SURPRISE – Rennes se dévergonde gentiment avec les désobéissants

5 novembre : une invitation bien étrange tourne sur Facebook, intitulée «  la nuit de la désobéissance civile à Rennes ». On est allé voir à quoi cela ressemblait.

 

On part de rien, ou presque. Une vidéo faite par les Anonymous, qui ne sont en fait pas les organisateurs ; un petit texte d’invitation, qui se veut accueillant : jeune, vieux, fou, résistant, gentil, comédien, timide, malheureux, artiste, poète. Cette « nuit de la désobéissance » semble un concept bien vague. Pourtant, elle est réglée comme une horloge.

Et d’un coup, la foule…

22 heures, la place du parlement de Rennes est toujours vide. Réelle information ou intox ? Après un quart d’heure d’attente, l’esplanade commence à se remplir des quatre coins. Sans surprise, ce sont plutôt des jeunes. Malgré le froid omniprésent, ils n’ont qu’une seule motivation : repeindre les rues de la ville. Avec des tags ? Non des craies, des affiches et même des nez rouges.

«  On refuse d’être dans le conflit, on cherche l’éphémère. Et puis cela peut prendre plus d’importance que tout ce qui est permanent. Un message qui ne reste pas est un message qui demande toute notre concentration pendant un moment».

Première pensée, un rêve bien utopique. Mais malgré tout, cela reste assez « fun », avec un vague mélange de bonne humeur. On s’attend toutefois à ce que « les flics » débarquent d’un moment à l’autre.

Le plan d’attaque : la dispersion et l’attribution des places centrales de Rennes. En très peu de temps, le centre ville de Rennes est devenu une grande cour de récréation. La police a été prévenu très tôt de cette manifestation. En conclusion, elle n’a rien raté en rôdant dans les rues toute la soirée. Après quelques petites réprimandes et des dessins effacés, tout se passe dans le calme.

Deux heures de coloriages, de rires et d’actes libérés

Ainsi, les Rennais ont pu apercevoir au petit matin des message de soutien, des citations de Gandhi, des dessins en tout genre, sur les murs, les trottoirs. Le but de tout ça ? Une joyeuse troupe, qui voulait faire sourire dès le matin et, aussi, faire réfléchir.

« Si on fait ça, c’est surtout pour reprendre le contrôle de la ville, et pour crier bien fort : « Cette ville est à nous autant qu’aux politiciens ou urbanistes », explique une jeune fille.

Ces soirée, sans violences mais artistiques, se reproduisent souvent un peu partout en France. Elles n’ont pas vraiment d’organisateurs, mais comptent plutôt sur un effet de groupe. Si le nombre de manifestations n’est pas officiellement connu en France, le mouvement semble en perpétuelle augmentation.

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