GENIE – Mommy, le dernier bijou de Xavier Dolan

Antoine-Olivier Pilon joue le rôle de Steve dans Mommy et nous bouleverse aussi bien par un sourire que dans ses éclats de voix.

Depuis sa sortie sur les écrans le 8 octobre, le dernier film du jeune réalisateur de 25 ans fait beaucoup parler de lui. Prix du jury à Cannes quelques mois auparavant, le long métrage de Xavier Dolan était très attendu par le public. Finalement, le résultat est-il à la hauteur des espérances ?

Depuis quelques années, Xavier Dolan est devenu l’élève modèle du cinéma, celui à qui tout réussit. A seulement 25 ans, il est salué par la critique et enchaîne les récompenses. Avec Mommy, le jeune réalisateur se jette dans le vide en constituant un univers bien à lui.

Simple et innovant

Dans un Canada fictif, Diane, une jeune femme veuve et totalement fauchée, retrouve la garde de son fils : Steve. Impulsif et violent, cet ado est incapable d’exprimer son amour pour sa mère de la bonne manière ; quand il est en colère, mieux vaut éviter d’être dans les parages.

Nous, spectateurs, nous retrouvons immergés au cœur du quotidien turbulent et inhabituel de cette petite famille, à laquelle viendra se rajouter Kyla, la voisine d’en face. Un synopsis d’apparence simple sous lequel se cache une véritable bombe remplie de sentiments en tout genre qui menace d’exploser au premier mot un peu trop déplacé.

Le personnage de Steve le résume bien. Séduits par le charme et la sincérité d’un adolescent dont la société ne veut plus, son visage d’ange ferait bien vite oublier ses problèmes comportementaux. C’est peut-être d’ailleurs pour cette raison que tout finit par exploser. Dolan se fait messager d’une jeunesse qui ne peut plus être libre sans avoir la crainte d’être critiquée. Peut-être que Le Monde ne reverra pas ses habitudes de jugement, mais on prend malgré tout une jolie claque.

Ce qui surprend aussi, au-delà des personnages, c’est le format qu’a choisi le réalisateur. On croirait à un bug de l’écran et pourtant, il n’en est rien ; le 1.1, carré aux dimensions parfaites, met les personnages au centre de toute préoccupation. Si c’est d’abord la frustration qui l’emporte ainsi que la peur de manquer des éléments importants du paysage, on se laisse vite séduire par le caractère innovant de ce format qui vient bouleverser chacune de nos habitudes cinématographiques. Un petit plus qui vient nous conforter dans l’idée que Mommy n’est pas un film comme les autres.

Un spectateur captif et captivé

Le meilleur dans tout ça, c’est que le film dure 2h18. 2h18 de pur bonheur, 2h18 pendant lesquelles on ne décroche pas, 2h18 pendant lesquelles les émotions sont mises à rude épreuve. Et si encore ça s’arrêtait là…

Mais le film continue à nous transporter même après. Une fois sortis de l’obscurité de la salle de cinéma pour retrouver la lumière, nous sommes encore submergés. Mommy n’est pas le genre de long métrage léger après lequel il est facile de replonger dans la réalité. C’est le genre de film qui, justement, nous propulse dans un autre Monde pendant 2h18 de telle sorte qu’en sortant de la salle, on ne reconnaît plus rien. C’est le genre de film qui ne lâche personne lorsque retentit le générique de fin. On continue à y réfléchir des heures, et peut-être même des jours après. C’est probablement ce qui permet aujourd’hui à Mommy de s’assurer une place dans l’histoire du cinéma et d’offrir à Xavier Dolan la possibilité de devenir ce que certains osent déjà nommer un génie.

Cloé Magister

J'apprends plein de trucs sur le journalisme à l'IUT de Lannion et je parle parfois dans ta Radio TTU. Inconditionnelle amoureuse de la photo qui rêve un peu trop souvent de voyages. Et même que j'ai un compte twitter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.