ESPOIR – Quand Charlie renaît de ses cendres…

Le dessinateur Luz présente le numéro du 14 janvier, où l’on peut voir le prophète Mahomet porter une pancarte « Je suis Charlie », la larme à l’œil.

Une semaine après les dramatiques attentats qui ont bousculé le monde entier, Charlie Hebdo est à nouveau dans les kiosques depuis mercredi matin. En quelques heures à peine, les points de vente ont été dévalisés. Un stock record de 700 000 exemplaires qui s’évapore, laissant derrière lui un message de solidarité provenant de la France entière.

 

Une ville encore ensommeillée et silencieuse, quelques lumières pour faire oublier l’obscurité. Un peu plus loin se dessine déjà une longue file d’attente devant une boutique. Il est 7h45. Quinze minutes plus tard, la porte s’ouvre. Les premiers arrivés sourient. Les retardataires fixent d’un œil anxieux l’intérieur du magasin, pleins d’espoir. Tous ceux qui sont ici savent qu’ils viennent pour la même chose. En ce mercredi 14 janvier, ces personnes se sont levées tôt pour acheter le nouveau numéro du Charlie Hebdo. Une effervescence qui redonne le sourire aux vendeurs.

« Depuis les attentats, les gens se remettent à acheter du papier »

Ce matin-là, à peine quelques minutes après l’ouverture, la boutique bouillonne. Colette et son mari, les gérants, se sont levés à une heure bien matinale. Ils ont déjà préparé les numéros du journal satyrique qu’ils ont reçu. Commence alors une vente en chaîne entre les deux commerçants qui répètent les mêmes gestes pour chaque client venu chercher son exemplaire de Charlie Hebdo. Ils savent que la journée va être compliquée, mais ils gardent le sourire.

Dehors, les gens discutent entre eux. Certains ne se connaissent même pas. Des dialogues s’entament dans la file d’attente qui s’agrandit. On peut entendre : « Je lisais Hara-Kiri, mais je n’ai pas suivi l’ascension de Charlie Hebdo. Aujourd’hui, j’ai l’occasion de renouer avec le journal. » Colette, qui tient la boutique de Perros-Guirec, se réjouit. « Depuis les attentats, les gens se remettent à acheter du papier et reviennent dans les boutiques. Choses qu’ils ne faisaient plus. »

Pour Mireille, une cliente qui a l’habitude de lire les journaux imprimés, il n’y a pas de doute. « Je continuerai à acheter les autres journaux dans les boutiques », déclare-t-elle avant d’ajouter : « Je pense que je vais m’abonner à Charlie Hebdo. » Que ce soit par curiosité ou par solidarité, les gens se tournent à nouveau vers la presse écrite. Il faudra attendre que l’euphorie des événements retombe avant de voir si cette tendance se poursuit…

Être ou ne pas être Charlie

Lorsque l’on rentre dans la boutique de Colette et de son mari, il est impossible de passer à côté du désormais célèbre slogan « Je suis Charlie ». Placardé sur la porte d’entrée, le couple s’interroge néanmoins : « Nous ne sommes à l’abri de rien », déclarent-ils en choeur. Colette confie qu’elle a reçu un mail il y a quelques jours. Dans ce mail, on la prévenait que la façade d’une boutique avait été prise pour cible à cause de son soutien revendiqué à Charlie Hebdo.

Cependant, pas question pour les gérants de passer outre leurs convictions par sécurité. Ils assurent qu’« on ne va pas montrer qu’on a peur. On restera solidaire. » Leur soutien apporté à la cause n’est que l’illustration d’un courant de fraternité et d’unité qui a soufflé sur toute la France ces derniers jours. Porteur d’un véritable message d’espoir.

Cloé Magister

J'apprends plein de trucs sur le journalisme à l'IUT de Lannion et je parle parfois dans ta Radio TTU. Inconditionnelle amoureuse de la photo qui rêve un peu trop souvent de voyages. Et même que j'ai un compte twitter.

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