ADAPTATION – Métamorphoses, de Christophe Honoré

Jupiter, interprété par Sébastien Hirel, séduit la jeune Europe (Amira Akili) à la sortie d’un lycée.

Jupiter, Daphné, Narcisse, Tirésias, … l’œuvre d’Ovide raconte en un long poème épique la création du monde et son évolution jusqu’à l’empereur Auguste. Christophe Honoré retrace ces mythes au cinéma, à la sauce moderne.

 

Les métamorphoses d’Ovide sous les feux des projecteurs ? Un défi de taille, que Christophe Honoré n’hésite pas à relever. Dans son long-métrage d’1 h 40, le réalisateur français montre avec Métamorphoses que la mythologie grecque s’adapte complètement à la société actuelle

Dieux ou simples mortels ?

A la sortie du lycée, une adolescente nommée Europe croise un beau garçon. Il se fait appeler Jupiter. Ce jeune charmeur l’amène dans une forêt, à l’abri de sa femme Junon. Il séduit la lycéenne en lui racontant des histoires extraordinaires, dans lesquelles des nymphes transforment les hommes en cerfs et des dieux métamorphosent leurs ennemis en animaux. Embarquée dans ce voyage merveilleux, Europe décide de suivre Jupiter. Par la suite, elle rencontrera Bacchus, puis Orphée. A chaque nouvelle rencontre s’ensuit une série de légendes, de magie, de métamorphoses.

Dieu ou humain, la frontière de la réalité s’avère difficile à cerner. En suivant l’aventure d’Europe, nous parcourons le récit d’Ovide, chapitre après chapitre, métamorphose après métamorphose. Le mythe de Daphné ouvre le bal, puis nous partons a la rencontre du devin aveugle Tirésias, de Io, transformée en génisse par Junon, de Narcisse qui se change en fleur, d’Hermaphrodite, des redoutables Bacchantes, … Le tout sans qu’aucun effet spécial ne vienne casser la magie des rencontres.

Lent-métrage

Christophe Honoré promène sa caméra à la lisière de la ville. Dans des forêts, au bord d’un lac, sur un rocher, … De même que la prose d’Ovide utilise les codes bien particuliers de l’hexamètre dactylique, Le réalisateur de films d’auteurs (Les biens aimés, Non ma fille, tu n’iras pas danser) n’hésite pas à allonger ses plans, à prendre le temps de filmer chaque partie d’un corps. Longues séquences, tirades solennelles, mouvements lents, Métamorphoses est un film qui prend son temps et dans lequel l’esthétisme prime : les couleurs vives présentes dans chaque plan rappellent la majesté et l’immortalité des dieux.

 

Trop lent ? Possible… Les acteurs, débutants, représentent des citoyens lambda ; des gens de tous les jours. Ils récitent leur texte avec des intonations hésitantes. Peut-être un peu trop. Les acteurs tâtonnent, au risque de faire décrocher le spectateur. Junon rend le médecin Tirésias aveugle pour avoir affirmé que l’orgasme féminin est plus intense que le masculin. Sa fureur est sans limite, irréelle, mais le rendu à l’écran risque de décevoir certains spectateurs. Métamorphoses signe un projet alléchant, mais le film embarque ou n’emballe pas.

Remettre au goût du jour les histoires émouvantes des héros ovidiens a le mérite de sortir de l’ordinaire. Les amateurs du cinéma d’arts et d’essai y trouveront sûrement du plaisir, mais soyez prévenu : c’est le genre de séance dans laquelle « on rentre ou on s’endort » …

 

Bande-annonce:

Amélie Tagu

étudiante en journalisme à l'IUT de Lannion Je m'intéresse à la culture (cinéma, théâtre, littérature), mais également aux sujets locaux. Vous pouvez me suivre sur Twitter

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