolitanie parait si accompli, c’est parce que Soprano roule sa bosse depuis plus de dix ans. Quatre albums avec son groupe*, les Psy4 de la rime, trois albums solo** et bien d’autres projets (album commun avec REDK, mixtapes, etc.), le Marseillais n’a pas chômé et n’a plus rien à prouver. Tout au long de sa carrière, « Sopra M’baba » a pris des risques musicalement, notamment pour casser les clichés du rap. Des morceaux tels Chérie Coco, avec Magic System, ou la reprise de Quand la musique est bonne, en duo avec Amel Bent pour Génération Goldman, prouvent que Soprano est un artiste aux multiples facettes.

A côté du rap, Saïd M’Roubaba est le père de trois enfants : Inaya, 7 ans, Lenny, 5 ans et Luna, 2 ans. Il rend hommage à la petite dernière dans le morceau Luna, comme il l’avait fait auparavant avec les titres Inaya et Accroche-toi à mes ailes, sortis respectivement en 2007 et 2010. Les galères de la vie de couple sont également évoquées dans M. et Mme Smith, avec la chanteuse Kayna Samet dans le rôle de la compagne, et dans Ti Amo, où il est cette fois question d’adultère.

« A la recherche de la justice »

Depuis ses débuts, Soprano a toujours critiqué différentes failles de la société. Comme il l’explique en interview, « on peut dénoncer sans prendre parti ». Dans son dernier opus, il s’adresse directement à la Justice, entre déception et constat inquiétant : « Et puis ton absence nous porte préjudice, portée disparue à la recherche de la justice / C’est fou ce que la vie enseigne inégalité entre la petite délinquance et puis les grands députés, on n’est pas tous logé à la même enseigne mais sur le même pied d’égalité amputé ». Autre thème récurrent dans la vie marseillaise : les règlements de comptes. Dans Kalash & roses, le rappeur se glisse dans la peau des parents qui ont perdu leurs enfants lors de représailles meurtrières.

Loin des standards actuels, Cosmopolitanie propose un éventail musical très riche. Il y en a pour tous les goûts et tout le monde devrait apprécier le voyage, au moins en partie. Toujours aussi bon rappeur, plus mûr et une nouvelle fois engagé, Soprano se place parmi les artistes urbains les plus complets. Et si c’était lui, le candidat du rassemblement ?

 

*Block Party (2002), Enfants de la Lune (2005), Les Cités d’or (2008) et 4e dimension (2013).
**Puisqu’il faut vivre (2007), La Colombe (2010) et Le Corbeau (2011).

Ismaël Diakite

Etudiant en journalisme à Lannion passionné par le sport, les médias & autres... Suivez-moi sur Twitter ou consultez mon CV en ligne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.